samedi 17 octobre 2015

Les nostalgiques du peloton d'exécution

1287 -


" Pour ses articles  de Je suis  partout comme pour ses Décombres, Lucient Rebatet méritait déjà douze balles. Rouillées et tirées dans le dos. "

C'est la sentence prononcée par l'ineffable Pierre Assouline dans l'article du Magazine littéraire d'octobre 2015 (repris sur son blog de la République des livres), où il rend compte du récent Dossier Rebatet, publié chez Robert Laffont.


Cette nuit, j'ai rêvé que j'étais Pierre Assouline et que je m'apprêtais à exécuter Lucien Rebatet dans le dos de douze balles rouillées. Sur ce, mon ange gardien m'apparut : " Outre  que l'intéressé est mort depuis plus de quarante ans, le sioniste pur jus que tu es devrait s'abstenir de s'abandonner à de pareils fantasmes, en un temps où un type comme toi risque à chaque instant de se faire flinguer dans le dos par quelque coulibalesque commando, de douze balles de kalachnikov, même pas rouillées. Enfin, ce que je t'en dis..." Il disparut en pouffant. je me réveillai en sursaut, la sueur au front. On toquait à la porte de l'appartement. " Qui est-ce ? ", demandai-je, d'une voix étranglée par l'angoisse. " -- C'est le laitier. " "Le laitier ? On n'est plus à l'époque de Proust, me dis-je en dépliant l'opinel rouillé, cadeau d'Alain Finkielkraut, que j'ai élu comme moyen de défense en cas d'intrusion armée, prêt à vendre chèrement ma peau.

A un ami qui ne connaissait pas la République des livres, je la lui ai fait découvrir en lui donnant à lire le billet d'Assouline sur le Dossier Rebatet. " Alors, qu'en penses-tu ? ", lui demandai-je.  " -- C'est entendu, me répondit-il, ce Rebatet était une belle ordure, mais en concluant invariablement ses articles d'un "Mort aux Juifs" sans ambigüité, surtout en 44, il avait au moins le courage de ses opinions. Tandis qu'aujourd'hui, regarde ces sionistes pur sucre que sont un Finkielkraut, un Zemmour ou un Taguieff ou, sur le fil du blog à l'Assouline, ce Kakabloom évoquant les massacres d'Arabes par les "Britts" (comme il les appelle), ils ne concluent pas leurs articles, leurs livres ou leurs posts d'un tonitruant " Mort aux Arabes ", mais ils le pensent très fort ".  " -- Allons, allons, lui répondis-je, pas d'amalgame abusif autant que hâtif. Et puis, ajoutai-je, c'est un des effets vertueux de nos sages lois réprimant le racisme que, ce qu'on pense tout bas très fort, il n'est pas licite de le dire tout haut. Enfin, en principe. Tu en conviendras". Il en convint. " -- Mais, me demanda-t-il, toi que  je sais être un farouche adversaire de la peine de mort, comment peux-tu continuer à fréquenter le blog de quelqu'un qui regrette que Rebatet n'ait pas été exécuté dans le dos d'une salve de balles rouillées ? ".  " Ta question m'interpelle, lui répondis-je, mais tu conviendras que, tel Rebatet jadis, Assouline a au moins le courage de ses opinions ". Il en convint. " Tu me diras, ajouta-t-il cependant, qu'avoir le courage d'une opinion de ce genre soixante-dix ans après que les carottes soient cuites et plus de quarante ans après la mort de l'intéressé, ça n'exige pas un courage exceptionnel, sauf celui de proférer une connerie ". J'en convins.




Le dossier Rebatet      ( Robert Laffont, collection Bouquins )


( Posté par : Babal, avatar eugènique agréé )





Aucun commentaire: