mardi 15 août 2017

Du Galibier à l'Izoard à biclou (7)

Cette fois, c'est décidé ! Pleins gaz direction Mont-Dauphin, que j'entrevois au bout des lignes droites. Et si on changeait de côté un peu pour voir ? C'est pas mal aussi, du côté de l'Est. Je ne sais plus si c'est de la Roche de Rame ou de Saint-Crépin que je partis pour rejoindre une haute vallée que surmontaient de longues crêtes, assez molles il est vrai, parsemées de lacs. Je me rappelle qu'on peut atteindre à biclou la rupture de pente au-delà de laquelle s'ouvre cette haute vallée, jadis  occupée par un glacier. On peut même biclouter bien au-delà.


Les lacs du Lauzet., au-dessus de Saint-Crépin

Poursuivant sa route plein Sud, le bicloutier ne saurait ignorer les magnificences de Mont-Dauphin. Parmi elles, l'église baroque, que l'on comparera à celle de Briançon (vide supra).

Eglise Saint-Louis, Mont-Dauphin

De Mont-Dauphin, on poussera jusqu'à Eygliers, d'où, empruntant la D 37, on s'en ira dominer les gorges du Guil, jusqu'au-dessus de la Maison du Roy.

Hameau de Gros, commune d'Eygliers


Mais, au pied des vaubanesques fortifs, voici que le Guil a rejoint la Durance, et que le peloton vire plein Ouest. Quant à nous, nous nous autoriserons une bicloutesque escapade en direction de Risoul, perché là-haut, que nous rejoindrons par une série de larges lacets, dans une ambiance forestière, avant d'atteindre le lac du Pré du Laus.

Lac du Pré du Laus, Risoul
Au Sud-Est, le col de Saluces ! On ne saurait s'y dérober. Vue plongeante sur les alpages de Vars.

Le pic de Chabrières (2746 m), au Sud du col de Saluces (2444 m)
Bon, il est temps de redescendre, sinon nous ne rejoindrons jamais l'Izoard dans les temps. Mais à Saint-Clément-sur-Durance, nous bifurquerons à nouveau, vers le N/N/O,  et le parc national des Ecrins pour remonter ( à biclou ) le long vallon qui nous mènera à la cabane de Saint-Clément, au pied du haut vallon du Couleau, dominé par le pic de Rochelaire et la tête de Vautisse.

La cabane de Saint-Clément

Posté par : Le Bicloutier nostalgique, avatar eugènique pédo-cyclo-touristique

( La suite au prochain numéro )

lundi 14 août 2017

Inutile pléonasme


1463 -


Notre championne du disque, médaillée de bronze aux championnats du monde, s'appelle Malvina Robert-Nichon.

J'ai beau être un  enthousiaste partisan des avancées féminines, j'ai pensé qu'entre robert et nichon, on pouvait choisir, de façon à éviter cette fâcheuse redondance pléonastique..

N'en rajoutons pas !


Posté par : Le petit calembarbouilleur, avatar eugènique vermotisant

samedi 12 août 2017

Petite histoire d'une vocation (partiellement) ratée

1462 -


Ce mardi 25 juillet, il achève la quatrième et dernière des cures de ce qu'il appelle sa "potion magique". Dans son cas, cette métaphore drôlatique semble correspondre à la réalité, ce qui, malheureusement, n'est pas toujours le cas. Le passage dans le tuyau, lui aussi magique, il y a quatre mois, à la fin de la précédente cure, avait indiqué une régression des nodules péritonéaux, de surcroît "non fixants" (entendez qu'ils ne fixaient pas le glucose radioactif dont son friandes les cellules déviantes).

Cette fois, huit jours se passent sans que le grand manitou ait validé le signal d'un nouveau passage dans le tuyau. Il est vrai qu'il était en vacances. Mais, deux semaines sont maintenant passées, il est revenu de vacances, et toujours pas de signal.

Il a beau se dire que, si le signal arrive, ce sera le début d'une nouvelle séquence de crises d'angoisse (quel sera le verdict du tuyau ?), il commence à se faire des films : le grand manitou l'a oublié, ou bien (pour une raison mal connue) il ne l'aime pas, ou il y a des choses qu'on veut lui cacher. Le mail et l'appel téléphonique adressés au grand manitou sont restés sans réponse. Or une date butoir (le 23 août) se rapproche à toute allure, celle où il doit se rendre à Marseille prendre l'avis du grand manitou n° 2 (ou n° 1) qui décidera s'il y a lieu d'ouvrir aux fins de nettoyage, ou non. Le passage dans le tuyau doit donc avoir eu lieu avant, et l'avis de son confrère éclairé par les lumières du tuyau doit lui être parvenu avant.

Le jeudi 8 au soir, submergé par l'angoisse, après avoir longuement tergiversé, il décroche le téléphone  et appelle le grand manitou sur son portable, pour en avoir le coeur net. Il est onze heures du soir. Il le trouve chez lui, peut-être au pieu. Pas content, le grand manitou, qui lui signifie sèchement que, si tout le monde en faisait autant, vous comprenez que ça deviendrait invivable. Il s'excuse platement. L'autre lui a tout de même indiqué que, son tuyau, il s'en occupe. Le lendemain, aux heures ouvrables, il rappelle le grand manitou pour renouveler ses excuses ; l'autre lui confirme que, du tuyau, il s'occupe.

De fait, ce samedi, il reçoit le mail libérateur. L'angoisse se dissipe instantanément, comme nuée d'orage.Ben, tu vois qu'on ne t'avait pas tout-à-fait oublié. Va donc l'aider à sortir de son lit, à rejoindre son fauteuil, à lui préparer son repas. Il n'est que temps.

Il revoit ce vieux dans sa chaise roulante, que le grand manitou s'apprêtait à pousser jusqu'à la radio. Ben, qu'est-ce que vous attendez, pignait le vieux, qu'est-ce que vous attendez pour m'y emmener, à la radio ? Il s'était dit, l'entendant hurler, que tout de même, il n'en était pas là. Ben si, il en est là.

Il a deux ans. C'est un petit garçon aimant et très sage. Il paraît qu'il aimait beaucoup chanter, devant un public acquis d'avance à son talent. Un jour, il déclare tout de go, sans prévenir, qu'il ne chantera plus. Malgré son jeune âge, sa mère l'envoyait régulièrement dans le village acheter du pain, le journal. Maintenant, il refuse obstinément d'y aller.

Le secret de ces revirements n'était pas bien malaisé à percer : une petite soeur était née, et le petit garçon, jusque là le petit roi de la maison, était jaloux. Sa mère était sans doute la mieux placée pour le comprendre, surtout qu'elle était institutrice, et même directrice d'école. Mais Françoise Dolto n'avait pas encore expliqué aux mères ces choses-là, et puis la maman du petit garçon était fort occupée. Elle n'avait pas de temps à perdre. Elle a donc résolu, pour briser la résistance de son fils, de recourir à la manière forte, selon une méthode digne de la rue Lauriston : il est vrai qu'on était en 1942. Elle a donc rempli d'eau bien froide une grande bassine, celle qui servait aux lessives, elle a soulevé son petit garçon par les pieds, la tête en bas, et elle l'a descendu doucement, jusqu'à ce que le bout de son nez effleure l'eau froide.

Le petit garçon est terrifié. Il croit que sa maman chérie va le noyer, il croit que sa maman chérie veut le tuer. Du coup, lui, il veut bien tout ce qu'elle voudra.

Car cette mère tortionnaire, cette mère imbécile, il l'adore. Il  continuera de l'adorer longtemps, même après ça. Mais dès lors une malédiction s'est installée en lui : l'adoration se double d'une défiance glacée. Quand on a au fond de soi ce noeud de vipères, cela ne vous prépare pas à éviter de trop voyantes contradictions dans les relations amoureuses ou amicales qu'on aura plus tard.

Le grand manitou  et son confrère (celui de Marseille) ne sont pas sa mère. Ils ne l'ont pas mis au monde. Mais ils lui ont sauvé la vie ; ils l'ont rendu à la vie ; ils lui ont fait ce cadeau royal de sept  (bientôt huit) années de vie. C'est pourquoi, à eux deux, ainsi qu'à tous les membres de leurs équipes qui l'ont aidé à se maintenir à flot, il se sent une reconnaissance sans réserve. Il les aime, sans réserve. Du moins le croit-il. Car cette reconnaissance qui ressemble à de l'amour, au fond de lui s'entrelace à une défiance glacée.

On passe sa vie à oublier à quel point on dépend des autres. à quel point on ne saurait exister sans les autres. Ce sont les autres qui, à chaque instant, et de mille et une manières, vous maintiennent à la surface du flot de la vie.

C'est ainsi que, depuis le premier jour de leur rencontre, elle n'a cessé, à chaque instant, de l'aider à vivre, d'illuminer  sa vie de sa présence d'ange de Roublev. Et quand, voici sept ans, la question de la survie s'est posée pour lui, elle a toujours été près de lui, affairée à aplanir les difficultés du quotidien.

Mais c'est maintenant son tour à elle. Cela s'appelle les séquelles d'un AVC. C'est le langage massacré. C'est la marche hésitante, presque impossible sans le secours d'une main, ou du déambulateur. Ce sont les mille et une difficultés du quotidien.

Il est devenu ce qu'on appelle un aidant, presque vingt quatre heures sur vingt quatre. Ce n'est pas une corvée, c'est une  joie-souffrance de tous les instants. Il est près d'elle ; il rit avec elle ; ils sont ensemble ; ils sont heureux.

C'est ainsi qu'il cède à l'appel d'une vocation que, jadis (ou naguère ?) l'ignorance, le peu de sensibilité, le manque d'imagination d'une mère avait failli faire taire en lui, pour toujours. Mais cette  vocation-là était peut-être, en lui, plus forte que tout.


( Posté par : L'aidé-aidant, avatar eugènique (parfois) contradictoire

lundi 7 août 2017

Du Galibier à l'Izoard à biclou (6)

Ah, la belle descente sur l'Argentière-la-Bessée ! C'est là qu'il est prudent de solliciter les freins du biclou. Quelle belle petite ville ! Et puis, c'est qu'on voit de loin l'entrée de la vallée du Fournel, qui sera notre prochain détour. Très resserrée d'abord, dans les parages des anciennes mines d'argent, exploitées depuis les Romains, puis s'élargissant confortablement, elle nous conduit ( à biclou, mais oui) loin à l'intérieur des montagnes, jusqu'à l'Ourmance, paradis du chardon bleu. Ensuite, c'est la haute vallée. Vues magnifiques sur les crêtes de Dormillouse. Le GR 541, qui l' emprunte, nous conduirait jusqu'au Pas de la Cavale, dans les parages du Sirac (voir chapitre précédent). Balade sans grande difficulté, un peu monotone peut-être. Sur la droite on peut monter (à biclou, mais il faudra forcer sur les pédales) au col de la Pousterle, qui ouvre sur les alpages de Puy-Saint-Vincent. Beau parcours forestier, surtout dans les hauts. Belles balades à partir du col.

Vallon du Fournel

Près du col de la Pousterle. Au fond, le Pelvoux

Retour à l'Argentière. Nous voilà à nouveau sur la RN94, plein pot vers Mont Dauphin. Mais qu'aperçois-je, à droite ? L'entrée de la vallée de Freissinières, que nous remonterons ( à biclou ! à biclou ! ) jsqu'au pied du plus charmant hameau des Hautes-Alpes : Dormillouse.

Dormillouse (1726 m)

Au-dessus de Dormillouse, on atteindra sans peine les lacs Palluel (2472 m) et Faravel (2386 m).

Lac Palluel

Lac Faravel
Beaucoup plus longue, par contre, sera, vers l'Ouest, la montée au col de Freissinières (2782 m), d'où l'on peut atteindre le lac des Estaris et Orcières-Merlettes.

Du col de Freissinières vers l'Est. Merci Geol.Alp
Mais il est plus que temps de rejoindre notre RN 94 !

(La suite au prochain numéro)

Posté par : Le bicloutier impénitent, avatar eugènique cycoltouristico-pédestre

mercredi 2 août 2017

Du Galibier à l'Izoard à biclou (5)

1461 --


C'est dit ! Mettant ma roue dans les roues des géants du Tour 2017, me voici, quittant Briançon pour l'Izoard (par le chemin des écoliers). Je fonce dans la descente, longeant la zone commerciale implantée à la sortie de la ville. Mais voici qu'à gauche, un panneau m'intrigue : Villar-Saint-Pancrace. Qu'est-ce ? En tout état de cause, un nom aussi attrayant mérite un (petit) détour.

A la sortie de Villar-Saint-Pancrace, la montée forestière jusqu'aux chalets des Ayes est trop attrayante pour qu'on lui résiste. Puis on remonte le vallon jusqu'au lac ( 1927 m) qui occupe le fond du vallon, sous les chalets de l'Alp. Arrivé là, il faut laisser le biclou pour un circuit qui, par la forêt, puis dans l'alpage, nous hissera jusqu'au col des Ayes (2477m), sur une crête qui nous conduirait, si nous la suivions jusqu'au col ... d'Izoard ! A vol  d'oiseau, il est à moins de 4 km. Du col des Ayes, un sentier descend d'ailleurs dans le vallon de Brunissard. Je commence à m'interroger sérieusement sur la compétence des gens qui ont tracé le parcours de l'étape du Tour !

En tout cas, au col des Ayes, la vue est superbe, vers l'O/N/O et vers l'E/S/E. Les photos suivantes en donnent une idée.

Vue vers l'O/N/O. Au loin pointent les aiguilles d'Arve

Vue vers l'Est. En bas, le vallon de Brunissard. A l'horizon, Viso (à gauche) et Tête des Toillies (à droite)

Et quelle est donc cette montagne imposante qui domine l'horizon de l'Est ? Le mont Viso, bien sûr.

Zoom sur le Viso, depuis le col des Ayes

Mais il est temps de retrouver l'itinéraire des champions, et nous rebicloutons, tous fanions au vent, dans la descente sur Villar Saint-Pancrace.

Nous revoilà sur la belle RN 94, que nous descendons allègrement, jsqu'à ce que se découvrent à nous, à l'Ouest cette fois, les perspectives d'une vallée profondément enfoncée dans les montagnes. Le nom des Vigneaux, première localité  traversée, nous suggère l'existence de vignobles. Existent-ils encore ? Allons voir ça. De grands panneaux nous indiquent que nous entrons en Vallouise. Ma jolie Vallouise... Ah ah ah ! Voilà qui me rappelle une chanson des années ... 80 ?

Bon, on ne va pas trop s'attarder, mais trois itinéraires au moins nous paraissent s'imposer. Le premier, classique, nous conduit, par Pelvoux et le pré de Madame Carle (où nous laisserons le biclou), au refuge du Glacier Blanc (2542 m).


Au départ d'Ailefroide, une belle et facile balade aussi, vers le refuge du Sélé, que je n'ai pas atteint, faute de temps, m'arrêtant au pied de la barre sur laquelle il est perché.

Dans le vallon de Celse Nière, vers le refuge du Sélé

 Après ça, et comme il faut songer à se limiter tout de même, comme dirait le Dom Juan de Molière, nous remonterons sur notre biclou pour grimpet jusqu'au parking du sentier de l'Eychauda. C'est dans un pierrier, au-dessus du lac (2514 m), que je ramassai un bloc de schiste noir finement lamellé par le métamorphisme, et qui, depuis, orne, solitaire, un coin de mon jardin. Je lui accorde un regard chaque fois qu'il me tombe un oeil. Ingratitude !


 Le sentier à gauche de la photo ci-dessus monte au col des Grangettes (2684 m). Dans la montée et au col, belles vues sur le glacier de Séguret-Foran, diverticule du glacier des Agneaux.

Au col des Grangettes

Du col des Grangettes,  descente possible (raide) vers le Monêtier. Mais  ça nous retarderait vraiment, et il est plus que temps de retrouver le biclou pour descendre (à fond de train) jusqu'à la route de Briançon à Guillestre, où nous retrouverons les traces de nos champions !

Additum - Dans Le Monde du13 août, nouvelle carte postale de Mara Goyet . Elle y médite sur les toponymes de la région, le nom de l'Eychauda notamment. Gouleyant et chantant à dire, en effet, ce nom, pour peu qu'on le prononce comme devaient (et doivent encore) le dire les bergers du secteur. Sur son étymologie, j'ai bien ma petite idée mais mon hypothèse me paraît contredite par l'altitude des lieux et par le fait que le lac est alimenté par les eaux de fonte du glacier qui le surplombe. A moins qu'il ne faille  y discerner une intention ironique. Dormillouse, évoqué aussi par Mara (des Bois ? ), est aussi un bien beau nom, qu'on retrouve en plusieurs endroits des Hautes Alpes (voir un billet futur).

Mais, foutre cul ! -- j'allais en oublier une incontournable quatrième, qui, de Vallouise, parcourt une longue vallée jusqu'aux chalets d'Entre-les-Aigues, où nous laisserons le biclou, pour monter résolument plein Sud au col de l'Aup Martin (2761 m). De là au pas de la Cavale, il n'y a qu'un ... pas. Cela nous permettrait de descendre dans le vallon de Champoléon, et alors, à nous le Sirac etc ! Mais ça nous rallongerait vraiment et, quant à récupérer le biclou, autant en racheter un à Gap, ce serait plus vite fait.

Col de l'Aup Martin

J'allais oublier que d'Entre-les-Aygues, on peut aussi atteindre le refuge des Bans, mais ça suffit comme ça. Allez, au trot, et que ça saute (sur les cailloux), direction l'Argentière-la-Bessée !

Au fait, l'Argentière, d'accord, mais la Bessée ? Quid de la Bessée ? Il doit bien exister des ouvrages bien informés sur les toponymes de la région.



( la suite au prochain numéro )

Posté par : le Bicloutier nostalgique, avatar eugènique pédo-cyclo-touristique

lundi 31 juillet 2017

Du Galibier à l'Izoard à biclou (4)

1459  --

Dans le chapitre précédent, j'ai oublié de signaler qu'on pouvait rejoindre le col de Granon à Briançon par des crêtes fort avenantes (Croix de la Cime, Grande Peyrolle, Serre des Aigles), à pied mais pas à biclou, ce qui obligerait à retourner récupérer le biclou à Chantemerle. Mieux vaut donc découvrir cet itinéraire à partir de Briançon.

La crête Serre des Aigles/Grande Peyrolle
Tout impatients que nous sommes de mettre nos roues dans les roues des champions du Tour, il serait impardonnable de ne pas profiter de l'étape de Briançon pour découvrir quelques merveilles du Briançonnais. A commencer par la longue vallée de la Clarée, qui se remonte à biclou au moins jusqu'au refuge des Drayères (2167 m). J'en suis encore à me demander pourquoi la vallée de la Durance ne s'appelle pas vallée de la Clarée jusqu'au Rhône, ce qui seait bien plus joli. En effet, à leur confluent, le débit de la Clarée est bien plus important que celui de la Durance, qui n'est encore qu'un torrent. Est-ce  parce que la Clarée se jette dans la Durance par la droite, alors que la Durance va tout droit ? Mais, plus au Sud, c'est le Guil qui va tout droit et la Durance qui tourne à droite. L'argument ne me semble donc pas recevable. Cette toponymie doit être un héritage des tribus gauloises qui occupaient le coinsteau.

Virons donc à gauche, sur le chemin de Montgenèvre (nous y reviendrons), pour nous engager résolument dans la belle Clarée. Négligeant  quelques merveilles, dont la montée au col de l'Echelle, qui nous entraînerait à la découverte de la Vallée Etroite et des abords du Thabor (faut quand même pas abuser des petits détours), nous nous arrêterons, peu avant Névache, au lieudit le Cros où, laissant le biclou à la garde des vaches au pont sur la Clarée, nous remonterons le GR 57 jusqu'au col de l'Oule, en passant le long du grand lac de l'Oule. Fort  belle balade,  variée, sans difficulté.

grand lac de l'Oule

Allez, encore trois, et on redescend. Bivouac possible près du pont sur la Clarée. Puis on remonte la vallée bien au-delà de Névache pour atteindre les hauts vallons de la rivière, au replat qui porte le refuge de la Fruitière. Là, trois balades nous attendent. Commençons par la plus évidente : celle qui nous mène aux sources de la Clarée et au col des Rochilles (2456 m), en longeant l'enfilade des trois lacs. On pourra gagner du temps en remontant la piste à biclou jusqu'à la hauteur du refuge des Drayères.

Le Lac Rond et le seuil des Rochilles

Au col des Rochilles s'ouvrent à nous deux chemins vers la vallée de la Guisane, l'un par le col et le lac des Cerces vers le Casset, l'autre par la route et le col du Galibier. mais nous connaissons déjà, et puis, il faudrait venir récupérer le biclou, ce ne serait pas une mince affaire. Redescendons plutôt sagement au refuge de la fruitière où nous attendent deux autres balades.

L'une, vers le Sud/Ouest, jusqu'au col du Chardonnet par le lac du même nom. Au col (2638 m), vue imprenable sur la Guisane, les Ecrins et le massif de la Meije.

En montant au col du Chardonnet
La Barre des Ecrins depuis le col du Chardonnet

L'autre, vers le Nord/Ouest, jusqu'au Pic du Lac Blanc (2980 m) par les lacs Laramon et du Serpent. De la diversité. Vues imprenables sur le Lac Blanc, la Vallée Etroite et le Thabor.

Au lac du Serpent
Au pic du Lac Blanc
Allez on redescend à fond de train, direction Briançon. Mais, arrivé au confluent de la Clarée et de la Durance, quel dilemme ! On ne va tout de même pas faire semblant d'ignorer quelques merveilles des environs de Montgenèvre. Allez, c'est dite, on n'en garde que deux. D'abord, la montée au Chaberton, d'où, jadis, les canons italiens menaçaient Briançon.

Au Chaberton (3153 m)
L'autre vers le sommet du Chenaillet, pour y admirer ses célèbres basaltes en coussins ( pillow lavas ), reliques de la ride océanique, sur laquelle nous posons nos petons, rêvant au bon vieux temps ( ça doit tout de même remonter au Jurassique Inférieur, voire au Trias) où elle était en pleine activité au beau milieu ( ou à peu près) de l'océan Téthys, dont la fermeture, beaucoup plus tard, a initié la surrection des Alpes. Sur ces questions, consulter le blog très expert de Christian Nicollet ou le site Geol-Alp de Maurice Gidon.
Les ophiolites du Chenaillet
Signalons que, du Chenaillet par Cervières, le col d'Izoard n'est qu'à deux (enfin, quelques) pas. Mais il est dit que nous suivrons jusqu'au bout le chemin des écoliers emprunté par le Tour de France -- en nous autorisant quelques détours. Il est temps de revenir à Briançon !


Posté par : Le Bicloutier nostalgique, avatar eugènique cyclotouristico-pédestre

vendredi 28 juillet 2017

Du Galibier à l'Izoard à biclou (3)

1458 --


Je suppose que notre bicloutier aura trouvé sans difficulté gîte et couvert au Monetier ou à Chantemerle. De Chantemerle, au petit matin, il s'engagera bravement sur les pentes du col de Granon, au Nord. Sans doute aurait-il intérêt à équiper le biclou d'un moteur électrique, car le parcours est long et la pente raide. Arrivé au col, il aura tout loisir de se reposer en bivouaquant sur les pentes gazonnées qui entourent le col. Belles vues dans toutes les directions, notamment sur les montagnes au-delà de la Clarée. Du col de Granon, deux chemins (au moins) permettent de gagner cette admirable vallée, mais ce serait, pour l'instant, allonger par trop notre trajet.

Additum (14 août) -  Une balade au col du Granon a récemment inspiré à Mara Goyet une carte postale publiée dans Le Monde du 10 août.

Au col de Granon (2404 m)


De retour à Chantemerle, le lendemain (ou le surlendemain), le bicloutier fatigué pourra se contenter d'emprunter le téléphérique du col  de Serre-Chevalier. De la table d'orientation, vue panoramique sur les collines environnantes. Retour à pied ou à biclou par de longs lacets sur les pentes faciles, dans un environnement semi-forestier.


Le  lendemain, nous gagnerons pépère Briançon la Belle, qui mérite au moins quarante-huit heures de séjour. aux  admirables fortifs vaubanesques, je préfère pour ma part la belle collégiale baroque Notre-Dame-et-Saint-Nicolas, si harmonieuse et paisible, que jouxte au surplus une esplanade avec belle vue.



( Posté par : le bicloutier nostalgique, avatar eugènique cyclotouristique)

mercredi 26 juillet 2017

Du Galibier à l'Izoard à biclou (2)

1457 -


Dans les derniers virages de la descente du Galibier, on prendra soin de ralentir progressivement pour ne pas risquer de se foutre la margoulette au ravin et pour stopper pile poil devant l'entrée ( à droite ) du jardin alpin, qui mérite bien une visite ( à pied ) agréable et instructive. Puis, arrivée sur l'esplanade du Lautaret, sur laquelle on parquera à nouveau le biclou.

Il va de soi que, dans les sacoches ou les porte-bagages du biclou, auront été stockés un sac à dos de bonnes dimensions, une  paire de croquenauds et chaussettes adéquates. Car c'est au Lautaret que s'offre à nous la première escapade : la montée au col de Laurichard (2654 m).


Meije, Pavé, Pic Gaspard, vus du col de Laurichard


Revenu du col de Laurichard, tournant résolument le dos aux séductions de la descente vers la Grave et, pourquoi pas, de la Bérarde (mais cela nous éloignerait par trop de notre itinéraire), on réenfourchera le biclou pour descendre cette route vers Briançon, rendue célèbre par tant d'exploits bicyclistes. Mais, la descente devenant rapidement monotone, on quittera la route principale pour rejoindre, à droite, le hameau du Lauzet, puis les ruines de la Boussarde, d'où, laissant le biclou à la garde des marmottes (s'il y en a), on s'acheminera jusqu'au lac de Combeynot, dominé par les crêtes du même nom.

Lac de Combeynot (2556 m)
Redescendu au Lauzet, on pourrait se faire la montée (vers le Nord) au Grand Lac ( 2382 m), aux lacs de la Ponsonnière ou de Crouzecrocs, mais ça ferait un peu trop de lacs coup sur coup. nous réenfourcherons donc notre biclou pour rejoindre le hameau du Casset, où nous attend une des classiques de la randonnée dans le parc national des Ecrins : la montée au col d'Arsine (2340 m).

Passons donc résolument le pont sur la Guisane. Remontant plein Sud une pente agréablement ombragée, nous voilà  bientôt en vue de la langue terminale du glacier suspendu du Casset, diverticule du glacier des Agneaux. Du moins, j'espère qu'on la voit encore, car mes souvenirs remontent à quelques années, et l'on sait que le réchauffement climatique fait des siennes dans ce secteur déjà méridional des Alpes françaises. Puis, à l'aplomb du glacier, le sentier oblique vers l'Ouest pour rejoindre le col d'Arsine. Beau panama sur le versant Nord de la montagne des Agneaux. La grande attraction du col d'Arsine, c'est, un peu au-dessus du col, le glacier d'Arsine, que j'ai vu cependant reculer d'à peu près deux cents mètres en une dizaine d'années. Qu'en est-il aujourd'hui ?


Dans la montée du col d'Arsine


C'est au col d'Arsine, dont la pelouse est parsemée de gros blocs rocheux, que je fis, une fin d'après-midi, une rencontre bien charmante. Debout près d'un de ces blocs, j'aperçus à quelque distance, sautillant vivement de bloc en bloc, une bestiole que je pris d'abord pour un oiseau. La bestiole me repéra et, manifestement, décida d'aller voir de plus près ce gros bestiau qui s'invitait sur son territoire. Mais en y mettant la prudence nécessaire, ce qui l'amena à passer de rocher en rocher, mais, de préférence, par-dessous. jusqu'au moment où je vis apparaître, à cinquante centimètres de la pointe de mes croquenauds une créature que je n'avais jamais rencontrée :  des oreilles en choux-fleurs et des yeux énormes, écarquillés, qui me fixaient avec une curiosité teintée d'étonnement. Nous nous toisâmes un moment puis, bêtement, je gloussai, et elle disparut sous le rocher. Plus tard, j'appris que j'avais rencontré une genette.



Du  col d'Arsine, on pourrait basculer vers le refuge de l'Alpe de Villard-d'Arène et, de là, monter voir Adèle (Planchard), mais cela nous éloignerait par trop de notre itinéraire. Retournons donc sagement vers le Casset, où, réenfourchant notre biclou, nous reprendrons la route de Briançon, le long de laquelle ce serait bien le diable, si, évitant le plein été, nous ne trouvions pas une chambre d'hôtel au Monetier ou à Serre-Chevalier.

( la suite au prochain numéro)

Posté par : le Bicloutier nostalgique, avatar eugènique cyclotouristique

lundi 24 juillet 2017

Du Galibier à l'Izoard à biclou (1)

1456 -


On le sait bien : pour aller de Briançon au col d'Izoard, jeudi dernier, les coureurs du Tour de France ont suivi un long parcours ( près de 180 km ). En fait, à vol d'oiseau, Briançon ne doit être éloigné de l'Izoard que d'une vingtaine de kilomètres, au plus. Pour une étape en ligne, c'est mesquin ; on pourrait envisager un contre-la-montre, mais ce serait avantager abusivement les grimpeurs.  Donc le Tour a suivi un splendide chemin des écoliers : de Briançon à Embrun, en suivant la Durance, laissant au passage Guillestre et les toutes proches gorges du Guil ; puis d'Embrun à l'entrée de l'Ubaye, le long du lac de Serre-Ponçon ; puis  les coureurs ont remonté l'Ubaye jusqu'aux premières pentes du col de Vars, laissant à droite la route qui permet d'atteindre Maurin et la haute Ubaye. Puis ils ont dévalé les pentes de Vars jusqu'à Guillestre, avant de s'engager dans les gorges du Guil ;  à la Maison du Roy, laissant à droite la route de Ceillac, ils ont suivi le Guil avant de l'abandonner pour aller rejoindre le carrefour du col d'Izoard, laissant à  droite la route d'accès à Château-Queyras, Aiguilles, Abriès, Molines, Saint-Véran ; puis, traversant Arvieux et Brunissard, ils ont remonté les célèbres pentes jusqu'au col.

Cette année, la chaîne Antenne 2 a engagé, pour commenter les paysages de France traversés par le tour, une personne fort bien informée ( un écrivain, je crois ), qui nous a fourni, de façon très agréable, d'abondantes informations sur les villes, localités, monuments proches du parcours, et que de superbes prises du vue (aériennes notamment) nous permettaient d'admirer.

On ne peut pas tout dire, certes, dans un  temps limité, mais il m'a semblé que notre commentateur n'avait guère évoqué que les sites les plus proches du parcours, oubliant de nous suggérer  quelques unes des nombreuses occasions de nous éloigner, généralement à pied, de la route suivie par les coureurs, entre des haies de spectateurs nombreux ; on atteint ainsi, dans la solitude le plus souvent, des cols et des crêtes dont l'altitude ne le cède en rien à celle de l'Izoard ; le panorama non plus.

C'est pourquoi je proposerais de reformater cette étape, en la faisant démarrer du col du Galibier, car la vallée de la Guisane peut être considérée comme faisant partie du Briançonnais. Au lieu d'une étape Briançon-Col d'Izoard, on aura une étape Galibier -Izoard, ce qui est plus en accord avec les moments forts de ce Tour 2017 dans sa traversée du département des Hautes-Alpes et d'une partie des lpes de Haute-Provence.

L'étape sera parcourue en biclou.

Qu'est-ce que le biclou ? A l'époque lointaine (pas si lointaine) de ma jeunesse, le biclou, dans les magasins de vélos, portait le nom de "cyclotouriste". C'était un mixte du vélo de course et du vélo de courses. Du premier, il tenait son guidon, son dérailleur à double plateau, son porte-bidon ; du  second lui venait sa solidité, ses peuneus renforcés, ses garde-boue et son porte-bagages. Costaud mais pesant. En tout cas, à biclou, on pouvait se programmer des randonnées au long cours, emportant sur le porte-bagages la tente, le sac de couchage, et dans les sacoches (avant et arrière) le nécessaire quotidien (popote, pharmacie de secours, trousse de toilette, etc.).

J'ai parcouru à biclou, de ma bonne ville du Mans jusqu'en Bretagne et en Vendée quelques  bonnes centaines  de kilomètres, avant de l'abandonner lâchement pour le scooter (Vespa).

Il me semble qu'aujourd'hui, sur les routes de France, le biclou se fait rare. Le VTT l'a tuer. Pour peu que vous en rencontriez un, il y a toutes chances pour que celui ou celle qui pédale vienne de Nouvelle-Zélande ou d'Australie.

C'est ainsi, en tout cas que, chargés de tout le nécessaire, nous descendrons la route qui mène du Galibier au Lautaret, notre première halte. Prudemment : la pente est forte, les virages secs et le ravin profond.

La suite au prochain numéro.


( Posté par : Le Bicloutier nostalgique , avatar eugènique cyclotouriste )




dimanche 23 juillet 2017

Daech à nos portes !

1455 -

Hier  à matin, passant devant le stade, rencontré deux jeunes rebeus en petit short flottant et chaussures à pointes, assis  sur les marches du parvis.

" -- Tu t'es préparé pour les Califes ? ", demandait l'un à l'autre.

Quels Califes, que je me suis demandé aussitôt, in pouetto. Ceux de Rakka ou ceux de Mossoul ?

" -- Je suis califié d'office ", a répondu l'autre.

Ali Babar, que je me dis.  Un caloufiat du Califat  !

On pense bien que je me suis précipité à la plus proche gendarmerie pour rapporter ces propos subversifs.

Pour tout commentaire du préposé, j'ai eu droit à un rire gras.

Incalifiable ! Et la protection des citoyens, on y pense ?

jeudi 20 juillet 2017

Dans la montée de l'Izoard

1454 -


La télévision a ce mérite de vous servir à chaud de ces choses vues qui vous réconcilieraient avec le sport cycliste sur route en dépit de toutes ces nauséeuses histoires de dopage. Cet après-midi, c'était, dans les derniers kilomètres de la montée vers le col d'Izoard, un gros con caricatural obèse, agitant je ne sais quel drapeau, braillant et gigotant dans tous les sens, la bedaine tressautant de façon obscène, qui tentait d'accompagner le coureur de tête, au risque de lui faire perdre l'équilibre à tout instant. Heureusement, il finit par accuser un retard de quelques longueurs. Survint alors un motard de la gendarmerie, parfaitement en équilibre sur sa rutilante machine, qui, remontant à la hauteur de l'hurluberlu, te lui  refila une méga-bourrade qui envoya dinguer l'ectoplasme tête première dans le fossé, assez profond, où il disparut. J'espère qu'il s'y fit très mal.

Posté par : le Petit supporter ( de la police montée ) intermittent

mardi 18 juillet 2017

Deux macarons gratinés

1453 -


Gratiné, notre nouveau président. Fortement soupçonné de s’être gobergé à tout va à Las Vegas aux frais du contribuable. C’est le même qui, ses quinze ans à peine révolus, s’envoyait en-l’air avec sa prof de lettres. Toujours le même qui proclame que « la France » est coupable de la rafle du Vel’d’Hiv’. « Des Français », cela eût largement suffi, mais notre président se soucie peu de ces misérables nuances. C’est toujours le même qui s’épanche coup sur coup en mamours indécentes avec deux des chefs d’Etat les plus réacs de la planète, Trump et Netanyahou. Quant à son outrageusement botoxée moitié, a-t-elle oublié que le détournement de mineur par personne ayant autorité, cela existe dans notre Code Pénal ? Je sais bien qu’il doit y avoir prescription, mais tout de même. Sans compter que la mémère a fait toute sa carrière dans l'enseignement confessionnel.  En tout cas, nos pédophiles et assimilés, dans l'Eglise et ailleurs, pourront toujours désormais se prévaloir de l’exemple présidentiel. 

Ah, décidément oui, gratinés, les deux  macarons ! Lançons l’alerte !

lundi 10 juillet 2017

L'exception vrounnzaise

1452 -


Je ne sais si cela répond au souci de s’aligner sur une macronesque consigne, mais la chaîne Antenne 2 semble s’être spécialisée dans les rituels de glorification de notre noble identité nationale. L’effet Simone Weil étant retombé, c’est le Tour de France qui a pris le relais. Ce ne sont qu’éloges dithyrambiques des paysages français, des routes françaises, des vélos français (?) et même des coureurs français. Il n’est pas jusqu’aux présentatrices météo qui ajoutent leur grain, annexant à nos titres de gloire LE climat français : il nous appartient, au même titre que la Tour Eiffel ! Une certaine Chloé N'a-rien-dedans, particulièrement gratinée dans son genre, nous a ainsi annoncé triomphalement l’autre jour : « Vos températures vont remonter ! » NOS températures ? Jusqu’alors, je croyais que la seule qui m’appartenait, c’était ma température anale, et encore ; en plus, je la préfère à 37°5 qu’à 38°5. Vive nos incomparables spécificités vrounnzaises !

Additum -

Chloé N'a-rien-dedans semble à jamais brouillée avec la pluie, le vent, la fraîcheur. Elle ne commence à exulter que lorsque les températures s'annoncent  caniculaires, "bonne nouvelle" qu'elle nous annonce de son insupportable voix de cruche prépubère n'ayant pas (du tout) inventé la poudre. C'est aussi le cas de ses collègues Anaïs Basse-de-mire et Valérie Bourriche. A croire que, pour ce trio d'andouilles, à partir du mois de juin jusqu'à fin septembre, le seul Français qui compte, c'est le citadin en vacances à la plage. Que les forêts se mettent à flamber un peu partout en France et en  Europe, que les algues envahissent le littoral breton ( entre autres effets dévastateurs de l'élévation des températures ), cela ne semble pas de nature à les conduire à une compréhension un peu moins simpliste des effets sur les populations des divers phénomènes météorologiques et climatiques. Aujourd'hui encore, la Chloé, annonçant quelques nuages sur le massif alpin, croyait bon de commenter : " Mais rassurez-vous, rien de bien méchant ". Oh qu'y sont méchants, les vilains nuages ! Mieux vaut en rire ... La pauvre Chloé semble incapable de concevoir qu'une élévation prolongée des  températures au-dessus des normales saisonnières en été ne signifie pas du tout la même chose pour un Parigot en mal de bronzette à Trou-du-cul_de- la plage, pour un producteur de melons du  Sud-Ouest, pour un habitant d'un village du Var en zone forestière, pour le pensionnaire d'une maison de retraite, etc.

Additum 2 -

Entendu ce soir au journal d'Antenne 2 Chloé tenir des propos tout-à-fait sensés et pertinents sur le réchauffement climatique et ses conséquences. J'en conclus qu'elle peut, si elle veut, nous épargner ces réflexions niguedouilles sur les températures et les nuages qu'elle nous sert très régulièrement dans ses bulletins météo. Alors Chloé, et vous, qu'est-ce que vous attendez ?


Rédigé par : le Petit météorologue, avatar eugènique saisonnier

De fait, celle-là, elle est vraiment comme la lune


samedi 8 juillet 2017

A con fesse (1)

1451 -


Athée endurci, je me figurais que j'irais jusqu'au bout comme cela. C'était sans compter sur les arguments d'un vieux pieux ami qui m'ont convaincu. J'ai été touché par la grâce. Alleluia ! J'ai changé. Depuis peu j’en conviens, mais définitivement. Du moins, je l’espère.  Je ne suis plus qui je fût (de Gevrey-Chambertin comme on disait hier sur le Tour).
Comme tout néo con verti, je dois livrer une con fession en bonne et due forme. Mon impiété remontant à l'enfance, la mienne prendra la forme de séquences, dont voici la première.
Celui que je fût (de Chambolle-Musigny) (pour mon malheur), ce premier souvenir  le dira déjà. C’était il y a quelques lustres. Ma femme et moi visitions Saint-Pierre de Rome, en compagnie de notre fille cadette, âgée de huit ans. Huit ans, mais surdouée. Admiratrice inconditionnelle de Raymond Queneau, dont elle venait de terminer  Zazie dans le métro , avec un enthousiasme que les procès bien connus d’identification expliquent. Le nez levé, nous contemplions la célèbre fresque de Michel Ange où Dieu le père caresse le doigt d’un Adam reconnaissant. J’en étais à me demander pourquoi de semblables représentations ne sont jamais proposées à la contemplation des fidèles à hauteur d’homme, ou au-dessous de la ceinture. J’étais arrivé à la conclusion qu’un tel choix empêche les âmes tourmentées (par les sataniques tentations) de cracher dessus, ou de faire pipi dessus, ou pire. Dans le cas de la fresque de Michel Ange, vous pouvez essayer de cracher dessus, mais ça vous retombe immanquablement sur le nez, vade retro.

J’en étais là de mes réflexions lorsque, prenant conscience de leur caractère quelque peu impie en pareil lieu, je m’avisai de demander à ma fille :  » Ma chérie, que penses-tu de cette représentation de Dieu, notre Père à tous ?  »  » — Dieu le Père mon cul, il m’intéresse pas du tout, cet enflé, avec sa barbe à la con.  » me répondit-elle, placidement, mais assez fort pour être entendue d’une nonne qui passait par là :  » Petite gourgandine voyouze blasphématrice, qu’elle lui intime, retire ces impies(pi) propos, et fissa ! — Dites donc, la mère, que je lui rétorque, et la liberté des opinions, quoi vous en faites ? — De couaille de couaille, qu’elle me fait, les opinions libres, encore un coup de ce Martin Luther King. Tu pinceras ce qu’on te dira de pincer, et basta ! — Eh, la vieille, que lui balance ma cadette, tu parles pas comme ça à mon papa !  » Et elle lui refile un coup de tatane dans le tibia. — Aouche, foutue szalope !, que fait l’autre, en serbo-croate (car elle était serbo-croate). Je passe sur les détails. Il fallut les Suisses pour séparer les pugilistes.

La législation de l’époque n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui, en tout cas dans les Etats de l’Eglise. On nous retira la garde de notre enfant chérie, pour pratiques éducatives immorales. Elle fut placée dans un couvent spécialisé dans la réhabilitation des enfants maltraités. Avec le recul, je trouve que ce ne fut pas plus mal car, question pédophilie, je me pose un peu là.

Quelques temps plus tard, ma fille fut menacée d'être traduite devant un conseil disciplinaire , non parce qu’elle était devenue la maîtresse de la mère supérieure (situation excessivement banale à l’époque) , mais pour actes de zoophilie sur un bouc, un pittbull et un siamois recueillis au couvent par charité. Elle n'eut que le temps de brûler la politesse à la portière qui s'esclama : " La goçamilébou ! "

Quand je pense à tout ce passé sulfureux ( pour ne pas dire sulfurique), une honte incommensurable me submerge.

La suite au prochain accès de repentance.


Posté par : Raymond Q. Cétidupoulé , avatar eugènique pistachier

dimanche 2 juillet 2017

Au revoir, Simone ! Une béatification laïco-médiatique

1450 -

Le déluge d'hommages médiatiques engendré par l'annonce du décès de Simone Veil m'a d'abord inspiré cette rafale de blagues rageuses et douteuses. Sur la fin ,je reviens à plus de sérieux. N'empêche qu'un peu plus de mesure dans l'hommage n'eût rien enlevé à la sincérité. Avons-nous donc tant besoin de pseudo-saintes laïques ?


A 89 balais, la VIEILle vient de casser sa pipe.
On va quand même pas nous en chier toute une pendule.
Mais si, mais si, c'est bien parti pour ça.

*
Eh bien, j'y vais de ma pendulette, moi zaussi. On ne dira pas que l'événement m'aura laissé indifférent.

*
C'est sûr que la mère Veil aura grandement oeuvré pour le progrès.
N'empêche que, question innovations, à l'IVG je préférerai toujours le TGV.

*
C'est vrai qu'elle a inventé aussi le BCG. Grosse innovation, le BCG.
Et la CSG aussi, c'est elle ! Grosse avancée sur le terrain social, la CSG.
A propos d'avancée, n'étale donc pas tes nichons sur la table, Simone !

*
C'est  sûr que le TGV a été une grosse avancée technologique, mais de là à cloquer la Simone au Panthéon ...
*
Allez, en voiture, Simone !
-- Quelle voiture ?
-- La voiture balai. Celle qui porte le dossard 89.

*
Vendredi : à l'annonce que la vieillarde (dont personne ne se souciait plus depuis des lustres) a tiré sa révérence, emballement médiatique sans précédent, émotion générale, rétrospectives, célébration quasi religieuse de la défunte. C'est à croire que, dans le reste du monde, il ne se passe rien.
Samedi : personne n'en parle plus. Dans la rue, je croise une connaissance et lui dis : " Vous savez que Simone Veil est morte ? -- Qui ça ? ". J'allume la télé, il n'est question que du Tour de France. C'est à croire que, dans le reste du monde, il ne se passe rien. La Simone elle aussi est passée à la trappe. Je suis un peu scandalisé. Décidément, dans ce pays, les occasions de communion nationale ne font pas long feu.
Et pourtant, la Simone, pour les gens de ma génération du moins, quelle référence ! quel flambeau à l'horizon de nos doutes ! C'est en lisant La Condition ouvrière que j'ai pu vérifier la justesse des analyses de Maurice Thorez. Les élans mystouiques de La Pesanteur et la grâce m'ont subjugué. Et  pour combien d'entre nous Mémoires d'une jeune fille rangée et Le Deuxième sexe sont des livres de chevet ? Sans oublier la carrière d'actrice de Simone :  Casque d'orL'Armée des ombresLe Chat  (où elle et Gabin nous offrirent un duo de vieux schnocks inoubliables), quels chefs-d'oeuvre !
Ah là là ... Adieu, Simone, et merci pour tout.

*
-- Simone Veil est morte.
-- Ah ... l'auteur de Mémoires d'une jeune fille rangée...
-- Non. Celle-là, c'est Simone de Beauvoir.
-- Vous avez raison. Simone Veil, c'est celle qui joue dans  Casque d'or .
-- Non. Elle, c'est Simone Signoret.
-- Ah... bon. Ah oui : c'est celle qui a écrit : La Pesanteur et la grâce  !
-- Non. Elle, c'est Simone Veil mais avec un W.
-- J'y suis ! C'est  celle qui a fait le TGV !
-- Non. Elle, c'est l'IVG.
-- Bof ... TGV ...IVG..., c'est synagogue...

*
Blagues moisies à part, la loi Neuwirth sur la contraception, la loi Veil sur l'IVG, c'était hier, et nous savons que les héritiers de ceux qui, à l'époque, s'opposèrent avec tant de rage et de haine, n'hésitant pas à la couvrir d'intolérables injures, à celle qui présentait cette loi libératrice n'ont pas désarmé. Le battage médiatique qui a suivi l'annonce de sa mort m'a fortement agacé, je l'avoue. Pourtant, il avait au moins la vertu de nous rappeler que le combat pour la liberté des femmes et pour leur égalité avec les hommes continue, même dans nos contrées relativement avancées sur ce terrain. Honneur donc à celle qui, naguère, le mena avec une exemplaire intransigeance.

*
Au fait, Veil, Weil, Beauvoir, Signoret : elles sont, à peu de choses près, de la même génération, ces femmes libres et courageuses, exemplaires à tant d'égards. Honneur à elles !
*
A matin, rencontré dans la rue une dame de ma connaissance. " Chère amie, que je lui dis, ôtez-moi d'un doute : cette Simone Veil dont on parle tant, c'est bien elle qui a lancé le TGV ? ". Elle me regarde, quelque peu interloquée, puis, réfléchissant, sourcils froncés : "Voyons, voyons ... le TGV , dites-vous...".
J'ai subitement compris que je ferais mieux de garder pour moi mes blagues à deux sous.

*
Un quart d'heures plus tard, dégustant mon allongé à ma terrasse habituelle, je découvre la Une du Monde . Photo surdimensionnée de Simone. En dessous (je n'invente pas), le titre suivant : " Transports / Malgré la mise en service de deux nouvelles lignes, le TGV s'essouffle ".
Damned ! Heureusement qu'elle est  morte juste à temps pour ne pas avoir à lire ça !

*

Sur le site de la République des livres, un contributeur se fend de ce commentaire particulièrement naïf ou niais (les deux sans doute) :

" Simone Veil mérite bien le Panthéon, non pas tant pour sa loi que comme représentante du Judaïsme, partie intégrante du génie français ".

On aimerait savoir en quoi consiste au juste le judaïsme de l'intéressée, en dehors du fait qu'elle est née Juive. A ma connaissance, pas plus que ses parents, elle ne pratiquait la religion de ses ancêtres. En quoi précisément le judaïsme de l'intéressée est-il partie intégrante du "génie français", entité problématique dont la recette est sans doute aussi introuvable que la pierre philosophale ? L'auteur de cette déclaration ronflante et creuse serait sans doute bien en peine de fournir une réponse précise et pertinente.

Que faut-il admirer au juste en Simone Veil ? Sûrement pas d'avoir eu la chance d'être revenue vivante des camps de la mort, à la différence des membres de sa famille qui y périrent. D'en être revenue vivante ne mérite aucunement notre admiration mais  toute la compassion dont nous sommes capables. En revanche, avoir su mobiliser toutes les ressources qui lui permirent de surmonter pareil traumatisme, cela mérite notre admiration. Beaucoup de rescapés des camps n'y parvinrent pas.

Quant à la loi sur l'IVG (1975), les éloges dithyrambiques de l'ancienne ministre de la santé de Giscard dont les médias nous ont abreuvés finiraient par nous faire oublier que, comme la loi Neuwirth sur la contraception (1967), cette loi répondait au souci de nos gouvernants de l'époque de rattraper le retard de la législation française sur les pays européens les plus avancés en la matière. Rappelons-nous que, dans les années 60, en France, une femme ne pouvait avorter que de deux façons, recourir aux services d'une faiseuse d'anges avec tous les risques que cela comportait, ou aller se faire opérer dans un pays européen qui autorisait la contraception (la Grande-Bretagne par exemple), à condition d'en avoir les moyens. Avant son entrée au gouvernement Chirac, Simone Veil ne fut pas, à ma connaissance, une militante féministe luttant pour le droit des femmes à la contraception et à l'avortement. Ce combat est à porter presque entièrement au crédit d' associations telles que le Planning familial. Cela n'enlève rien au courage et à la lucidité de Simone Veil dans son action pour faire adopter sa loi mais il ne faudrait tout de même pas faire d'elle la pasionaria féministe qu'elle ne fut pas ni la militante obstinée d'un combat qu'elle ne rejoignit, en 1975, que parce que Giscard et Chirac en avaient décidé ainsi. Ses positions en la matière furent celles, modérées, de la femme politique du centre droit qu'elle était.  Rappelons que, des années plus tard, elle participa à une manifestation de la Manif pour tous contre le mariage homosexuel.

De ce coup d'éclat de 1975, elle sut ensuite retirer brillamment les dividendes au long d'une carrière de notable de haut vol fort classique ( Conseil constitutionnel, présidente de l'Assemblée Européenne, Académie Française ). Je ne vois pas trop ce qu'il convient d'admirer là-dedans.

Elle a eu le mérite fort louable d'oeuvrer pour la pérennité de la mémoire de la Shoah.

Les personnalités de l'envergure de Simone Veil méritent autre chose qu'une admiration béate, approximativement fondée, autre chose qu'une espèce de canonisation hâtive engagée sous le coup d'une émotion largement convenue. Ce dont nous avons besoin, c'est de savoir qui furent précisément ceux dont nous pensons qu'ils ont quelque titre à notre reconnaissance.



Posté par : La Blague (moisie) à papa  , avatar eugènique subi

vendredi 30 juin 2017

L'effet tapis volant

" A son âge, que pouvait-il bien désirer sinon des surprises et des histoires bien racontées ? ... "

Quand j'ai lu ça, j'ai cru qu'il s'agissait de moi et, d'ailleurs, il s'agit bien de moi (entre autres) puisque le personnage dont il s'agit est assimilé ici aux hommes qui ont à peu près le même âge que lui, ce qui est mon cas.

Cette remarque m'a rappelé une réflexion de je ne sais plus qui à propos du roman, dont l'inépuisable succès serait dû à l'irrépressible besoin des humains qu'on leur raconte des histoires. Cette addiction remonte, bien sûr, à l'enfance. Ainsi nous annonce-t-on pour la rentrée 581 nouveaux romans.

Mais tous ces romans sauront-ils capter et retenir l'attention de leurs lecteurs ? Car encore faut-il que les histoires, comme le note ici l'auteur de celui-ci, soient bien racontées.

L'homme dont il est question ici s'appelle Benjamin Franklin. Tout le monde croit connaître Benjamin Franklin  mais que savons-nous au juste de lui,  sinon qu'il fut l'inventeur du paratonnerre ? Quelques uns se souviennent qu'il fut un des principaux rédacteurs de la Déclaration d'Indépendance américaine. Moins nombreux sans doute encore sont ceux qui savent qu'il fut l'ambassadeur en France du nouvel Etat pendant près de onze ans.

Ce qui m'a émerveillé, lorsque j'ai lu les toutes premières pages de ce roman, c'est que j'ai été magiquement transporté, en un instant, sans aucun effort, sur le tapis volant de l'imaginaire, auprès de ce vieil homme, tourmenté par ses rhumatismes, attendant, comme chaque jour, que soit introduite auprès de lui la cohorte de ses solliciteurs, dont Richard, son secrétaire, lui présente la liste. J'étais là, visiteur silencieux, immobile, attentif. Tout cela existait si fort pour moi, allongé sur mon lit et dégustant les premiers centilitres de ma potion magique, que, positivement enthousiaste, je n'ai pu me retenir de lire à l'occupant du lit voisin le début de ce récit si bien raconté.

Ce qu'on appelle, de façon quelque peu pédante et scolaire, un incipit, est un moment stratégique de la narration : c'est là que le romancier capte ou non l'intérêt de son lecteur. Captatio benevolentiae, disaient les anciens rhéteurs. Et là, ma bienveillance a été acquise en un tournemain.

Je me suis interrogé sur les moyens de cette réussite. J'ai trouvé le naturel. La simplicité. L'art de faire voir avec une remarquable économie de moyens. Un savoir sans doute  plus considérable que le texte ne le laisse paraître, tant ce savoir est intelligemment et discrètement mais efficacement utilisé. Et puis, pour nous rendre tout proche ce personnage pourtant si prestigieux, un don évident d'empathie. Pour faire exister Benjamin Franklin, il faut devenir soi-même Benjamin Franklin, et plus qu'un peu.

Et puis cet art assez merveilleux, presque insaisissable, que Pascal appelait l'art de placer la balle. Ici, la balle m'a paru être bien placée à chaque phrase, à chaque mot.

Me voilà prêt pour lire la suite !

Jean-Christophe Rufin , Le tour du monde du roi Zibeline    ( NRF Gallimard )

dimanche 25 juin 2017

Il y a pasionaria et pasionaria

Sur son blog, Un  si proche Orient, Jean-Pierre Filiu publie un article discutable et discuté intitulé Le vrai visage des libérateurs de Rakka. On y apprend que les combattantes kurdes du FDS, fer de lance de l'opération lancée pour la reprise de la ville, adoptent volontiers des surnoms comme "Rosa Luxembourg" et "Clara Zetkin". Filiu trouve ces références fâcheusement décalées par rapport  au conservatisme social dominant, selon lui, chez les habitants de Rakka.

Quant à moi, je trouve de tels choix fort sympathiques et je pense qu'ils en impliquent à coup sûr d'autres, notamment en ce qui concerne le style de vie. En dehors de ces combattantes kurdes, elles ne doivent pas être bien nombreuses au Proche Orient, les femmes qui se réclament de tels patronages. Il est vrai que, chez nous, elles doivent être assez rares aussi.

De son côté, dans un article du Monde du 25 juin, Didier Leschi épingle cette déclaration de la dénommée Houria Bouteldja, militante du Parti des indigènes de la République :

" J'appartiens à ma famille, à mon clan, à ma race, à l'Algérie, à l'Islam ".

Mais ni à la France ni à l'Europe, où cette dame vit pourtant depuis des années.

Appartenir à sa famille, passe encore. Mais à son clan ! Quelle horreur ! Et à sa race ! Laquelle au juste ?

Et puis, quelle est donc cette rage d'appartenir ? Entre les militantes kurdes du FDS et cette Houria Bouteldja, on voit bien dans quels coeurs palpite l'amour de la liberté.

Il y a pasionarias et pasionaria. Entre les premières et la seconde, mon choix est fait.



jeudi 22 juin 2017

De l'islamisme radical à l'athéisme militant

1447 -


Apparemment, les responsables de l'E.I. encore vivants n'ont pas fourni d'explication plausible à leur décision de dynamiter le minaret de la grande mosquée de Mossoul. S'attaquer ainsi à l'un des plus prestigieux et des plus anciens édifices du monde musulman peut paraître aberrant, venant de gens qui se présentent comme les plus ardents défenseurs d'Allah.


Il est certain que la destruction de la mosquée de Mossoul est un acte éminemment symbolique et tout aussi éminemment ambigu. Il est clair, en tout cas, que la décision a été prise dans le but de frapper les esprits à la veille de la fin du ramadan. L'organe de propagande de l'E.I. a bien prétendu que la mosquée avait été détruite par un raid américain, mais personne n'y a cru, sauf, peut-être, une poignée d'inconditionnels, et les auteurs de cette fausse nouvelle ne s'attendaient sans doute pas à être crus. Peut-être même ne le souhaitaient-ils pas.

Quoi qu'il en soit, il y a, dans cet acte aux résonances tragiques et désespérées, une logique, et dieu sait si l'implacable logique des djihadistes du califat est un de leurs traits les plus remarquables.

Il faut donc tenter de comprendre cette logique.

Première explication qui me vient à l'esprit : ceux qui se présentent comme les seuls authentiques représentants de la vraie foi refusent que des gens qui, à leurs yeux, sont de mauvais ou médiocres musulmans (la plupart des habitants de Mossoul), des hérétiques (les chiites), des infidèles ou des athées aient accès, après la défaite totale de l'E.I à Mossoul, à un édifice où leur calife autoproclamé fit sa première (et seule) apparition publique. Une telle souillure est intolérable à leurs yeux. Aux yeux des djihadistes, leur défaite sonne le glas de l'Islam authentique à Mossoul. Cette ville impie ne mérite pas sa mosquée.

Deuxième explication :  il s'agit d'un geste suicidaire. Le plus éminent édifice musulman de Mossoul doit disparaître avec les derniers authentiques défenseurs d'Allah, dans un dernier épisode apocalyptique façon crépuscule des dieux. Cette explication est très proche de la précédente.

Troisième explication : si les plus authentiques serviteurs d'Allah ont été vaincus, c'est qu'Allah ne les a pas soutenus, et même qu'il les a froidement laissés tomber. A ce refus de les soutenir, deux explications possibles. La première est que ce sont eux qui se sont trompés dans leur lecture de l'Islam. Leur salafisme radical n'est pas la bonne voie et Allah le leur signifie, en refusant de les soutenir. Mais dans ce cas, dira-t-on, pourquoi détruire la mosquée ? Cela ne fait qu'aggraver leur cas, alors qu'il était si simple de se tourner vers une autre façon de pratiquer les préceptes du Coran, celle des soufistes par exemple. Mais qu'Allah ne soutienne pas leur lecture intégriste du Coran, la seule admissible aux yeux de ces soldats du califat, cela est proprement impensable. D'où leur immense colère, qui, logiquement, ne peut que se retourner contre Allah lui-même, qui les a abandonnés à leur sort. En abattant le minaret qui proclamait que cette ville était sienne, c'est Lui qu'on veut abattre.  Dès lors, une seule explication de cette défection d'Allah leur (à certains d'entre eux tout au moins) paraît tenir la route. Si Allah ne veut ou ne sait pas les soutenir, c'est que, selon toute probabilité et conformément à la logique, il n'existe pas. Détruisons donc l'édifice qui, à Mossoul, est le plus remarquable instrument de perpétuation d'une imposture qui, enfin, nous saute aux yeux. Il n'est jamais trop tard pour se convertir à la vérité. La prochaine étape pourrait être de faire péter la Kaaba un jour de pélé.

Si mon interprétation ( à savoir qu'il faut détruire le monument le plus symbolique de l'imposture islamique à Mossoul, en attendant le tour de la Kaaba ), alors ne nous étonnons pas si, dans un proche avenir, le dernier carré des survivants de l'E.I. se mue en une association de propagateurs décidés de l'athéisme. Par des voies plus pacifiques, on l'espère, que celles qui prévalurent aux temps anciens de certaines démocraties populaires aujourd'hui défuntes.

" Ecr. l'Inf. " : c'est ainsi que Voltaire, sur la fin de sa vie, signait ses missives à l'intention de quelques intimes. Mais,  en visant l'Eglise catholique, il se trompait de cible. L'infâme, c'est le fanatisme, de quelque masque particulier qu'il couvre son visage. Puisse la destruction du minaret de Mossoul donner le signal d'une conversion des derniers soldats de l'E.I. aux voies de la douceur. C'est la grâce qu'on leur souhaite.


Posté par : le petit herméneute débutant, avatar eugènique enculeur de moucharabieh

Ce minaret vous avait tout de même une foutue allure de pénis en érection.  Je comprends que nos prudes djihadistes aient décidé d'abattre cette obscénité.