mercredi 13 mai 2015

The great remplacement

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A matin, m'en allant chercher pain-journaux, je croise une dame -- jolie, ma foi  -- vêtue d'une robe d'été charmante qui laisse voir, par en haut et par en bas, des perspectives qui ne le sont pas moins.

Et qu'est-ce qu'elle fait ? elle tire sur le bas de sa robe pour la rallonger !

Mais qu'est-ce que ça veut dire ? Madame veut porter des jupes longues ? Je me tâte (au bon endroit) pour savoir si je dois aller aux gendarmes déposer une main courante (une main courante, quelle intéressante métaphore) pour tentative de port ostentatoire de signes religieux sur la voie publique.

Remontant de chez Nadine, ma boulangère favorite, je croise un jeune type dégingandé, genre magro magret, bien de sa personne. L'oeil torve et glauque tout de même. Les yeux dans le vague, il parle tout seul. Mais oui, je te jure maman. Mais non, maman, je te jure. C'est quoi, ce langage codé ? Sur le départ pour la Syrie ou quoi ? Dois-je en toucher un mot au Commissaire ?

Très remonté et toujours remontant, j'en croise un autre en marcel qui bigophone : " T'as fini le travail ? Alors tu te bouges le cul. T'entends : tu te bouges le cul ! ". Quel travail ? Quelle explosion ravageuse ? Où ? Quand ? Comment ? Que font les flics ?

Remontant démonté je suis doublé par une panerée motorisée de dames semi-voilées qui me regardent en rigolant. Ironie déplacée. Elles échangent des sarcasmes. Je me sens seul.

Passant devant le local de l'Association culturelle des Musulmans de *** , un jeune dégingandé, pas mal de sa personne, me toise avec un sourire pénétrant, genre "Tu viens chez moi, chéri, y a du beurre". Non mais je rêve, je rêve.

Une Mercedes grand luxe me serre contre le trottoir. Au volant, mon copain marocain. Bon pied bon oeil. Il va sur ses soixante-quinze ans. De sa première femme il a eu cinq enfants. Avec la seconde, il en est au troisième. Il me montre les photos ; le dernier est un poupard de six mois.

Y a pas à dire : le grand remplacement cher à Renaud Camus se fera à la trique !

Il  est temps que je redescende chez moi : je sens que je vais  avoir besoin d'un remontant.


L'horrible cauchemar du petit-bourgeois frantsouès



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