lundi 31 juillet 2017

Du Galibier à l'Izoard à biclou (4)

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Dans le chapitre précédent, j'ai oublié de signaler qu'on pouvait rejoindre le col de Granon à Briançon par des crêtes fort avenantes (Croix de la Cime, Grande Peyrolle, Serre des Aigles), à pied mais pas à biclou, ce qui obligerait à retourner récupérer le biclou à Chantemerle. Mieux vaut donc découvrir cet itinéraire à partir de Briançon.

La crête Serre des Aigles/Grande Peyrolle
Tout impatients que nous sommes de mettre nos roues dans les roues des champions du Tour, il serait impardonnable de ne pas profiter de l'étape de Briançon pour découvrir quelques merveilles du Briançonnais. A commencer par la longue vallée de la Clarée, qui se remonte à biclou au moins jusqu'au refuge des Drayères (2167 m). J'en suis encore à me demander pourquoi la vallée de la Durance ne s'appelle pas vallée de la Clarée jusqu'au Rhône, ce qui seait bien plus joli. En effet, à leur confluent, le débit de la Clarée est bien plus important que celui de la Durance, qui n'est encore qu'un torrent. Est-ce  parce que la Clarée se jette dans la Durance par la droite, alors que la Durance va tout droit ? Mais, plus au Sud, c'est le Guil qui va tout droit et la Durance qui tourne à droite. L'argument ne me semble donc pas recevable. Cette toponymie doit être un héritage des tribus gauloises qui occupaient le coinsteau.

Virons donc à gauche, sur le chemin de Montgenèvre (nous y reviendrons), pour nous engager résolument dans la belle Clarée. Négligeant  quelques merveilles, dont la montée au col de l'Echelle, qui nous entraînerait à la découverte de la Vallée Etroite et des abords du Thabor (faut quand même pas abuser des petits détours), nous nous arrêterons, peu avant Névache, au lieudit le Cros où, laissant le biclou à la garde des vaches au pont sur la Clarée, nous remonterons le GR 57 jusqu'au col de l'Oule, en passant le long du grand lac de l'Oule. Fort  belle balade,  variée, sans difficulté.

grand lac de l'Oule

Allez, encore trois, et on redescend. Bivouac possible près du pont sur la Clarée. Puis on remonte la vallée bien au-delà de Névache pour atteindre les hauts vallons de la rivière, au replat qui porte le refuge de la Fruitière. Là, trois balades nous attendent. Commençons par la plus évidente : celle qui nous mène aux sources de la Clarée et au col des Rochilles (2456 m), en longeant l'enfilade des trois lacs. On pourra gagner du temps en remontant la piste à biclou jusqu'à la hauteur du refuge des Drayères.

Le Lac Rond et le seuil des Rochilles

Au col des Rochilles s'ouvrent à nous deux chemins vers la vallée de la Guisane, l'un par le col et le lac des Cerces vers le Casset, l'autre par la route et le col du Galibier. mais nous connaissons déjà, et puis, il faudrait venir récupérer le biclou, ce ne serait pas une mince affaire. Redescendons plutôt sagement au refuge de la fruitière où nous attendent deux autres balades.

L'une, vers le Sud/Ouest, jusqu'au col du Chardonnet par le lac du même nom. Au col (2638 m), vue imprenable sur la Guisane, les Ecrins et le massif de la Meije.

En montant au col du Chardonnet
La Barre des Ecrins depuis le col du Chardonnet

L'autre, vers le Nord/Ouest, jusqu'au Pic du Lac Blanc (2980 m) par les lacs Laramon et du Serpent. De la diversité. Vues imprenables sur le Lac Blanc, la Vallée Etroite et le Thabor.

Au lac du Serpent
Au pic du Lac Blanc
Allez on redescend à fond de train, direction Briançon. Mais, arrivé au confluent de la Clarée et de la Durance, quel dilemme ! On ne va tout de même pas faire semblant d'ignorer quelques merveilles des environs de Montgenèvre. Allez, c'est dite, on n'en garde que deux. D'abord, la montée au Chaberton, d'où, jadis, les canons italiens menaçaient Briançon.

Au Chaberton (3153 m)
L'autre vers le sommet du Chenaillet, pour y admirer ses célèbres basaltes en coussins ( pillow lavas ), reliques de la ride océanique, sur laquelle nous posons nos petons, rêvant au bon vieux temps ( ça doit tout de même remonter au Jurassique Inférieur, voire au Trias) où elle était en pleine activité au beau milieu ( ou à peu près) de l'océan Téthys, dont la fermeture, beaucoup plus tard, a initié la surrection des Alpes. Sur ces questions, consulter le blog très expert de Christian Nicollet ou le site Geol-Alp de Maurice Gidon.
Les ophiolites du Chenaillet
Signalons que, du Chenaillet par Cervières, le col d'Izoard n'est qu'à deux (enfin, quelques) pas. Mais il est dit que nous suivrons jusqu'au bout le chemin des écoliers emprunté par le Tour de France -- en nous autorisant quelques détours. Il est temps de revenir à Briançon !


Posté par : Le Bicloutier nostalgique, avatar eugènique cyclotouristico-pédestre

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