mercredi 15 avril 2015

L'Esprit des montagnes (3)

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Photo : Eugène. Cliquer sur l'image pour l'agrandir

J'ai vu des asphodèles pour la première fois dans le massif de l'Estérel. La plante (asphodelus albus) était alors parée pour moi d'un prestige qu'elle devait à sa place dans la mythologie grecque (la prairie d'asphodèles aux Enfers) et à un vers de Victor Hugo dans Booz endormi :

" Un frais parfum sortait des touffes d'asphodèles. ". 

C'est,dans Booz endormi, un des deux vers (au moins) qui dévoilent le côté escroc de Totor, l'autre étant le fameux  " Tout reposait dans Ur et dans Jérimadeth " , la fameuse localité de Jérimadeth n'ayant jamais existé que dans ce vers, pour les besoins de la rime, et au prix d'un affreux jeu de mots; le plus étonnant est que cela sonne plus vrai que nature.

Dans le cas des asphodèles, Hugo repassera pour le frais parfum. J'ai plus d'une fois respiré de près des asphodèles en fleurs, elles ne  dégagent absolument aucun parfum. Il paraîtrait en plus qu'elles attirent les mouches, amis de la poésie champêtre bonsoir.

Le vers de Hugo suggère des fleurettes de la taille des violettes ; en réalité, au moment de la floraison les asphodèles dardent des hampes d'un bon mètre de haut, qui se terminent  par un manchon noir.  Je suppose que c'est lui qui attire les mouches. Amis de la poésie florale bonsoir. Manifestement Hugo n'avait jamais vu d'asphodèles.

J'ai longtemps pris l'asphodèle pour une fleur exclusivement méditerranéenne, jusqu'au jour où j'en ai rencontré dans les Hautes-Alpes, vers 1800 m (voir la photo), et sur le bord d'un fossé d'une route de Vendée.


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