samedi 12 décembre 2015

Vers un retour en force ( fantasmatique ? ) du fascisme à la française ?

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L'autre soir, au  journal de 20 heures, on nous annonce que les autorités suisses redoutent un attentat imminent contre le siège de l'ONU  à Genève. Les photos de quatre terroristes présumés recherchés par la police suisse sont diffusées à l'antenne, mais floutées. Pourquoi ? Ces personnages se trouvent peut-être actuellement sur le territoire français et l'on ne voit pas pourquoi notre population, menacée elle aussi, ne participerait pas à leur traque. Est-ce là l'effet d'un souci abusif de la présomption d'innocence ? Mais quelle présomption d'innocence vaut contre des individus signalés comme terroristes sur le point d'agir par les services américains ? Faut-il se soucier des droits de l'homme quand il s'agit d'ennemis des droits de l'homme ?

En Belgique, le respect scrupuleux de la réglementation relative aux perquisitions donne l'opportunité à un des auteurs des attentats de Paris de s'échapper à la barbe des policiers. Une telle bévue ne mérite qu'un sourire de mépris.

On s'étonne que nos services secrets n'aient pas reçu plus souvent mission de liquider sans  autre forme de procès les djihadistes français retour de Syrie dès que leur présence sur le territoire national était avérée. C'est au chef de l'Etat de donner pour cela le feu vert. En a-t-il été  retenu par un excessif respect de la vie humaine?  Dans ce cas,  les victimes des attentats du 13 novembre auraient payé de leur vie cet abusif scrupule. Elles auraient surtout payé, comme beaucoup d'autres, l'imbécile fétichisme de la démocratie, religion merdeuse de la plupart de nos politiques et de nos intellectuels.

Les progrès du Front national seraient de nature à changer la donne. Entendons-nous : s'il accédait au pouvoir, le Front National respecterait, officiellement du moins, les institutions républicaines. Il  est clair que les moyens les plus efficaces de la lutte antiterroriste ne seront pas ouvertement mis en oeuvre, en cas d'une victoire de Marine Le Pen aux présidentielles, par nos forces de police et nos forces armées. Cependant, l'accès au pouvoir du Front national, le nombre toujours plus grands de citoyens se reconnaissant dans son programme, tout cela pourrait créer un climat favorable à une évolution de nos institutions politiques, judiciaires, pénitentiaires, policières, militaires, éducatives, vers un fascisme relativement discret mais bien réel et bienvenu qui permettrait la mise en oeuvre  de moyens réellement efficients, quoique illégaux et non démocratiques, contre le terrorisme islamiste et contre les ennemis de la France, quels qu'ils soient.

Des citoyens agissant dans l'anonymat d'organisations secrètes, renseignées par les éléments  les plus déterminés des services secrets, de la police, de l'armée, de l'administration, pourraient se charger d'exécuter ce programme . Les enlèvements des ennemis du peuple français, leur exécution extra-judiciaire, l'emploi de la torture sous ses formes les plus radicales, ne peuvent en effet, dans le respect de façade des principes démocratiques, être employés que par des citoyens agissant hors des cadres légaux.

L'histoire récente offre des exemples connus de l'efficacité d'actions de ce type. Ce qui s'est passé voici quelques décennies au Chili, en Argentine, au Brésil (escadrons de la mort) pourrait fournir des modèles d'actions drastiques à ces protecteurs bénévoles et autoproclamés de la sécurité du peuple français.

L'écrivain Jérôme Ferrari a qualifié récemment d' "odieuse" la proposition d'un député de droite de créer un Guantanamo français. Il oublie que l'existence de tels centres de détention, où l'on peut enfermer indéfiniment des terroristes  soustraits aux procédures judiciaires réservées aux citoyens ordinaires, le refus d'accorder aux prisonniers les droits habituels de la défense, l'usage de la torture, ont sans doute efficacement protégé les citoyens américains.

Certains s'étonnent qu'en Belgique, la famille d'un des assassins du 13 novembre continue à vaquer à ses occupations comme si rien ne s'était passé, alors qu'il est avéré que ces gens ont soutenu jusqu'au bout (au moins moralement) ce personnage. Les mêmes proclament que les solidarités familiales ne sont pas une excuse ; qu'elles font de ceux qui les invoquent au-delà des limites permises des complices envers lesquels aucune indulgence n'est souhaitable. Dans le contexte décrit dans les lignes qui précèdent, tous ces gens pourraient être exécutés après avoir été soumis à la torture, et l'on peut imaginer que leurs corps auraient disparu, plongés dans des cuves d'acide ou balancés en mer (vivants ?) du haut d'un hélicoptère.

On peut imaginer aussi que des actions de représailles drastiques contre les juges et les avocats convaincus de freiner la lutte antiterroriste pourraient  être entreprises.

Si l'Etat échoue à protéger les citoyens, il faut malheureusement s'attendre à ce que les citoyens eux-mêmes s'organisent pour assurer leur protection.

En tout état de cause, de plus en plus de gens dans ce pays pensent que l'ordre et la sécurité, l'esprit civique et la moralité ne seront vraiment rétablis  que le jour où des milices citoyennes, discrètement aidées par la police et l'armée, se seront donné pour mission de casser beaucoup de gueules. Enormément de gueules, et de toutes sortes. Ce qui vaut pour le terrorisme vaut évidemment pour la délinquance et la criminalité, mais aussi pour les syndicalistes abusifs, à la SNCF, à la mairie de La Rochelle ou ailleurs. Dans un objectif de remise en ordre globale d'une société à la dérive, une gueule cassée de militant cégétiste vaut une gueule cassée de djihadiste.  Ainsi, ces milices que l'on imagine se proclamant "milices patriotiques et radicales", seraient amenées à élaborer des listes d'individus à éliminer, selon le degré d'urgence, Par exemple :1/ terroristes islamistes et leurs complices; 2/ individus trouvant des excuses auxdits terroristes et à l'islamisme radical; 3/ délinquants et criminels venus des pays de l'Est; 4/ délinquants mineurs ; 5/ syndicalistes abusifs ; 6/ paladins de la démocratie et défenseurs des droits de l'homme... etc. etc... Ce n'est là qu'un exemple.

Victor Hugo  a dit : " ouvrez des cimetières, vous fermerez des prisons " . Cet aphorisme vaut d'être médité.


Additum -

D'aucuns s'étonneront que, dans une optique de remise en ordre fascisante de la société française, il ne soit pas question des Juifs. Eh bien, justement, certains militants nationalistes trouvent que le programme de Daech, sur certains de ses points -- la restauration de l'ordre moral par des moyens appropriés --, n'est pas si mal que ça. Or on sait que la philosophie de Daech repose sur un antisémitisme radical : c'est aux Juifs qu'en dernier ressort incombe, selon ces islamistes radicaux, la responsabilité de la décadence de nos sociétés. La haine des Juifs, chez les djihadistes de Daech, n'a rien à envier à celle que leur vouait Adolf Hitler. Certains de nos militants nationalistes se sont donc dit : pourquoi, au lieu de le combattre, ne pas tenter un rapprochement avec Daech sur la base d'un antisémitisme virulent ? En France nous disposons d'un stock de 450 000 Juifs environ. Pourquoi ne pas utiliser ce stock pour obtenir de Daech une suspension des attentats sur le territoire métropolitain ? En échange de cette suspension, on pourrait  livrer (vivants) à Daech environ 450 Juifs par an, ce qui nous garantirait mille ans de prospérité (ça me rappelle quelqu'un, mais qui...) ! Les milices patriotiques dont il était question plus haut pourraient se charger des enlèvements et des livraisons. On aurait là un équivalent moderne du fameux tribut versé annuellement par les Athéniens au Minotaure. Evidemment, pour préserver notre stock de Juifs, il faudrait leur interdire de quitter le sol national. Finies les alyas pour un oui pour un non. On dira que tout ça n'a pas grand chose à voir avec les droits constitutionnels des citoyens français, Juifs ou non, et que le Conseil Constitutionnel risque de mettre son veto. Eh bien, répondent nos activistes nationalistes, supprimons le Conseil Constitutionnel. Et, pourquoi pas, tant qu'on y est, supprimons la Constitution. N'oublions pas que Hitler est parvenu au pouvoir par des voies impeccablement démocratiques. Cependant, toutes ces façons d'envisager le futur de la société française n'ont pas l'heur de me plaire : je suis Juif. De plus, noir et homosexuel.

Le fascisme est la tentation permanente de la démocratie parce qu'il en est l'inversion. Les fascistes sont les invertis de la démocratie. Tel l'abominable chanoine Docre dans Là-bas de Huysmans, qui s'est fait tatouer la figure du Christ sur la plante des pieds pour pouvoir marcher dessus à son aise, je m'y suis fait tatouer la devise républicaine, ainsi que quelques principes de la Déclaration universelle des droits de l'homme sur la périphérie de l'anus, pour pouvoir mieux m'en torcher. Mais je ne montre la plante de mes pieds et le pourtour de mon cul qu'à une élite restreinte d'intimes. Politiques ou religieuses, mes convictions, après tout, ne regardent que moi.


Note -

On confrontera utilement ces vues à celles que j'exprimais dans mon précédent billet intitulé "Association Nord-Express" (23 août 2015). Mon propos est, dans le temps, d'une cohérence époustouflante. Non seulement je suis dans le sens de l'histoire, mais dans pas cinq ans on me célébrera comme un prophète. Vous voulez parier ?


( Posté par : Gehrard von Krollok, avatar eugènique agréé )


Eugène communique -

Nos (rares) habitués connaissent le style sinistro-saumâtre des fictions imaginées par notre intervenant intermittent Gehrard von Krollok, Précisons que nous lui laissons la responsabilité des propos tenus dans ce billet. Nous ne les partageons pas. Vive la République ! Oui aux droits de l'homme ! Merde aux djihadistes  et aux fachos !

En ce qui concerne la citation de Victor Hugo, il conviendrait d'en vérifier l'exactitude. Certes, Hugo fut un chaud partisan de la peine de mort, mais là, il nous semble qu'il y va un peu fort.


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