lundi 8 août 2016

Les J.O. de Rio sans Brésil mais avec dopage

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Pendant une grosse quinzaine,  les chaînes publiques auront donc fait le ménage dans leurs programmes pour diffuser les épreuves des Jeux Olympiques de Rio,  plusieurs heures de suite d'affilée, quotidiennement pendant quinze jours, avec une préférence quasi exclusive pour celles où sont engagée les Français. Chauvinisme pas mort. Savoir si ce matraquage aux limites du  délire s'avèrera payant en termes de fidélisation de la clientèle, on ne le saura qu'après la cérémonie de clôture. Ainsi se vérifiera, une fois de plus, la pertinence du proverbe charentais : " c'est à la fin de la foire qu'on ramasse les bouses ".

Mais ni avant les Jeux ni pendant, hormis quelques dérisoires escapades aux environs immédiats de Rio, ces chaînes n'auront proposé le moindre reportage sérieux sur le Brésil, ni sur sa terre ni sur ses habitants, ni sur les problèmes ni sur les réussites de sa société, de son économie, de sa culture. C'était pourtant l'occasion de mieux faire connaître à nos compatriotes ce grand pays, en sortant des habituels clichés sur la samba. Cette impasse  n'est pas seulement pitoyable, elle est  indécente.

Panem et circenses ... Les responsables de nos télévisions publiques doivent penser que, par les temps qui courent, les Français n'ont qu'une envie, celle d'oublier la sinistrose ambiante en se gavant de divertissements élémentaires agrémentés de commentaires infantiles du genre " Mais pourquoi qu'y remettent la balle, c'est les ôt'qu'y-z-ont-y fait fôte !", " Oh j'y crois pas, j'y crois pas, encore la quatrième place!" , "Il l'a-z-eue, sa médaille en chocolat ! Il l'a-t-y-z-eue !". Misère ...

Il est vrai que, depuis fort longtemps, les programmes de nos chaînes publiques (elles et les autres) sont fabriqués, pour l'essentiel, à coups de divertissements à l'intention d'un  "grand public" dont on suppose un peu vite que ses attentes culturelles ne dépassent pas le niveau de l'étiage d'un torrent méditerranéen.


Additum -

Camille Lacourt vient de mettre les pieds dans le plat en dénonçant le dopage des Chinois. Ce faisant, il rappelle ce que tout le monde sait  : le sport de haut niveau, toutes disciplines confondues, est gangrené par le dopage depuis des décennies. C'est dans la logique même de cette façon de pratiquer le sport. Tout sportif de haut niveau, dans quelque discipline que ce soit, compte tenu des enjeux, connaît la tentation du dopage et y succombe très souvent, avec la bénédiction de  ceux qui le "coachent". La consternante palinodie du C.I.O. réintégrant les athlètes russes d'abord exclus doit s'expliquer par la menace des sanctionnés de déballer ce que, de leur côté, ils savent sur leurs concurrents et rivaux en la matière.

Cela n'empêche pas les médias -- nos chaînes télévisées publiques en tête--  de nous inviter régulièrement à admirer les exploits des tricheurs. C'est que, de ce côté des rambardes, seuls comptent le sport-spectacle et les records d'audimat. Panem et circenses ... C'est, depuis toujours, l'opium du populo. Et dieu sait s'il en a besoin, d'opium, le populo, par les temps qui courent.

( Posté par : John Brown , avatar eugènique intermittent )

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