lundi 31 juillet 2017

Du Galibier à l'Izoard à biclou (4)

1459  --

Dans le chapitre précédent, j'ai oublié de signaler qu'on pouvait rejoindre le col de Granon à Briançon par des crêtes fort avenantes (Croix de la Cime, Grande Peyrolle, Serre des Aigles), à pied mais pas à biclou, ce qui obligerait à retourner récupérer le biclou à Chantemerle. Mieux vaut donc découvrir cet itinéraire à partir de Briançon.

La crête Serre des Aigles/Grande Peyrolle
Tout impatients que nous sommes de mettre nos roues dans les roues des champions du Tour, il serait impardonnable de ne pas profiter de l'étape de Briançon pour découvrir quelques merveilles du Briançonnais. A commencer par la longue vallée de la Clarée, qui se remonte à biclou au moins jusqu'au refuge des Drayères (2167 m). J'en suis encore à me demander pourquoi la vallée de la Durance ne s'appelle pas vallée de la Clarée jusqu'au Rhône, ce qui seait bien plus joli. En effet, à leur confluent, le débit de la Clarée est bien plus important que celui de la Durance, qui n'est encore qu'un torrent. Est-ce  parce que la Clarée se jette dans la Durance par la droite, alors que la Durance va tout droit ? Mais, plus au Sud, c'est le Guil qui va tout droit et la Durance qui tourne à droite. L'argument ne me semble donc pas recevable. Cette toponymie doit être un héritage des tribus gauloises qui occupaient le coinsteau.

Virons donc à gauche, sur le chemin de Montgenèvre (nous y reviendrons), pour nous engager résolument dans la belle Clarée. Négligeant  quelques merveilles, dont la montée au col de l'Echelle, qui nous entraînerait à la découverte de la Vallée Etroite et des abords du Thabor (faut quand même pas abuser des petits détours), nous nous arrêterons, peu avant Névache, au lieudit le Cros où, laissant le biclou à la garde des vaches au pont sur la Clarée, nous remonterons le GR 57 jusqu'au col de l'Oule, en passant le long du grand lac de l'Oule. Fort  belle balade,  variée, sans difficulté.

grand lac de l'Oule

Allez, encore trois, et on redescend. Bivouac possible près du pont sur la Clarée. Puis on remonte la vallée bien au-delà de Névache pour atteindre les hauts vallons de la rivière, au replat qui porte le refuge de la Fruitière. Là, trois balades nous attendent. Commençons par la plus évidente : celle qui nous mène aux sources de la Clarée et au col des Rochilles (2456 m), en longeant l'enfilade des trois lacs. On pourra gagner du temps en remontant la piste à biclou jusqu'à la hauteur du refuge des Drayères.

Le Lac Rond et le seuil des Rochilles

Au col des Rochilles s'ouvrent à nous deux chemins vers la vallée de la Guisane, l'un par le col et le lac des Cerces vers le Casset, l'autre par la route et le col du Galibier. mais nous connaissons déjà, et puis, il faudrait venir récupérer le biclou, ce ne serait pas une mince affaire. Redescendons plutôt sagement au refuge de la fruitière où nous attendent deux autres balades.

L'une, vers le Sud/Ouest, jusqu'au col du Chardonnet par le lac du même nom. Au col (2638 m), vue imprenable sur la Guisane, les Ecrins et le massif de la Meije.

En montant au col du Chardonnet
La Barre des Ecrins depuis le col du Chardonnet

L'autre, vers le Nord/Ouest, jusqu'au Pic du Lac Blanc (2980 m) par les lacs Laramon et du Serpent. De la diversité. Vues imprenables sur le Lac Blanc, la Vallée Etroite et le Thabor.

Au lac du Serpent
Au pic du Lac Blanc
Allez on redescend à fond de train, direction Briançon. Mais, arrivé au confluent de la Clarée et de la Durance, quel dilemme ! On ne va tout de même pas faire semblant d'ignorer quelques merveilles des environs de Montgenèvre. Allez, c'est dite, on n'en garde que deux. D'abord, la montée au Chaberton, d'où, jadis, les canons italiens menaçaient Briançon.

Au Chaberton (3153 m)
L'autre vers le sommet du Chenaillet, pour y admirer ses célèbres basaltes en coussins ( pillow lavas ), reliques de la ride océanique, sur laquelle nous posons nos petons, rêvant au bon vieux temps ( ça doit tout de même remonter au Jurassique Inférieur, voire au Trias) où elle était en pleine activité au beau milieu ( ou à peu près) de l'océan Téthys, dont la fermeture, beaucoup plus tard, a initié la surrection des Alpes. Sur ces questions, consulter le blog très expert de Christian Nicollet ou le site Geol-Alp de Maurice Gidon.
Les ophiolites du Chenaillet
Signalons que, du Chenaillet par Cervières, le col d'Izoard n'est qu'à deux (enfin, quelques) pas. Mais il est dit que nous suivrons jusqu'au bout le chemin des écoliers emprunté par le Tour de France -- en nous autorisant quelques détours. Il est temps de revenir à Briançon !


Posté par : Le Bicloutier nostalgique, avatar eugènique cyclotouristico-pédestre

vendredi 28 juillet 2017

Du Galibier à l'Izoard à biclou (3)

1458 --


Je suppose que notre bicloutier aura trouvé sans difficulté gîte et couvert au Monetier ou à Chantemerle. De Chantemerle, au petit matin, il s'engagera bravement sur les pentes du col de Granon, au Nord. Sans doute aurait-il intérêt à équiper le biclou d'un moteur électrique, car le parcours est long et la pente raide. Arrivé au col, il aura tout loisir de se reposer en bivouaquant sur les pentes gazonnées qui entourent le col. Belles vues dans toutes les directions, notamment sur les montagnes au-delà de la Clarée. Du col de Granon, deux chemins (au moins) permettent de gagner cette admirable vallée, mais ce serait, pour l'instant, allonger par trop notre trajet.

Additum (14 août) -  Une balade au col du Granon a récemment inspiré à Mara Goyet une carte postale publiée dans Le Monde du 10 août.

Au col de Granon (2404 m)


De retour à Chantemerle, le lendemain (ou le surlendemain), le bicloutier fatigué pourra se contenter d'emprunter le téléphérique du col  de Serre-Chevalier. De la table d'orientation, vue panoramique sur les collines environnantes. Retour à pied ou à biclou par de longs lacets sur les pentes faciles, dans un environnement semi-forestier.


Le  lendemain, nous gagnerons pépère Briançon la Belle, qui mérite au moins quarante-huit heures de séjour. aux  admirables fortifs vaubanesques, je préfère pour ma part la belle collégiale baroque Notre-Dame-et-Saint-Nicolas, si harmonieuse et paisible, que jouxte au surplus une esplanade avec belle vue.



( Posté par : le bicloutier nostalgique, avatar eugènique cyclotouristique)

mercredi 26 juillet 2017

Du Galibier à l'Izoard à biclou (2)

1457 -


Dans les derniers virages de la descente du Galibier, on prendra soin de ralentir progressivement pour ne pas risquer de se foutre la margoulette au ravin et pour stopper pile poil devant l'entrée ( à droite ) du jardin alpin, qui mérite bien une visite ( à pied ) agréable et instructive. Puis, arrivée sur l'esplanade du Lautaret, sur laquelle on parquera à nouveau le biclou.

Il va de soi que, dans les sacoches ou les porte-bagages du biclou, auront été stockés un sac à dos de bonnes dimensions, une  paire de croquenauds et chaussettes adéquates. Car c'est au Lautaret que s'offre à nous la première escapade : la montée au col de Laurichard (2654 m).


Meije, Pavé, Pic Gaspard, vus du col de Laurichard


Revenu du col de Laurichard, tournant résolument le dos aux séductions de la descente vers la Grave et, pourquoi pas, de la Bérarde (mais cela nous éloignerait par trop de notre itinéraire), on réenfourchera le biclou pour descendre cette route vers Briançon, rendue célèbre par tant d'exploits bicyclistes. Mais, la descente devenant rapidement monotone, on quittera la route principale pour rejoindre, à droite, le hameau du Lauzet, puis les ruines de la Boussarde, d'où, laissant le biclou à la garde des marmottes (s'il y en a), on s'acheminera jusqu'au lac de Combeynot, dominé par les crêtes du même nom.

Lac de Combeynot (2556 m)
Redescendu au Lauzet, on pourrait se faire la montée (vers le Nord) au Grand Lac ( 2382 m), aux lacs de la Ponsonnière ou de Crouzecrocs, mais ça ferait un peu trop de lacs coup sur coup. nous réenfourcherons donc notre biclou pour rejoindre le hameau du Casset, où nous attend une des classiques de la randonnée dans le parc national des Ecrins : la montée au col d'Arsine (2340 m).

Passons donc résolument le pont sur la Guisane. Remontant plein Sud une pente agréablement ombragée, nous voilà  bientôt en vue de la langue terminale du glacier suspendu du Casset, diverticule du glacier des Agneaux. Du moins, j'espère qu'on la voit encore, car mes souvenirs remontent à quelques années, et l'on sait que le réchauffement climatique fait des siennes dans ce secteur déjà méridional des Alpes françaises. Puis, à l'aplomb du glacier, le sentier oblique vers l'Ouest pour rejoindre le col d'Arsine. Beau panama sur le versant Nord de la montagne des Agneaux. La grande attraction du col d'Arsine, c'est, un peu au-dessus du col, le glacier d'Arsine, que j'ai vu cependant reculer d'à peu près deux cents mètres en une dizaine d'années. Qu'en est-il aujourd'hui ?


Dans la montée du col d'Arsine


C'est au col d'Arsine, dont la pelouse est parsemée de gros blocs rocheux, que je fis, une fin d'après-midi, une rencontre bien charmante. Debout près d'un de ces blocs, j'aperçus à quelque distance, sautillant vivement de bloc en bloc, une bestiole que je pris d'abord pour un oiseau. La bestiole me repéra et, manifestement, décida d'aller voir de plus près ce gros bestiau qui s'invitait sur son territoire. Mais en y mettant la prudence nécessaire, ce qui l'amena à passer de rocher en rocher, mais, de préférence, par-dessous. jusqu'au moment où je vis apparaître, à cinquante centimètres de la pointe de mes croquenauds une créature que je n'avais jamais rencontrée :  des oreilles en choux-fleurs et des yeux énormes, écarquillés, qui me fixaient avec une curiosité teintée d'étonnement. Nous nous toisâmes un moment puis, bêtement, je gloussai, et elle disparut sous le rocher. Plus tard, j'appris que j'avais rencontré une genette.



Du  col d'Arsine, on pourrait basculer vers le refuge de l'Alpe de Villard-d'Arène et, de là, monter voir Adèle (Planchard), mais cela nous éloignerait par trop de notre itinéraire. Retournons donc sagement vers le Casset, où, réenfourchant notre biclou, nous reprendrons la route de Briançon, le long de laquelle ce serait bien le diable, si, évitant le plein été, nous ne trouvions pas une chambre d'hôtel au Monetier ou à Serre-Chevalier.

( la suite au prochain numéro)

Posté par : le Bicloutier nostalgique, avatar eugènique cyclotouristique

lundi 24 juillet 2017

Du Galibier à l'Izoard à biclou (1)

1456 -


On le sait bien : pour aller de Briançon au col d'Izoard, jeudi dernier, les coureurs du Tour de France ont suivi un long parcours ( près de 180 km ). En fait, à vol d'oiseau, Briançon ne doit être éloigné de l'Izoard que d'une vingtaine de kilomètres, au plus. Pour une étape en ligne, c'est mesquin ; on pourrait envisager un contre-la-montre, mais ce serait avantager abusivement les grimpeurs.  Donc le Tour a suivi un splendide chemin des écoliers : de Briançon à Embrun, en suivant la Durance, laissant au passage Guillestre et les toutes proches gorges du Guil ; puis d'Embrun à l'entrée de l'Ubaye, le long du lac de Serre-Ponçon ; puis  les coureurs ont remonté l'Ubaye jusqu'aux premières pentes du col de Vars, laissant à droite la route qui permet d'atteindre Maurin et la haute Ubaye. Puis ils ont dévalé les pentes de Vars jusqu'à Guillestre, avant de s'engager dans les gorges du Guil ;  à la Maison du Roy, laissant à droite la route de Ceillac, ils ont suivi le Guil avant de l'abandonner pour aller rejoindre le carrefour du col d'Izoard, laissant à  droite la route d'accès à Château-Queyras, Aiguilles, Abriès, Molines, Saint-Véran ; puis, traversant Arvieux et Brunissard, ils ont remonté les célèbres pentes jusqu'au col.

Cette année, la chaîne Antenne 2 a engagé, pour commenter les paysages de France traversés par le tour, une personne fort bien informée ( un écrivain, je crois ), qui nous a fourni, de façon très agréable, d'abondantes informations sur les villes, localités, monuments proches du parcours, et que de superbes prises du vue (aériennes notamment) nous permettaient d'admirer.

On ne peut pas tout dire, certes, dans un  temps limité, mais il m'a semblé que notre commentateur n'avait guère évoqué que les sites les plus proches du parcours, oubliant de nous suggérer  quelques unes des nombreuses occasions de nous éloigner, généralement à pied, de la route suivie par les coureurs, entre des haies de spectateurs nombreux ; on atteint ainsi, dans la solitude le plus souvent, des cols et des crêtes dont l'altitude ne le cède en rien à celle de l'Izoard ; le panorama non plus.

C'est pourquoi je proposerais de reformater cette étape, en la faisant démarrer du col du Galibier, car la vallée de la Guisane peut être considérée comme faisant partie du Briançonnais. Au lieu d'une étape Briançon-Col d'Izoard, on aura une étape Galibier -Izoard, ce qui est plus en accord avec les moments forts de ce Tour 2017 dans sa traversée du département des Hautes-Alpes et d'une partie des lpes de Haute-Provence.

L'étape sera parcourue en biclou.

Qu'est-ce que le biclou ? A l'époque lointaine (pas si lointaine) de ma jeunesse, le biclou, dans les magasins de vélos, portait le nom de "cyclotouriste". C'était un mixte du vélo de course et du vélo de courses. Du premier, il tenait son guidon, son dérailleur à double plateau, son porte-bidon ; du  second lui venait sa solidité, ses peuneus renforcés, ses garde-boue et son porte-bagages. Costaud mais pesant. En tout cas, à biclou, on pouvait se programmer des randonnées au long cours, emportant sur le porte-bagages la tente, le sac de couchage, et dans les sacoches (avant et arrière) le nécessaire quotidien (popote, pharmacie de secours, trousse de toilette, etc.).

J'ai parcouru à biclou, de ma bonne ville du Mans jusqu'en Bretagne et en Vendée quelques  bonnes centaines  de kilomètres, avant de l'abandonner lâchement pour le scooter (Vespa).

Il me semble qu'aujourd'hui, sur les routes de France, le biclou se fait rare. Le VTT l'a tuer. Pour peu que vous en rencontriez un, il y a toutes chances pour que celui ou celle qui pédale vienne de Nouvelle-Zélande ou d'Australie.

C'est ainsi, en tout cas que, chargés de tout le nécessaire, nous descendrons la route qui mène du Galibier au Lautaret, notre première halte. Prudemment : la pente est forte, les virages secs et le ravin profond.

La suite au prochain numéro.


( Posté par : Le Bicloutier nostalgique , avatar eugènique cyclotouriste )




dimanche 23 juillet 2017

Daech à nos portes !

1455 -

Hier  à matin, passant devant le stade, rencontré deux jeunes rebeus en petit short flottant et chaussures à pointes, assis  sur les marches du parvis.

" -- Tu t'es préparé pour les Califes ? ", demandait l'un à l'autre.

Quels Califes, que je me suis demandé aussitôt, in pouetto. Ceux de Rakka ou ceux de Mossoul ?

" -- Je suis califié d'office ", a répondu l'autre.

Ali Babar, que je me dis.  Un caloufiat du Califat  !

On pense bien que je me suis précipité à la plus proche gendarmerie pour rapporter ces propos subversifs.

Pour tout commentaire du préposé, j'ai eu droit à un rire gras.

Incalifiable ! Et la protection des citoyens, on y pense ?

jeudi 20 juillet 2017

Dans la montée de l'Izoard

1454 -


La télévision a ce mérite de vous servir à chaud de ces choses vues qui vous réconcilieraient avec le sport cycliste sur route en dépit de toutes ces nauséeuses histoires de dopage. Cet après-midi, c'était, dans les derniers kilomètres de la montée vers le col d'Izoard, un gros con caricatural obèse, agitant je ne sais quel drapeau, braillant et gigotant dans tous les sens, la bedaine tressautant de façon obscène, qui tentait d'accompagner le coureur de tête, au risque de lui faire perdre l'équilibre à tout instant. Heureusement, il finit par accuser un retard de quelques longueurs. Survint alors un motard de la gendarmerie, parfaitement en équilibre sur sa rutilante machine, qui, remontant à la hauteur de l'hurluberlu, te lui  refila une méga-bourrade qui envoya dinguer l'ectoplasme tête première dans le fossé, assez profond, où il disparut. J'espère qu'il s'y fit très mal.

Posté par : le Petit supporter ( de la police montée ) intermittent

mardi 18 juillet 2017

Deux macarons gratinés

1453 -


Gratiné, notre nouveau président. Fortement soupçonné de s’être gobergé à tout va à Las Vegas aux frais du contribuable. C’est le même qui, ses quinze ans à peine révolus, s’envoyait en-l’air avec sa prof de lettres. Toujours le même qui proclame que « la France » est coupable de la rafle du Vel’d’Hiv’. « Des Français », cela eût largement suffi, mais notre président se soucie peu de ces misérables nuances. C’est toujours le même qui s’épanche coup sur coup en mamours indécentes avec deux des chefs d’Etat les plus réacs de la planète, Trump et Netanyahou. Quant à son outrageusement botoxée moitié, a-t-elle oublié que le détournement de mineur par personne ayant autorité, cela existe dans notre Code Pénal ? Je sais bien qu’il doit y avoir prescription, mais tout de même. Sans compter que la mémère a fait toute sa carrière dans l'enseignement confessionnel.  En tout cas, nos pédophiles et assimilés, dans l'Eglise et ailleurs, pourront toujours désormais se prévaloir de l’exemple présidentiel. 

Ah, décidément oui, gratinés, les deux  macarons ! Lançons l’alerte !

lundi 10 juillet 2017

L'exception vrounnzaise

1452 -


Je ne sais si cela répond au souci de s’aligner sur une macronesque consigne, mais la chaîne Antenne 2 semble s’être spécialisée dans les rituels de glorification de notre noble identité nationale. L’effet Simone Weil étant retombé, c’est le Tour de France qui a pris le relais. Ce ne sont qu’éloges dithyrambiques des paysages français, des routes françaises, des vélos français (?) et même des coureurs français. Il n’est pas jusqu’aux présentatrices météo qui ajoutent leur grain, annexant à nos titres de gloire LE climat français : il nous appartient, au même titre que la Tour Eiffel ! Une certaine Chloé N'a-rien-dedans, particulièrement gratinée dans son genre, nous a ainsi annoncé triomphalement l’autre jour : « Vos températures vont remonter ! » NOS températures ? Jusqu’alors, je croyais que la seule qui m’appartenait, c’était ma température anale, et encore ; en plus, je la préfère à 37°5 qu’à 38°5. Vive nos incomparables spécificités vrounnzaises !

Additum -

Chloé N'a-rien-dedans semble à jamais brouillée avec la pluie, le vent, la fraîcheur. Elle ne commence à exulter que lorsque les températures s'annoncent  caniculaires, "bonne nouvelle" qu'elle nous annonce de son insupportable voix de cruche prépubère n'ayant pas (du tout) inventé la poudre. C'est aussi le cas de ses collègues Anaïs Basse-de-mire et Valérie Bourriche. A croire que, pour ce trio d'andouilles, à partir du mois de juin jusqu'à fin septembre, le seul Français qui compte, c'est le citadin en vacances à la plage. Que les forêts se mettent à flamber un peu partout en France et en  Europe, que les algues envahissent le littoral breton ( entre autres effets dévastateurs de l'élévation des températures ), cela ne semble pas de nature à les conduire à une compréhension un peu moins simpliste des effets sur les populations des divers phénomènes météorologiques et climatiques. Aujourd'hui encore, la Chloé, annonçant quelques nuages sur le massif alpin, croyait bon de commenter : " Mais rassurez-vous, rien de bien méchant ". Oh qu'y sont méchants, les vilains nuages ! Mieux vaut en rire ... La pauvre Chloé semble incapable de concevoir qu'une élévation prolongée des  températures au-dessus des normales saisonnières en été ne signifie pas du tout la même chose pour un Parigot en mal de bronzette à Trou-du-cul_de- la plage, pour un producteur de melons du  Sud-Ouest, pour un habitant d'un village du Var en zone forestière, pour le pensionnaire d'une maison de retraite, etc.

Additum 2 -

Entendu ce soir au journal d'Antenne 2 Chloé tenir des propos tout-à-fait sensés et pertinents sur le réchauffement climatique et ses conséquences. J'en conclus qu'elle peut, si elle veut, nous épargner ces réflexions niguedouilles sur les températures et les nuages qu'elle nous sert très régulièrement dans ses bulletins météo. Alors Chloé, et vous, qu'est-ce que vous attendez ?


Rédigé par : le Petit météorologue, avatar eugènique saisonnier

De fait, celle-là, elle est vraiment comme la lune


samedi 8 juillet 2017

A con fesse (1)

1451 -


Athée endurci, je me figurais que j'irais jusqu'au bout comme cela. C'était sans compter sur les arguments d'un vieux pieux ami qui m'ont convaincu. J'ai été touché par la grâce. Alleluia ! J'ai changé. Depuis peu j’en conviens, mais définitivement. Du moins, je l’espère.  Je ne suis plus qui je fût (de Gevrey-Chambertin comme on disait hier sur le Tour).
Comme tout néo con verti, je dois livrer une con fession en bonne et due forme. Mon impiété remontant à l'enfance, la mienne prendra la forme de séquences, dont voici la première.
Celui que je fût (de Chambolle-Musigny) (pour mon malheur), ce premier souvenir  le dira déjà. C’était il y a quelques lustres. Ma femme et moi visitions Saint-Pierre de Rome, en compagnie de notre fille cadette, âgée de huit ans. Huit ans, mais surdouée. Admiratrice inconditionnelle de Raymond Queneau, dont elle venait de terminer  Zazie dans le métro , avec un enthousiasme que les procès bien connus d’identification expliquent. Le nez levé, nous contemplions la célèbre fresque de Michel Ange où Dieu le père caresse le doigt d’un Adam reconnaissant. J’en étais à me demander pourquoi de semblables représentations ne sont jamais proposées à la contemplation des fidèles à hauteur d’homme, ou au-dessous de la ceinture. J’étais arrivé à la conclusion qu’un tel choix empêche les âmes tourmentées (par les sataniques tentations) de cracher dessus, ou de faire pipi dessus, ou pire. Dans le cas de la fresque de Michel Ange, vous pouvez essayer de cracher dessus, mais ça vous retombe immanquablement sur le nez, vade retro.

J’en étais là de mes réflexions lorsque, prenant conscience de leur caractère quelque peu impie en pareil lieu, je m’avisai de demander à ma fille :  » Ma chérie, que penses-tu de cette représentation de Dieu, notre Père à tous ?  »  » — Dieu le Père mon cul, il m’intéresse pas du tout, cet enflé, avec sa barbe à la con.  » me répondit-elle, placidement, mais assez fort pour être entendue d’une nonne qui passait par là :  » Petite gourgandine voyouze blasphématrice, qu’elle lui intime, retire ces impies(pi) propos, et fissa ! — Dites donc, la mère, que je lui rétorque, et la liberté des opinions, quoi vous en faites ? — De couaille de couaille, qu’elle me fait, les opinions libres, encore un coup de ce Martin Luther King. Tu pinceras ce qu’on te dira de pincer, et basta ! — Eh, la vieille, que lui balance ma cadette, tu parles pas comme ça à mon papa !  » Et elle lui refile un coup de tatane dans le tibia. — Aouche, foutue szalope !, que fait l’autre, en serbo-croate (car elle était serbo-croate). Je passe sur les détails. Il fallut les Suisses pour séparer les pugilistes.

La législation de l’époque n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui, en tout cas dans les Etats de l’Eglise. On nous retira la garde de notre enfant chérie, pour pratiques éducatives immorales. Elle fut placée dans un couvent spécialisé dans la réhabilitation des enfants maltraités. Avec le recul, je trouve que ce ne fut pas plus mal car, question pédophilie, je me pose un peu là.

Quelques temps plus tard, ma fille fut menacée d'être traduite devant un conseil disciplinaire , non parce qu’elle était devenue la maîtresse de la mère supérieure (situation excessivement banale à l’époque) , mais pour actes de zoophilie sur un bouc, un pittbull et un siamois recueillis au couvent par charité. Elle n'eut que le temps de brûler la politesse à la portière qui s'esclama : " La goçamilébou ! "

Quand je pense à tout ce passé sulfureux ( pour ne pas dire sulfurique), une honte incommensurable me submerge.

La suite au prochain accès de repentance.


Posté par : Raymond Q. Cétidupoulé , avatar eugènique pistachier

dimanche 2 juillet 2017

Au revoir, Simone ! Une béatification laïco-médiatique

1450 -

Le déluge d'hommages médiatiques engendré par l'annonce du décès de Simone Veil m'a d'abord inspiré cette rafale de blagues rageuses et douteuses. Sur la fin ,je reviens à plus de sérieux. N'empêche qu'un peu plus de mesure dans l'hommage n'eût rien enlevé à la sincérité. Avons-nous donc tant besoin de pseudo-saintes laïques ?


A 89 balais, la VIEILle vient de casser sa pipe.
On va quand même pas nous en chier toute une pendule.
Mais si, mais si, c'est bien parti pour ça.

*
Eh bien, j'y vais de ma pendulette, moi zaussi. On ne dira pas que l'événement m'aura laissé indifférent.

*
C'est sûr que la mère Veil aura grandement oeuvré pour le progrès.
N'empêche que, question innovations, à l'IVG je préférerai toujours le TGV.

*
C'est vrai qu'elle a inventé aussi le BCG. Grosse innovation, le BCG.
Et la CSG aussi, c'est elle ! Grosse avancée sur le terrain social, la CSG.
A propos d'avancée, n'étale donc pas tes nichons sur la table, Simone !

*
C'est  sûr que le TGV a été une grosse avancée technologique, mais de là à cloquer la Simone au Panthéon ...
*
Allez, en voiture, Simone !
-- Quelle voiture ?
-- La voiture balai. Celle qui porte le dossard 89.

*
Vendredi : à l'annonce que la vieillarde (dont personne ne se souciait plus depuis des lustres) a tiré sa révérence, emballement médiatique sans précédent, émotion générale, rétrospectives, célébration quasi religieuse de la défunte. C'est à croire que, dans le reste du monde, il ne se passe rien.
Samedi : personne n'en parle plus. Dans la rue, je croise une connaissance et lui dis : " Vous savez que Simone Veil est morte ? -- Qui ça ? ". J'allume la télé, il n'est question que du Tour de France. C'est à croire que, dans le reste du monde, il ne se passe rien. La Simone elle aussi est passée à la trappe. Je suis un peu scandalisé. Décidément, dans ce pays, les occasions de communion nationale ne font pas long feu.
Et pourtant, la Simone, pour les gens de ma génération du moins, quelle référence ! quel flambeau à l'horizon de nos doutes ! C'est en lisant La Condition ouvrière que j'ai pu vérifier la justesse des analyses de Maurice Thorez. Les élans mystouiques de La Pesanteur et la grâce m'ont subjugué. Et  pour combien d'entre nous Mémoires d'une jeune fille rangée et Le Deuxième sexe sont des livres de chevet ? Sans oublier la carrière d'actrice de Simone :  Casque d'orL'Armée des ombresLe Chat  (où elle et Gabin nous offrirent un duo de vieux schnocks inoubliables), quels chefs-d'oeuvre !
Ah là là ... Adieu, Simone, et merci pour tout.

*
-- Simone Veil est morte.
-- Ah ... l'auteur de Mémoires d'une jeune fille rangée...
-- Non. Celle-là, c'est Simone de Beauvoir.
-- Vous avez raison. Simone Veil, c'est celle qui joue dans  Casque d'or .
-- Non. Elle, c'est Simone Signoret.
-- Ah... bon. Ah oui : c'est celle qui a écrit : La Pesanteur et la grâce  !
-- Non. Elle, c'est Simone Veil mais avec un W.
-- J'y suis ! C'est  celle qui a fait le TGV !
-- Non. Elle, c'est l'IVG.
-- Bof ... TGV ...IVG..., c'est synagogue...

*
Blagues moisies à part, la loi Neuwirth sur la contraception, la loi Veil sur l'IVG, c'était hier, et nous savons que les héritiers de ceux qui, à l'époque, s'opposèrent avec tant de rage et de haine, n'hésitant pas à la couvrir d'intolérables injures, à celle qui présentait cette loi libératrice n'ont pas désarmé. Le battage médiatique qui a suivi l'annonce de sa mort m'a fortement agacé, je l'avoue. Pourtant, il avait au moins la vertu de nous rappeler que le combat pour la liberté des femmes et pour leur égalité avec les hommes continue, même dans nos contrées relativement avancées sur ce terrain. Honneur donc à celle qui, naguère, le mena avec une exemplaire intransigeance.

*
Au fait, Veil, Weil, Beauvoir, Signoret : elles sont, à peu de choses près, de la même génération, ces femmes libres et courageuses, exemplaires à tant d'égards. Honneur à elles !
*
A matin, rencontré dans la rue une dame de ma connaissance. " Chère amie, que je lui dis, ôtez-moi d'un doute : cette Simone Veil dont on parle tant, c'est bien elle qui a lancé le TGV ? ". Elle me regarde, quelque peu interloquée, puis, réfléchissant, sourcils froncés : "Voyons, voyons ... le TGV , dites-vous...".
J'ai subitement compris que je ferais mieux de garder pour moi mes blagues à deux sous.

*
Un quart d'heures plus tard, dégustant mon allongé à ma terrasse habituelle, je découvre la Une du Monde . Photo surdimensionnée de Simone. En dessous (je n'invente pas), le titre suivant : " Transports / Malgré la mise en service de deux nouvelles lignes, le TGV s'essouffle ".
Damned ! Heureusement qu'elle est  morte juste à temps pour ne pas avoir à lire ça !

*

Sur le site de la République des livres, un contributeur se fend de ce commentaire particulièrement naïf ou niais (les deux sans doute) :

" Simone Veil mérite bien le Panthéon, non pas tant pour sa loi que comme représentante du Judaïsme, partie intégrante du génie français ".

On aimerait savoir en quoi consiste au juste le judaïsme de l'intéressée, en dehors du fait qu'elle est née Juive. A ma connaissance, pas plus que ses parents, elle ne pratiquait la religion de ses ancêtres. En quoi précisément le judaïsme de l'intéressée est-il partie intégrante du "génie français", entité problématique dont la recette est sans doute aussi introuvable que la pierre philosophale ? L'auteur de cette déclaration ronflante et creuse serait sans doute bien en peine de fournir une réponse précise et pertinente.

Que faut-il admirer au juste en Simone Veil ? Sûrement pas d'avoir eu la chance d'être revenue vivante des camps de la mort, à la différence des membres de sa famille qui y périrent. D'en être revenue vivante ne mérite aucunement notre admiration mais  toute la compassion dont nous sommes capables. En revanche, avoir su mobiliser toutes les ressources qui lui permirent de surmonter pareil traumatisme, cela mérite notre admiration. Beaucoup de rescapés des camps n'y parvinrent pas.

Quant à la loi sur l'IVG (1975), les éloges dithyrambiques de l'ancienne ministre de la santé de Giscard dont les médias nous ont abreuvés finiraient par nous faire oublier que, comme la loi Neuwirth sur la contraception (1967), cette loi répondait au souci de nos gouvernants de l'époque de rattraper le retard de la législation française sur les pays européens les plus avancés en la matière. Rappelons-nous que, dans les années 60, en France, une femme ne pouvait avorter que de deux façons, recourir aux services d'une faiseuse d'anges avec tous les risques que cela comportait, ou aller se faire opérer dans un pays européen qui autorisait la contraception (la Grande-Bretagne par exemple), à condition d'en avoir les moyens. Avant son entrée au gouvernement Chirac, Simone Veil ne fut pas, à ma connaissance, une militante féministe luttant pour le droit des femmes à la contraception et à l'avortement. Ce combat est à porter presque entièrement au crédit d' associations telles que le Planning familial. Cela n'enlève rien au courage et à la lucidité de Simone Veil dans son action pour faire adopter sa loi mais il ne faudrait tout de même pas faire d'elle la pasionaria féministe qu'elle ne fut pas ni la militante obstinée d'un combat qu'elle ne rejoignit, en 1975, que parce que Giscard et Chirac en avaient décidé ainsi. Ses positions en la matière furent celles, modérées, de la femme politique du centre droit qu'elle était.  Rappelons que, des années plus tard, elle participa à une manifestation de la Manif pour tous contre le mariage homosexuel.

De ce coup d'éclat de 1975, elle sut ensuite retirer brillamment les dividendes au long d'une carrière de notable de haut vol fort classique ( Conseil constitutionnel, présidente de l'Assemblée Européenne, Académie Française ). Je ne vois pas trop ce qu'il convient d'admirer là-dedans.

Elle a eu le mérite fort louable d'oeuvrer pour la pérennité de la mémoire de la Shoah.

Les personnalités de l'envergure de Simone Veil méritent autre chose qu'une admiration béate, approximativement fondée, autre chose qu'une espèce de canonisation hâtive engagée sous le coup d'une émotion largement convenue. Ce dont nous avons besoin, c'est de savoir qui furent précisément ceux dont nous pensons qu'ils ont quelque titre à notre reconnaissance.



Posté par : La Blague (moisie) à papa  , avatar eugènique subi