mercredi 29 juillet 2015

Le prix du légume

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Même les difficultés estivales et chroniques de nos agriculteurs ont été éclipsée par cette interminable histoire de légume-là. Toute la France suit maintenant, depuis des mois, les péripéties de l'affaire Christophe Lambert, devenu incontestablement le légume le plus célèbre de France, depuis qu'à la suite d'un accident, il y a sept ans de cela, il est réduit à une vie végétative d'où la conscience s'est absentée, sans espoir de retour selon les médecins.

Le dernier épisode n'est pas, de loin, le plus glorieux. Bien que forte des décisions successives des plus hautes instances juridiques françaises et européennes l'autorisant à mettre fin à la vie de Christophe Lambert, conformément aux volontés de l'intéressé et à celles de son épouse et d'une partie de sa famille, l'équipe du C.H.U. de Reims chargée de trancher s'est manifestement piteusement dégonflée, craignant sans doute d'éventuels débordements et représailles. On va voir comment la justice française et l'Etat s'y prendront pour trouver une issue à cette impasse.

J'ai beau avoir fort peu de sympathie pour les parents de Christophe Lambert, je reconnais la légitimité de leur désir de voir leur fils maintenu artificiellement en vie, dans l'espoir d'une guérison obtenue par d'hypothétiques progrès de la médecine dans un avenir plus ou moins proche. Même si leur espoir paraît chimérique  à la plupart d'entre nous, il est en soi respectable, et la possibilité d'une avancée médicale qui ferait sortir  leur fils de son coma n'est pas, après tout, statistiquement nulle. Cependant, au train où vont les choses, et si Christophe Lambert n'a pas été débranché entre temps, ils seront probablement morts avant leur fils. mais après tout, c'est leur affaire.

Cependant, là où les citoyens ont un droit de regard dans cette affaire privée, c'est sur son aspect financier. Depuis des années, Christophe Lambert est hospitalisé dans un C.H.U., dont les frais de financement sont, pour l'essentiel, couverts par des fonds publics. Je suppose que les frais d'hospitalisation de l'intéressé sont actuellement remboursés par la Sécurité Sociale. Le contribuable serait en droit de savoir ce que coûte une journée d'hospitalisation (chambre + soins ) du légume de Reims et ce qu'ont coûté à la collectivité les sept années de son hospitalisation.

Que Christophe Lambert reste ou non en vie ne nous concerne pas et nous est au fond indifférent, sauf sur ce point très concret. On pourrait imaginer une solution, relativement favorable aux parents , qui consisterait à les autoriser à faire hospitaliser leur fils dans un établissement de leur choix, mais entièrement à leurs frais, sans que la Sécu ait à débourser un sou.

Sinon, dans l'intérêt des finances publiques, on pourrait imaginer l'intervention d'une brigade de faux médecins et infirmiers qui, après avoir dûment neutralisé le vigile en faction devant la porte, mettrait fin à la vie végétative du légume le plus célèbre de France, en lui coupant les vivres et l'oxygène, après lui avoir éventuellement perfusé la dose de cyanure convenable.  Comme chantait France Gall : " Débranche tout ! " . Ce  pourrait d'ailleurs être le nom de l'association d'utilité publique dont se réclameraient (après coup) les exécuteurs de ces hautes oeuvres para-médicales, fiers d'avoir contribué à la réduction de notre déficit et à une gestion mois opaque et plus saine de nos établissements hospitaliers.






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