lundi 26 décembre 2016

Antoine, le surf, la vie

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Le 20 juillet 2010, sous le titre Art du surf, art de vivre, j'ai mis en ligne ce billet sur un autre blog. Je l'offre à nouveau aujourd'hui, gage d'affection et de mémoire, à celui qui me l'avait inspiré. 


Longtemps, je ne me suis pas intéressé au surf. J'y voyais un  amusement de plage, un peu plus sportif que d'autres, un peu plus à la mode.

C'est le film d'un passionné de surf qui  m'a ouvert les yeux sur des aspects du surf inconnus de moi. Il est l'auteur de films sur cette discipline, dont un tourné au Maroc, et que je trouve remarquable.

Les surfeurs sont les rois d'un espace bien particulier, qui est cette bande de quelques centaines de mètres tout au plus, où  les vagues prennent de la hauteur et de la puissance, avant de déferler et de rouler sur les plages. Sorte d' interface entre la terre et la mer. Ce n'est plus la mer libre, la mer des bateaux, et ce n'est pas encore la terre. Espace contraint, espace violent, espace difficile qu'il s'agit de maîtriser, en quelques poignées de secondes, pour y décrire des arabesques et des figures audacieuses et pures. Dans un présent intense, le surfeur déploie son art acrobatique et raffiné, cousin des arts de la danse et du cirque, poursuivi par l'écume, surplombé par le rouleau, sur la soie verte de l'eau.

L'art du surf est à la fois la mise en oeuvre et la métaphore d'un art de vivre, l'art de vivre pleinement, intensément l'instant, à la frontière entre le passé et l'avenir, entre ici et là-bas, entre soi et les autres, entre soi et soi, avec élégance et rigueur. Qui peut se vanter de maîtriser sa vie dans l'instant, qui sait marier dans l' instant la volonté et le hasard, aussi bien que les artistes du surf ? Et sans doute seuls les meilleurs d'entre eux savent que le hasard est toujours le bienvenu, aspirent à le rencontrer et à l'affronter. Hasard de la vague, hasard de la vie...


( Posté par : SgrA° )





Que nous adhérions, d'une façon ou d'une autre, à l'idéalisme platonicien, ou que, comme moi, nous penchions vers un monisme matérialiste, notre coeur sait que Platon a dit, sur la perte d'un être cher, tout ce qu'il vaut de dire, dans la dernière scène du Phédon :

Jusque là nous avions eu presque tous assez de forces pour retenir nos larmes ; mais en le voyant boire, et quand il eut bu, nous n'en fûmes plus les maîtres. Moi-même, j'eus beau me contraindre ; mes larmes s'échappèrent à flots ; alors je me voilai la tête et je pleurai sur moi-même ; car ce n'était pas son malheur, mais le mien que je déplorais, en songeant de quel ami j'allais être privé. Avant moi déjà, Criton n'avait pu contenir ses larmes et il s'était levé de sa place. Pour Apollodore, qui déjà auparavant n'avait pas un instant cessé de pleurer, il  se mit à hurler et ses pleurs et ses plaintes fendirent le coeur à tous les assistants, excepté Socrate lui-même. " Que faites-vous là, s'écria-t-il, étranges amis ? Si j'ai renvoyé les femmes, c'était surtout pour éviter  ces lamentations déplacées ; car j'ai toujours entendu dire qu'il fallait mourir sur des paroles de bon augure. Soyez donc calmes et fermes. " En entendant ces reproches, nous rougîmes et nous retînmes de pleurer.

... alors je me voilai la tête et pleurai sur moi-même ; car ce n'était pas son malheur, mais le mien que je déplorais, en songeant de quel ami j'allais être privé ...


Les films et vidéos d'Antoine Revel-Mouroz sont disponibles sur YouTube. 



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