jeudi 22 juin 2017

De l'islamisme radical à l'athéisme militant

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Apparemment, les responsables de l'E.I. encore vivants n'ont pas fourni d'explication plausible à leur décision de dynamiter le minaret de la grande mosquée de Mossoul. S'attaquer ainsi à l'un des plus prestigieux et des plus anciens édifices du monde musulman peut paraître aberrant, venant de gens qui se présentent comme les plus ardents défenseurs d'Allah.


Il est certain que la destruction de la mosquée de Mossoul est un acte éminemment symbolique et tout aussi éminemment ambigu. Il est clair, en tout cas, que la décision a été prise dans le but de frapper les esprits à la veille de la fin du ramadan. L'organe de propagande de l'E.I. a bien prétendu que la mosquée avait été détruite par un raid américain, mais personne n'y a cru, sauf, peut-être, une poignée d'inconditionnels, et les auteurs de cette fausse nouvelle ne s'attendaient sans doute pas à être crus. Peut-être même ne le souhaitaient-ils pas.

Quoi qu'il en soit, il y a, dans cet acte aux résonances tragiques et désespérées, une logique, et dieu sait si l'implacable logique des djihadistes du califat est un de leurs traits les plus remarquables.

Il faut donc tenter de comprendre cette logique.

Première explication qui me vient à l'esprit : ceux qui se présentent comme les seuls authentiques représentants de la vraie foi refusent que des gens qui, à leurs yeux, sont de mauvais ou médiocres musulmans (la plupart des habitants de Mossoul), des hérétiques (les chiites), des infidèles ou des athées aient accès, après la défaite totale de l'E.I à Mossoul, à un édifice où leur calife autoproclamé fit sa première (et seule) apparition publique. Une telle souillure est intolérable à leurs yeux. Aux yeux des djihadistes, leur défaite sonne le glas de l'Islam authentique à Mossoul. Cette ville impie ne mérite pas sa mosquée.

Deuxième explication :  il s'agit d'un geste suicidaire. Le plus éminent édifice musulman de Mossoul doit disparaître avec les derniers authentiques défenseurs d'Allah, dans un dernier épisode apocalyptique façon crépuscule des dieux. Cette explication est très proche de la précédente.

Troisième explication : si les plus authentiques serviteurs d'Allah ont été vaincus, c'est qu'Allah ne les a pas soutenus, et même qu'il les a froidement laissés tomber. A ce refus de les soutenir, deux explications possibles. La première est que ce sont eux qui se sont trompés dans leur lecture de l'Islam. Leur salafisme radical n'est pas la bonne voie et Allah le leur signifie, en refusant de les soutenir. Mais dans ce cas, dira-t-on, pourquoi détruire la mosquée ? Cela ne fait qu'aggraver leur cas, alors qu'il était si simple de se tourner vers une autre façon de pratiquer les préceptes du Coran, celle des soufistes par exemple. Mais qu'Allah ne soutienne pas leur lecture intégriste du Coran, la seule admissible aux yeux de ces soldats du califat, cela est proprement impensable. D'où leur immense colère, qui, logiquement, ne peut que se retourner contre Allah lui-même, qui les a abandonnés à leur sort. En abattant le minaret qui proclamait que cette ville était sienne, c'est Lui qu'on veut abattre.  Dès lors, une seule explication de cette défection d'Allah leur (à certains d'entre eux tout au moins) paraît tenir la route. Si Allah ne veut ou ne sait pas les soutenir, c'est que, selon toute probabilité et conformément à la logique, il n'existe pas. Détruisons donc l'édifice qui, à Mossoul, est le plus remarquable instrument de perpétuation d'une imposture qui, enfin, nous saute aux yeux. Il n'est jamais trop tard pour se convertir à la vérité. La prochaine étape pourrait être de faire péter la Kaaba un jour de pélé.

Si mon interprétation ( à savoir qu'il faut détruire le monument le plus symbolique de l'imposture islamique à Mossoul, en attendant le tour de la Kaaba ), alors ne nous étonnons pas si, dans un proche avenir, le dernier carré des survivants de l'E.I. se mue en une association de propagateurs décidés de l'athéisme. Par des voies plus pacifiques, on l'espère, que celles qui prévalurent aux temps anciens de certaines démocraties populaires aujourd'hui défuntes.

" Ecr. l'Inf. " : c'est ainsi que Voltaire, sur la fin de sa vie, signait ses missives à l'intention de quelques intimes. Mais,  en visant l'Eglise catholique, il se trompait de cible. L'infâme, c'est le fanatisme, de quelque masque particulier qu'il couvre son visage. Puisse la destruction du minaret de Mossoul donner le signal d'une conversion des derniers soldats de l'E.I. aux voies de la douceur. C'est la grâce qu'on leur souhaite.


Posté par : le petit herméneute débutant, avatar eugènique enculeur de moucharabieh

Ce minaret vous avait tout de même une foutue allure de pénis en érection.  Je comprends que nos prudes djihadistes aient décidé d'abattre cette obscénité.

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