samedi 26 mars 2016

Pourquoi des avatars ? Pourquoi des pseudos ?

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A vrai dire, ce n'est pas trop clair pour moi. Le goût et l'habitude s'en sont installés peu à peu. Ils me sont venus de mes interventions sur la République des livres, le site de Pierre Assouline ; j'y changeais souvent de pseudos, et la plupart de mes avatars en ont hérité. Je me suis imaginé que chacun de ces noms pouvait donner naissance à un personnage correspondant à un des aspects de ma personnalité. Ainsi, j'ai généralement confié à Angélique Chanu la critique théâtrale et cinématographique, à SgrA° les billets touchant aux sciences, à Marcel le degré zéro de l'humour, à Onésiphore de Prébois (modeste témoignage d'admiration pour Giono) les billets traitant de la montagne et de la nature. Mais ces "personnages" sont restés à l'état d'esquisses très élémentaires. Ma veine romanesque ne doit pas être très  développée. Peut-être est ai-je simplement trouvé là une façon  d'échapper un peu à un moi que je trouve par trop uniforme et pesant. Je ne me reconnais aucun talent littéraire, mais on sait que certains écrivains ont multiplié les pseudonymes ; ils n'ont généralement pas donné leurs raisons. Pour moi, adopter un pseudo, c'est toujours se réfugier dans la fiction. Même s'il ne correspond à aucune personnalité bien précise, le pseudo est toujours l'amorce d'un personnage de fiction. Vian a dû quelque peu se rêver en Vernon Sullivan, et Romain Gary en Emile Ajar. Loin de moi, évidemment, la prétention de me comparer à ces illustres. Pourtant, le potentiel fictionnel de tout pseudo ne doit pas être négligé, même par un modeste amateur tel que moi.

Si le pseudo génère un personnage fictif, il s'ensuit que ce qu'il dit relève aussi, peu ou prou, de la fiction, comme les propos que tiennent les personnages de roman. C'est sans doute un inconvénient si l'on tient à être pris au sérieux. Ce l'est moins si l'on ne se prend pas trop au sérieux. Et puis, c'est une précaution utile au cas où de mauvais coucheurs vous accuseraient de dérapage. Il n'y a personne au pseudo que vous demandez. En tout cas, je le répète, tout ce qui a été et sera publié ici doit être considéré comme relevant de la fiction. Le référent (au sens linguistique du terme) à la réalité de tout ce qui est nommé, raconté, décrit, évoqué, sous quelque angle que ce soit, sur ce blog est systématiquement problématique.

Il va de soi qu'Eugène est lui-même un pseudo. Comme je l'ai dit en commençant, je l'ai choisi en hommage à un écrivain qui m'a beaucoup marqué. Je m'appelle Jean. Pas Jacques. Jacques, comme l'a si bien montré mon Eugène éponyme et tutélaire, c'est la soumission. Très peu pour moi.

Je m'appelle Jean ? Mais Jean n'est rien d'autre qu'un nième pseudo, au référent non moins problématique que celui ( ou ceux ) d'Eugène, etc.


Jacques ou la soumission, par J.M.A.T.T.


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