dimanche 29 octobre 2017

La biographie n'est pas une science exacte ( 2 )

Juste avant de me lancer dans la lecture de Madame Proust, d'Evelyne Bloch-Dano, j'avais achevé une autre biographie, consacrée, celle-là, à Charles Péguy, intitulée Charles Péguy / L'inclassable, dont l'auteur, Géraldi Leroy, avait déjà consacré à Péguy une étude intitulée Péguy entre l'ordre et la révolution.

On ne peut guère imaginer d'ouvrages plus dissemblables que ces deux-là. Le travail d'Evelyne Bloch-Dano porte sur un personnage dont le principal mérite est d'être la mère d'un grand écrivain, et qui n'a laissé elle-même que peu de témoignages sur sa vie. L'auteure, je l'ai dit, n'hésite pas à faire largement appel à son imagination pour reconstituer des épisodes de cette vie en visant la plus grande vraisemblance possible. Cette vie se déroula pour l'essentiel dans l'intimité du cercle familial. Géraldi Leroy, lui, nous parle d'un écrivain qui fut un peu le contraire de Proust ; Péguy fut un militant et un homme public autant  qu'un écrivain, et son oeuvre "engagée" fut écrite essentiellement pour défendre des positions politiques, idéologiques, morales religieuses. Autant le travail d'Evelyne Bloch- Dano est centré sur l'intimité des relations familiales, autant Géraldi Leroy s'intéresse assez peu à la vie intime de Charles Péguy, homme marié, père de famille. Son but principal est de retracer, documents tirés de l'oeuvre de Péguy à l'appui, son parcours intellectuel et l'évolution de ses engagements.

Péguy l'inclassable ? On découvre dans ce livre une pensée polarisée, en effet, comme l'indiquait le titre du précédent ouvrage de Leroy, par l'ordre et par la révolution. Cette fois, au lieu de ce sous-titre, "L'inclassable", celui de "De la révolution à l'ordre" aurait parfaitement convenu pour résumer le parcours de l'animateur des Cahiers de la Quinzaine. L'année 1905 ( date ronde ) peut être considérée comme le moment où le Péguy première manière, militant socialiste déterminé, proche à certains égards des anarchistes, admirateur fervent de Jaurès, ardent dreyfusard, fait place à un Péguy beaucoup plus critique à l'égard de l'idéologie socialiste, témoin férocement ironique de la récupération politicienne et de l'affadissement de l'idéal dreyfusiste, patriote et nationaliste de plus en plus affirmé, vouant aux gémonies, Jaurès, son ancienne idole, devenu l'ennemi à abattre en priorité. Romain Rolland évoquera plus tard ces propos intolérablement haineux de Péguy en 1913 :

" Dès la déclaration de guerre, la première chose que nous ferons sera de fusiller Jaurès. "

De ses préférences et de ses amitiés de naguère, Péguy va s'éloigner de façon spectaculaire et  peu glorieuse. Géraldi Leroy écrit :

" Les années 1906/1909 ont connu une exceptionnelle agitation sociale avec un paroxysme sous le gouvernement Clemenceau (25 octobre 1906-20 juillet 1909). Très curieusement, Péguy observe un silence total sur ces graves événements. Mais son sentiment à leur égard n'est pas douteux : il en réprouve l'esprit de même qu'il en condamne les inspirateurs. "

La crise de Tanger ( 1905 ) déclenche chez en lui  un accès de fureurs anti-allemandes et une conversion à un nationalisme aussi ombrageux, aussi  entier, aussi fanatique pour tout dire, que l'avaient été ses positions socialisantes et dreyfusardes. Les passages des Cahiers de la Quinzaine  et d'autres textes cités par Géraldi Leroy, étalent plus d'une fois ces dispositions haineuses de Péguy pour qui a le malheur de ne pas partager son avis, aggravées par une tendance à la mauvaise foi la plus déplaisante. J'avoue n'avoir été guère séduit par la personnalité de ce Péguy tel qu'il se dévoile dans les pages de ce livre. Son nationalisme exacerbé et sans nuance lui dicte par exemple ces lignes burlesques évoquant les effets de la défaite de 1870 :

" Du plus loin que je remonte, c'est bien l'impression d'outrage qui est l'impression dominante ; la France était de toute antiquité, par droit de naissance, par droit divin, comme une reine des nations ; [...] nous avions accoutumé de parler en maîtres, ou du moins en arbitres et de traiter les affaires des peuples ; nous parlions un langage naturellement universel, volontiers prophétique, mais toujours de bonne et de grande compagnie ; [...] quand les autres peuples avaient leur politique à eux, leur politique individuelle de pauvres peuples simples peuples ; nous n'avions pas, nous, de politique à nous, de politique individuelle ; notre politique était toujours, au fond, la politique de l'humanité, disons la politique divine ".

La France, vue par Péguy, est :

" [...] je dirai un peuple unique parmi les peuples modernes, le seul dont  la destinée fût éminente et singulière, le seul qui fût comparable aux anciens peuples élus, comparable au peuple d'Israël, comparable au peuple hellénique, et au peuple romain, le seul peuple de tout le monde moderne, le seul qui dans les aberrations du monde moderne eût conservé la droite ligne de ce qu'était l'ancienne humanité, le seul qui dans les étroitesses et dans les spécialisations du monde moderne eût conservé le sens et le goût de l'ancienne humanité ; le dernier peuple humain vraiment ".

Etc. Il y a dans ces outrances quelque chose de puissamment moliéresque. Qui a dit que Péguy était un de nos grands auteurs comiques, d'un comique involontaire, bien entendu ? Moi.

Le temps où les Cahiers de la Quinzaine dénonçaient l'oppression  coloniale est bien révolue. Pour le Péguy d'après 1905, la colonisation est une des gloires de la France qui, par ce moyen, apporte la civilisation au monde.

Géraldi Leroy évoque assez rapidement l'oeuvre poétique de Péguy, constatant que l'auteur de la Tapisserie de Notre  Dame est resté fidèle aux formes les plus traditionnelles, alors qu'en 1913 Guillaume Apollinaire publie Alcools, recueil d'une toute autre modernité. Quant à moi, la poésie de Péguy m'est toujours tombée des mains, tant en raison de sa forme désuète que d'une thématique qui me puait au nez. Au vrai, les plus authentiques et solides qualités poétiques de Péguy me paraissent vivifier ses plus remarquables oeuvres en prose comme Notre jeunesse , L'Argent ou Victor-Marie, comte Hugo.

Dans L'Argent suite, Péguy chante les vertus d'un peuple dont le "travail était une prière. Et l'atelier un oratoire ". Il écrit :

" Il fallait  qu'un bâton de chaise fût bien fait. C'était entendu. C'était un primat. Il ne fallait pas qu'il fût bien fait pour le salaire ou moyennant le salaire. Il ne fallait pas qu'il fût bien fait pour le patron ni pour les connaissances ni pour les clients du patron. il fallait qu'il fût bien fait lui-même, en lui-même, pour lui-même, dans son être même. Une tradition, venue, montée du plus profond de la race, une histoire, un absolu, un honneur voulait que ce bâton de chaise fût bien fait. Toute partie, dans la chaise, qui ne se voyait pas, était aussi exactement aussi parfaitement faite que ce qu'un voyait. "

On peut trouver ces considérations historiquement et sociologiquement hasardeuses. Il n'empêche que, dans ces lignes célèbres, Péguy pose un problème qui  reste d'une actualité brûlante. Ce problème est celui de la déroute du sacré dans un monde moderne obsédé par l'argent, par le profit. Nous savons les effets catastrophiques de cette déroute en un temps de capitalisme mondialisé. L'autre jour, à la télévision, on interrogeait, en Guyane, le promoteur d'un projet de création d'une exploitation d'un gisement aurifère. L'intéressé faisait valoir les quelques dizaines de milliers d'emplois dont ce projet accoucherait. Piètre justification, dès lors que ces emplois sont voués à disparaître quand la mine aura cessé d'être rentable. Au vrai, il ne s'agit que de générer du profit, au détriment d'un environnement qui en subirait les effets délétères et de la population qui y vit.

Que Péguy pose le sacré comme une valeur fondamentale pour les humains, j'opine ! Mais n'allons pas sacraliser l'écrivain, et surtout le penseur Péguy ! L'intérêt du livre de Géraldi Leroy est, selon moi, avant tout, qu'il nous invite à relire Péguy sans a priori , en privilégiant ce qu'il y a de moderne dans une réflexion qui s'élabora en un temps et  dans une société pas si éloignés des nôtres, tant s'en faut.

Dans L'Argent suite, Péguy développe, à propos des ouvriers et des paysans de son enfance, un récit qui relève du mythe. Ce récit est mythique autant que le récit biblique ou que l'épopée de Gilgamesh. Si Péguy admire autant Victor Hugo, c'est que, dans les Misérables comme dans la Légende des siècles , celui-ci est capable d'élaborer des récits puissamment vivifiés par leur dimension mythique. Quel qu'il soit, le mythe est toujours au service de la sacralisation des valeurs. Une société peut-elle se passer de récits mythiques ?


mardi 24 octobre 2017

La biographie n'est pas une science exacte (1)

1470 -


A la question de savoir si la biographie  est une science ou un art, on aurait sans aucun doute raison de répondre : les deux. Quant à moi, je me dis que l'art l'emporte nécessairement sur la science, pour des raisons qui tiennent en particulier au rapport personnel  entre le biographe et l'objet de son étude : chez le premier, dans quelle mesure son étude est-elle influencée, orientée par des facteurs affectifs tels que la sympathie, l'empathie, l'admiration, une communauté de vues, de choix idéologiques  etc. ? D'autre part, même quand son travail s'appuie scrupuleusement sur des documents abondants et vérifiables, la place de l'imagination n'est jamais réduite à néant, qu'il s'agisse de prudentes suppositions ou de hardies reconstitutions. Ainsi, aucune biographie n'est jamais définitive ; il restera toujours une part d'inconnu.

Il se trouve que je viens de lire deux ouvrages qui, relevant tous deux du genre biographique, me paraissent à l'opposé l'un de l'autre quant à l'approche, à la méthode, à la couleur. Le premier, qui a, en son temps, reçu le prix Renaudot de l'essai, est en effet plutôt un essai biographique qu'une biographie à visée "scientifique". Il s'agit de la première biographie de Jeanne Proust, la maman de Marcel. Son auteur, Evelyne Bloch-Dano, l'a très sobrement intitulée Madame Proust . Sur cette femme remarquable, les documents et témoignages ne manquent pas mais la plupart émanent du fils, et, qui plus est, même si la correspondance en contient une part non négligeable, se rencontrent au sein d' oeuvres romanesques -- Jean Santeuil et A la recherche du temps perdu . L'auteur ne saurait ne pas tenir compte du décalage ménagé par la fiction romanesque avec la réalité. C'est d'ailleurs ce qu'elle fait fort intelligemment. Elle-même, faute de documents précis, s'autorise à reconstituer, avec un louable souci de vraisemblance, certains épisodes vécus, comme dans le chapitre 8 intitulé Les beaux jours d'Auteuil  où une assez longue séquence descriptive s'ouvre par cette phrase : " Imaginons ..." . Ce passage, entre autres, nous montre ce que peut l'imagination quand elle est guidée par une vaste et solide culture, historique notamment.

Plus qu'à Jeanne, les quatre premiers chapitres sont consacrés, pour l'essentiel, à ses ascendants et à son groupe familial. Son père, Nathé Weil, est un Juif alsacien qui a fort convenablement réussi dans le monde de la finance, tandis que son grand-père, Baruch Weil, a fait fortune grâce à sa fabrique de porcelaine. La réussite personnelle des membres de la famille Weil, leurs choix de vie, sont très représentatifs de l'ascension sociale d'une partie de la communauté juive de France, entre le dernier quart du XVIIIe siècle et la guerre de 1870. Baruch et Nathé Weil, comme d'autres membres de leur parentèle, ont résolument choisi la France, dont les lois révolutionnaires ont ouvert aux Juifs les portes de l'assimilation. Ils se signalent par un patriotisme souvent passionné. Entre autres manifestations de leur volonté d'assimilation, citons pour leurs enfants le choix de prénoms chrétiens et, bien sûr des mariages avec un(e) conjoint(e) n'appartenant pas à la communauté : ce sera le cas de Jeanne, qui épousera le docteur Adrien Proust.

Racontée par Evelyne Bloch-Dano, l'histoire de Jeanne s'apparente à une saga familiale où le brillant docteur Proust et son fils Robert tiennent des rôles importants.

Ce livre, écrit avec une allègre justesse, retient sans peine l'attention de son lecteur. Mais au fond, y a-t-il une si grande différence entre un tel récit où, je l'ai dit, l'imagination tient une grande place, et un bon roman ? Evoquant une scène célèbre de Du côté de chez Swann, Evelyne Bloch-Dano écrit :

"  A cinq reprises, Marcel Proust va mettre en mots " le baiser du soir ". Plus il avance dans le temps, plus la scène s'élabore, s'enrichit de notations, de parenthèses, de métaphores, de personnages. Plus elle gagne en romanesque, plus elle se leste de la vérité profonde que le romancier va puiser à la source même du souvenir. Cette vérité ne réside pas dans les détails biographiques, mais dans l'essence du vécu qu'il parvient de mieux en mieux à capter. "

Capter " l'essence du vécu " : cette ambition qui fut celle de Proust romancier n'est elle pas tout autant celle de l'auteur de cette émouvante biographie ? La proximité de leur démarche nous conduira, en tout cas, à relativiser la pertinence de la classification des oeuvres de l'esprit en "genres", dont le talent se plaît à transgresser incessamment les frontières.

Quoi qu'il en soit, dans sa tentative pour atteindre le vécu réel de Jeanne, Evelyne Bloch-Dano en est souvent réduite à confronter les différentes versions du témoignage de son célèbre fils. Entre Bonaparte et Jeanne Proust, les biographes du premier disposent d'une masse de documents sur les faits les mieux attestés. Jeanne, elle, n'a guère d'autre titre de gloire que d'avoir enfanté un futur grand romancier. Femme discrète, elle ne fut pas tentée de s'épancher sur son propre cas. Le résultat est que cet essai biographique se présente le plus souvent comme une bonne introduction à un aspect important de l'oeuvre de Marcel. Nous ne pourrons jamais nous approcher davantage de ce que fut le "vécu réel" de Jeanne. Mais qu'est-ce au juste qu'un vécu  " réel " ?  Inaccessible par essence, même pour la première concernée.

Et si Jeanne avait vécu bien plus longtemps, au point d'être témoin de la publication de l'oeuvre majeure de son fils ? Elle eût peut-être alors été tentée de proposer son propre témoignage, par exemple dans un livre intitulé "Moi, Jeanne Proust". Mais si elle avait vécu, son fils, dont on connaît l'exquise délicatesse, n'aurait-il pas choisi de reporter sine die la publication de Du côté de chez Swann ? Peut-être d'ailleurs serait-il mort avant de s'y être résolu. Notre histoire littéraire ne serait pas ce qu'elle est. Damned ! En somme, pour que Proust devînt le célèbre auteur de la Recherche, libéré du respect de toute autre exigence que ses propres exigences artistiques, il était nécessaire que sa maman mourût.

Que maman ne soit pas morte à temps pour libérer son fiston chéri de scrupules légitimes mais encombrants pourrait donner matière à une intéressante fiction romanesque. On peut imaginer, par exemple, que Marcel soumet à maman le manuscrit de Du côté de chez Swann . Indignation de l'intéressée : elle reproche à Marcel de l'avoir présentée, dans la  célèbre scène du baiser, sous un jour trop nunuche, et le papa sous un jour vraiment nounouille. Elle suggère des modifications, voire une suppression de l'épisode. Refus de fiston. Brouille temporaire. Fiston consent à reporter sine die l'envoi du manuscrit à un éditeur.  Un peu plus tard, Marcel révèle à maman qu'il est pédé. Consternation. Elle en parle à papa, qui se tape une crise de fureur, déshérite son fils, etc. Le fils se tape une méga-crise d'asthme, qui lui sera fatale. Ses derniers mots : " Quel artiste le monde va perdre sans le savoir ! ". Avant de mourir, il a confié ses manuscrits à Robert, son frère cadet. Celui-ci, indigné de l'étroitesse d'esprit de ses parents, envoie Du côté de chez Swann à Gaston Gallimard qui, sur le conseil de Gide, décide de le publier. Jeanne se pointe chez Gaston et l'abat d'un coup de parabellum. Elle est guillotinée. Adrien se jette du haut de la Tour Eiffel. Etc.


Evelyne Bloch-DanoMadame Proust   ( Grasset)

vendredi 20 octobre 2017

MOI AUSSI !

1469 -


C'était l'été dernier. J'étais allé au cinoche sur les Champs. Confortablement affalé dans mon fauteuil au fond de la salle, je savourais les épisodes du dernier nanard franco-français. Comme il faisait chaud, j'avais mis un short léger. Voilà-t-y pas qu'une main fureteuse s'attarde sur ma cuisse droite, remonte, déboutonne, s'empare de ma zigounette, obtenant en moins de deux une raideur conséquente . Illico je me retourne vers mon harceleur, et voilà-t-y pas que je reconnais en lui le célèbre Emmanuel M..... !!! -- Vous ! que je m'esclame illico -- Si tu me tètes le jonc, qu'il me répond, je te fais le serment de t'exonérer de la TGV ... de l'IVG ... de la CSG veux-je dire, jusqu'à la fin de tes jours." Pareille proposition mérite réflexion, d'autant que mon contrat avec le journal de Tintin, qui courait de 7 à 77 ans, vient d' espirer. " Je vous demande le temps de la réflexion, que je lui rétorque. -- D'accord, qu'il me fait. T'auras qu'à me communiquer ta décision sur mon e-mail : manu-le-mac-rond@elysee.com.

A peine remis de mon émotion, voilà-t-y-pas qu'une main fureteuse s'attarde sur ma cuisse gauche, remonte, redéboutonne, s'empare de ma zigounette, obtenant en moins de deux, bon, je passe sur les détails. Illico je me retourne et voilà-t-y pas que je reconnais Brigitte ! -- Vous ! que je m'esclame. -- J'ai toujours craqué sur les ados prépubères dans ton genre, qu'elle me rétorque. Qu'est-ce que t'attends pour t'occuper de ma bondoufle. Si tu t'y prends bien, je t'exonère de la TSF." Je lui représente que la chose mérite réflexion. " D'accord, qu'elle me fait. T'auras qu'à me communiquer ta décision sur mon mail : brigitta-macaron@elysee.com."


Pas de CSG ni de TSF jusqu'à espiration, je n'hésite pas longtemps. Au volant de ma juvaquatre (héritage de papa), je rédige mon e-mail d'acceptation, en commençant par Manu, à tout saigneur tout honneur. Mais voilà-ty-pas que se présente sur un passage clouté un quidam pas si quidam que ça car je reconnais en lui Jean-Luc Méchant-Lion. C'est bien lui, enfin ... c'était lui. Les pare-chocs en acier inoxydable de la juvaquatre de papa ne papardonnent pas. 

M'éloignant fissa du lieu de mon forfait, je rédige un nouveau mail à Emmanuel M..... " Je viens de repasser Jean-Luc Méchant-Long, que je lui dis, faites quelque chose pour moi, sinon y a rien de fait. "  Voilà-t-y pas qu'il me répond : " Non seulement tu es bandant mais tu es notre Jeanne d'Arc. Un authentique héros national. Pour te récompenser, Je t'exonère à vie de l' ISF !"

Brigitte ? ma foi... Botoxée à mort, certes, mais c'est tout de même plus dans mes âges que les greluches prépubères dans la culotte desquelles je glissais naguère ma menotte au cinoche ... Parmi elles, la jeune Agnès Bouzin, promise à un bel avenir médico-médiatico-poulitique, en dépit du trauma que je suis supposé lui avoir infligé ce jour-là (1). Baste ! Elle peut toujours tenter de faire le buzz sur mon dos : y a prescription. Quoique, paraît-il, Manu-le-Mac (rond) aurait l'intention de réformer tout ça...

Quoi qu'il en soit, nous revoilà la semaine suivante au cinoche des Champs, Manu, Brigitte et moi, ma main gauche dans la foufoune de l'une, ma droite sur le zizouri de l'autre. Mais voilà-t-y pas que deux pognes musclées s'abattent sur mes épaules. " Tu es fait, mon coquin ! " me hurle le pandore dans les oneilles. " Y m'a agressé le zigomar ! " s'esclame Manu. " Il a fourré sa sale patte dans ma foufoune ! ", rajoute la Brigitte.

Trahison ! A qui se fier ! Voilà qui m'apprendra à me sacrifier pour une grande cause nazionale .

Sans compter qu'avec l'ADN de Jean-Luc Méchant-Lion sur le pare-chocs de la juvaquatre, j'en prends au moins pour quinze ans.

Bof. Vu l'état de mes tuyaux, j'en ferai que cinq.


Note 1 - Trauma...trauma... Et pourquoi qu'au contraire l'Agnès n'aurait pas découvert ce jour dans l'extase les merveilleuses réalités de l'amour ? hein ? Qui me prouvera jamais le contraire ?

Additum  (24 octobre 2017 ) -

Trêve de blague à papa. Lu ce jour dans Le Monde un très remarquable entretien avec Juliette Binoche. Il y avait longtemps que je n'avais pas lu des propos aussi intelligents, lucides, utiles. Juliette se fait une claire et haute idée de ses responsabilités envers elle-même, de ses droits et de son art. Merci !

( Posté par : Petrus Joxus, avatar eugènique érotomaniaque )