mercredi 2 août 2017

Du Galibier à l'Izoard à biclou (5)

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C'est dit ! Mettant ma roue dans les roues des géants du Tour 2017, me voici, quittant Briançon pour l'Izoard (par le chemin des écoliers). Je fonce dans la descente, longeant la zone commerciale implantée à la sortie de la ville. Mais voici qu'à gauche, un panneau m'intrigue : Villar-Saint-Pancrace. Qu'est-ce ? En tout état de cause, un nom aussi attrayant mérite un (petit) détour.

A la sortie de Villar-Saint-Pancrace, la montée forestière jusqu'aux chalets des Ayes est trop attrayante pour qu'on lui résiste. Puis on remonte le vallon jusqu'au lac ( 1927 m) qui occupe le fond du vallon, sous les chalets de l'Alp. Arrivé là, il faut laisser le biclou pour un circuit qui, par la forêt, puis dans l'alpage, nous hissera jusqu'au col des Ayes (2477m), sur une crête qui nous conduirait, si nous la suivions jusqu'au col ... d'Izoard ! A vol  d'oiseau, il est à moins de 4 km. Du col des Ayes, un sentier descend d'ailleurs dans le vallon de Brunissard. Je commence à m'interroger sérieusement sur la compétence des gens qui ont tracé le parcours de l'étape du Tour !

En tout cas, au col des Ayes, la vue est superbe, vers l'O/N/O et vers l'E/S/E. Les photos suivantes en donnent une idée.

Vue vers l'O/N/O. Au loin pointent les aiguilles d'Arve

Vue vers l'Est. En bas, le vallon de Brunissard. A l'horizon, Viso (à gauche) et Tête des Toillies (à droite)

Et quelle est donc cette montagne imposante qui domine l'horizon de l'Est ? Le mont Viso, bien sûr.

Zoom sur le Viso, depuis le col des Ayes

Mais il est temps de retrouver l'itinéraire des champions, et nous rebicloutons, tous fanions au vent, dans la descente sur Villar Saint-Pancrace.

Nous revoilà sur la belle RN 94, que nous descendons allègrement, jsqu'à ce que se découvrent à nous, à l'Ouest cette fois, les perspectives d'une vallée profondément enfoncée dans les montagnes. Le nom des Vigneaux, première localité  traversée, nous suggère l'existence de vignobles. Existent-ils encore ? Allons voir ça. De grands panneaux nous indiquent que nous entrons en Vallouise. Ma jolie Vallouise... Ah ah ah ! Voilà qui me rappelle une chanson des années ... 80 ?

Bon, on ne va pas trop s'attarder, mais trois itinéraires au moins nous paraissent s'imposer. Le premier, classique, nous conduit, par Pelvoux et le pré de Madame Carle (où nous laisserons le biclou), au refuge du Glacier Blanc (2542 m).


Au départ d'Ailefroide, une belle et facile balade aussi, vers le refuge du Sélé, que je n'ai pas atteint, faute de temps, m'arrêtant au pied de la barre sur laquelle il est perché.

Dans le vallon de Celse Nière, vers le refuge du Sélé

 Après ça, et comme il faut songer à se limiter tout de même, comme dirait le Dom Juan de Molière, nous remonterons sur notre biclou pour grimpet jusqu'au parking du sentier de l'Eychauda. C'est dans un pierrier, au-dessus du lac (2514 m), que je ramassai un bloc de schiste noir finement lamellé par le métamorphisme, et qui, depuis, orne, solitaire, un coin de mon jardin. Je lui accorde un regard chaque fois qu'il me tombe un oeil. Ingratitude !


 Le sentier à gauche de la photo ci-dessus monte au col des Grangettes (2684 m). Dans la montée et au col, belles vues sur le glacier de Séguret-Foran, diverticule du glacier des Agneaux.

Au col des Grangettes

Du col des Grangettes,  descente possible (raide) vers le Monêtier. Mais  ça nous retarderait vraiment, et il est plus que temps de retrouver le biclou pour descendre (à fond de train) jusqu'à la route de Briançon à Guillestre, où nous retrouverons les traces de nos champions !

Additum - Dans Le Monde du13 août, nouvelle carte postale de Mara Goyet . Elle y médite sur les toponymes de la région, le nom de l'Eychauda notamment. Gouleyant et chantant à dire, en effet, ce nom, pour peu qu'on le prononce comme devaient (et doivent encore) le dire les bergers du secteur. Sur son étymologie, j'ai bien ma petite idée mais mon hypothèse me paraît contredite par l'altitude des lieux et par le fait que le lac est alimenté par les eaux de fonte du glacier qui le surplombe. A moins qu'il ne faille  y discerner une intention ironique. Dormillouse, évoqué aussi par Mara (des Bois ? ), est aussi un bien beau nom, qu'on retrouve en plusieurs endroits des Hautes Alpes (voir un billet futur).

Mais, foutre cul ! -- j'allais en oublier une incontournable quatrième, qui, de Vallouise, parcourt une longue vallée jusqu'aux chalets d'Entre-les-Aigues, où nous laisserons le biclou, pour monter résolument plein Sud au col de l'Aup Martin (2761 m). De là au pas de la Cavale, il n'y a qu'un ... pas. Cela nous permettrait de descendre dans le vallon de Champoléon, et alors, à nous le Sirac etc ! Mais ça nous rallongerait vraiment et, quant à récupérer le biclou, autant en racheter un à Gap, ce serait plus vite fait.

Col de l'Aup Martin

J'allais oublier que d'Entre-les-Aygues, on peut aussi atteindre le refuge des Bans, mais ça suffit comme ça. Allez, au trot, et que ça saute (sur les cailloux), direction l'Argentière-la-Bessée !

Au fait, l'Argentière, d'accord, mais la Bessée ? Quid de la Bessée ? Il doit bien exister des ouvrages bien informés sur les toponymes de la région.



( la suite au prochain numéro )

Posté par : le Bicloutier nostalgique, avatar eugènique pédo-cyclo-touristique

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