lundi 6 juin 2016

Les joyeux lurons d'Antenne 2 et les scénaristes fous de la 3

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Je soupçonne certains collaborateurs d'Antenne 2, chargés d'ordonner les reportages du JT de 20 heures, d'être des rigolos pleins de poils agissant en toute discrétion, histoire de dérider le téléspectateur moyen, légitimement stressé par les temps qui courent.

Hier soir, on interviewait un employé de la SNCF chargé d'évacuer l'eau des voies du RER. Son nom : Sébastien Gourgouillat ; ça ne s'invente pas, mais ça peut se sélectionner. Gargouillat aurait été davantage de circonstance, mais bon, c'était déjà pas mal.

Deux minutes plus tard, interview d'une dame, en attente d'une rame dudit RER, très en retard pour cause de grève. La dame :

" Oui, bon, on les comprend, mais faudrait tout de même qu'y-z-arrêtent de nous emmerder ! "

Dit avec le plus pur accent parigot, c'était irrésistible. Déjà fortement ému par Gourgouillat, j'ai failli tomber en syncope.

Comme on dit à Antenne 2, contre la déprime, interposons l'écran du rire.

                                                                          *

Hier soir, sur la 3, nouvelle crise de fou-rire. Cette fois, les scénaristes de Plus belle la vie s'en donnaient à coeur joie pendant près de deux heures au long d'un numéro spécial de la série, enchaînant les épisodes plus abracadabrants et rocambolesques les uns que les autres. Rocambolesque : c'est bien l'épithète qui convient le mieux à cette série, équivalent télévisuel des antiques feuilletons d'un  Ponson du Terrail, dont les lecteurs assidus de l'époque sont les ancêtres des téléspectateurs accros à ce genre de divertissement (à consommer chaud, ça refroidit très vite). On finissait par comprendre (assez tard) qu'il s'agissait d'un rêve du personnage principal, le médecin attitré du quartier du Mistral. N'empêche qu'on avait plus ou moins marché, au gré des fantaisies de l'imagination débridée  du/des scénariste/s, s'amusant visiblement à jouer sur les frontières de la réalité (au second degré) et de la fiction (au troisième) et n'hésitant pas à vendre la mèche, dévoilant la gratuité de leurs inventions, et même s'amusant -- et nous conviant à nous amuser -- de leur invraisemblance (le niveau  de celle-ci étant, me semble-t-il, étroitement corrélé à celui des restrictions budgétaires). Peut-être, d'ailleurs, s'agissait-il de tester le degré de crédulité du bon public et de voir ce qu'il avalerait sans broncher (le site internet de Fr3 ouvre aux habitués la possibilité d'un retour sur images après consommation). Mais, cumul d'invraisemblances ou pas, peu importe, puisque l'essentiel est d'alimenter le robinet où  viennent se désaltérer les assoiffés. La suite au prochain numéro, et vogue au petit bonheur la galère massaliote : fluctuat nec mergitur !

( Posté par : Momus, avatar eugènique de circonstance )





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