mercredi 18 mai 2016

L'autofliction selon Annie R. (no !)

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Annie R. (no !), notre inconcon-testée spécialiste du texte totobiographique tous azimuts, vient de publier, aux éditions Gagallimarre,  Mémoire en vrille, où comme à son habitude, elle raconte n'importe quoi n'importe comment. Il est vrai que sa mémoire à elle part depuis longtemps en sucette, vu que la mémère, depuis longtemps atteinte par la limite d'âge (76 piges à l'automne) est soignée pour un alzimémère galopant.

Jusqu'ici les "révélations" de l'Annie, pourtant fort insoucieuse d'impliquer divers tiers et de  casser du sucre sur le dos de ses ex-petits amis et grandes amies, ne semblaient avoir gêné personne. La chose s'explique sans doute par l'exiguïté de son lectorat, limité à peu près aux membres du comité de lecture des éditions Gagallimarre (à l'exception d'un certain Richard Mimillet). Mais cette fois, ça pourrait changer, d'autant que l'ouvrage a été salué par une critique aussi unanime qu'enthousiaste pour son absolu manque de lucidité joint à un puissant souffle érotico-coco-comique.

Annie R. (no !) y  raconte en effet comment qu'à l'été 58 (58, l'année de tous les dangers), étant encore mineure ou à peu près, elle s'est fait trombiner dans les toilettes de la coconlonie de S. (approximativement située en basse-Normandie), par un gros malabar indélicat prof de gym qui l'a laissée à demi-vierge ou peu s'en fallait, puis l'a plaquée, l'abandonnant à une amère repentance et une taraudante incertitude.

Car il aura fallu cinq ans à l'Annie pour en sortir, de cet état d'incertitude ( est-ce que je suis demi-vierge, ou seulement au quart -- de poil -- ?). Y en a qu'ont pas vraiment le don ni le  goût de la vérification. Jusqu'à ce qu'un été de l'année 63, sur les bords de la Grande Bleue, un dénommé Jean R. (no !) l'en arrache d'un grand coup de son.. de sa...

Mais -- et c'est là que les choses risquent de se gagâter -- le dénommé H.P., ancien prof de gym reconverti dans l'informatique, a pris connaissance, le jour où il fêtait ses noces d'or en compagnie de son épouse, la charmante P.P., et de leurs amis, du déballage, pour lui réputationnellement préjudiciable, de l'Annie. Hurla que ça  se passerait pas comme ça, et devant les tribunaux.

Menacée d'ennuis judiciaires, la peu judicieuse Annie s'en est allée consulter l'inconcon-testé spécialiste de l'autofliction, le très  répuputé Sergio Boudgraski.

-- Votre cas, ma coco ma mémère ma commère, lui dit-il, me paraît manifestement relever de l'autofliction.

-- C'est quoi, l'autofliction.

-- L'autofliction, comme le nom l'indique, consiste à touiller un mixte approximatif d'hypothétiques souvenirs et d'imaginations semi-délirantes, le toutou dans une écriture remarcacâble, bien que  formellement non définie ; au sein de cet ensemble (ce que je cause bien tout de même), la fliction est le grain de sel qui consiste à fliquer mine de rien ses ex-petits amis et grandes amies... Tout ce qui concerne le cucul, la quéquette, la moumou, la mounine est préférentiellement et commercialement placé en tête de gondole.

-- Mais c'est ce que je fais !

-- Je m'en suis bien aperçu. Aussi serez-vous célébrée unanimement par vos pairs...

-- J'ai pas de paires.

-- Ne m'interrompez pas... Célébrée par vos paires de... vos paires de..., votre concompte (chez Gagallimarre) est bon. A vous la gloire réservée aux inconcon-testables spécialistes de l'autofliction. Quant aux vilains ex-profs de gym atteints par le retour d'âge, à eux les affres de l'auto-affliction.

Et c'est ainsi que, dès la deuxième semaine, Mémoire en vrille a dépassé les dix mille exemplaires offerts ou même vendus.

Vivie la lit-tétée-rature (sans ratures) selon Annie R. (no !) !

( Posté par : Marcel, avatar hugyénique informel )

Specialistus autoflictionis meditans

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