samedi 28 mai 2016

Bernard-Henri Lévy, philosophe approximatif

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On pouvait lire, dans le Journal du dimanche du 22 mai dernier, ces propos de Bernard-Henri Lévy :

" Le djihadisme, l'islamisme radical, c'est bien le dernier avatar du nazisme. Vous connaissez l'histoire. Le nazisme, dans les années vingt et trente du siècle dernier, a été une révolution planétaire. Il y a donc eu, dans le monde arabe comme ailleurs, une forme de nazisme née avec les Frères musulmans. Or, en 1945, il y a eu le fantasme d'un nazisme qui n'aurait été qu'européen et aurait miraculeusement épargné le monde arabo-musulman. Eh bien, Al-Quaida hier Daesh aujourd'hui, c'est ça ! C'est le retour du refoulé !  "

Quand B-H L. affirme l'existence d'un nazisme arabo-musulman, qu'incarnerait aujourd'hui Daech, on songe immédiatement à un point commun entre les discours de ses militants et ceux des nazis : l'antisémitisme. Mais une différence fondamentale sépare l'antisémitisme nazi et l'antisémitisme tel qu'il se manifeste dans la sphère arabo-musulmane. On sait que l'antisémitisme est un thème majeur de la doctrine nazie. Pour les nazis, les Juifs, ennemis jurés du peuple allemand, appartiennent à une race inférieure, les Sémites. Or, les Arabes sont aussi des Sémites. Les nazis n’avaient que mépris pour les uns et pour les autres, qu’ils considéraient comme des Asiates corrompus et dégénérés. De plus, l’Islam, religion dérivée du judéo-christianisme, était, ipso facto, l’objet, de leur part, du même rejet radical, au profit de la vraie religion aryenne, celle des anciens Germains, pour qui le divin se confond avec la Nature. En revanche, l’antisémitisme musulman, comme l’antisémitisme chrétien, est d’origine religieuse et son argumentaire est religieux, politique aussi depuis la création de l'Etat d'Israël ; mais il n'est  nullement raciste, et pour cause. Si l'antisémitisme racial (qui englobe les Arabes) est une caractéristique majeure du nazisme, parler de nazisme arabo-musulman, même à propos de Daech, n’a absolument aucun sens.

Parler de « révolution planétaire » à propos du nazisme, comme le fait B-H L , me paraît des plus aventureux. Si  une révolution planétaire nazie avait eu lieu, on n'aurait d'ailleurs pas attendu B-H L. pour en entendre parler. Mais il ne s'agit là que d'un fantasme du "philosophe" à la chemise blanche, à qui l'émotion a dû inspirer ce pseudo-événement historique. Rappelons que, pour les nazis eux-mêmes, le nazisme n’était pas exportable, étant une idéologie fondamentalement germanique adaptée aux besoins du seul peuple allemand. Que le nazisme ait suscité, ici et là dans le monde, des sympathies et des tentatives d’imitation, c’est certain, mais cela n’a rien à voir avec un projet de révolution planétaire, projet inscrit, en revanche, dans le marxisme. Je me demande quel écho ont bien pu éveiller, entre 1920 et 1945, les idées nazies dans un pays comme la Chine. Là encore, la présentation que B-H L. fait du succès du nazisme hors des frontières de l’Allemagne est en contradiction avec la nature même du nazisme.

Si le projet de révolution planétaire est inhérent au marxisme, c’est qu’il s’agit d’une doctrine à visée universaliste. Au contraire, le nazisme, par définition, exclut toute prétention universaliste (donc tout projet de révolution planétaire), puisque ce que vise cette idéologie, c’est la promotion des intérêts du peuple allemand et, plus largement, de la race aryenne (ou indo-germanique). Les nazis vomissaient l’universalisme, aberration d’origine, selon eux, judéo-chrétienne. 

L'universalisme islamique est du même ordre que l'universalisme chrétien et fondé de la même façon que lui. Il rend plausible le scénario suivant : imaginons que, dans une des régions actuellement contrôlées par Daech, un Juif se convertisse à l'Islam, dans la version rigoriste des maîtres de l'heure. Non seulement le nouveau prosélyte ne serait pas inquiété, mais il serait accueilli à bras ouverts, et son cas serait sans aucun doute célébré par leur propagande. Un tel cas de figure, dans l'Allemagne nazie, aurait été proprement inconcevable, la souillure raciale étant, pour les nazis, ineffaçable.

L'assimilation proposée par Bernard-Henri Lévy entre la doctrine de Daech et celle des nazis est donc irrecevable. Il s'agit bien de deux doctrines totalitaires, mais leur nature est radicalement différente.


Lire :   Johann ChapoutotLa loi du sang  / Penser et agir en nazi 
                                                                         ( Gallimard / Bibliothèque des histoires )







1 commentaire:

mehdi mountather a dit…

Mars 2017 ni la fin des virus de la terre Daech et israél INCHAALLAH ALLAH extermine l'antéchrist bliss par un cataclysme et les illuminatis les franc maçons par arrêt cardiaque virus accident de la route crash d'avion foudre tornade Amine si l'antéchrist est un êtres humain 100% Henry Levy l’architecte des révoltes arabe ou Bush l'architecte de 11.9 en Usa si l'antéchrist la télé sa fin par l'explosion des satellites par des météorites tempête solaire et les ovnis si la fin du monde Mars 2017 aux non musulmans de se convertir a l'islam pour éviter a l'enfer.