lundi 15 octobre 2018

Une belle saison pour les champignons

1526 ---


D'aucuns racontent que, faute de pluies suffisante, on manquera de champipis cet automne.

Je m'inscris en faux contre cette ânerie.

La preuve : ce bolet de taille exceptionnelle.

Hauteur : 2m20

Largeur : 1m50

De quoi se préparer une belle omelette pour 4.



dimanche 14 octobre 2018

Canonnisons le Pape

1525 ---


Le 10 octobre dernier, le Pape François a déclaré qu'avoir recours à l'avortement était assimilable au recours à un tueur à gages.

Pour avoir carillonné une des plus belles çonneries de l'année, je propose de canonniser le Pape François.

Dans le cul, au 75 sans recul.

A blanc, bien entendu : couleur favorite du vieux niais.



dimanche 7 octobre 2018

#balancetonchat

1525 ---


A matin, prétextant une pluie diluvienne et sa prétendue incapacité à se servir d'une litière, Monsieur Bébé (c'est son nom !) a pissé dans la véranda.

Je le hais !

Aidez-moi !



vendredi 5 octobre 2018

On a les héros nationaux qu'on peut

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Après le braillard Johnny, c'est au tour du crooner Aznavour de recevoir les honneurs nationaux, avec présence et discours de l'ineffable macaron. La France de ce début du XXIe siècle se reconnaît dans les zéros qu'elle peut. Il est décidément bien fini le temps où ce pays célébrait en grande pompe un Victor Hugo ou, à la rigueur, un Malraux. Les écrivains de l'envergure d'un Camus, d'un Sartre ou d'un Claude Simon se sont fait la malle depuis belle lurette. Peut-être un jour un Modiano ? En attendant, nous n'avons plus à nous mettre sous la dent que des producteurs de rengaines. Line Renaud bientôt au Panthéon ? Il est vrai que l'Académie Nobel a couronné Bob Dylan, et c'est vrai que la chansonnette, c'est aussi de la poésie, et souvent d'excellente qualité. Et c'est vrai qu'une seule chanson d'Aznavour laisse loin derrière elle les oeuvres complètes d'un Bernard-Henry Lévy. Mais enfin, au braillard Johnny ou au crooner Aznavour, j'ai toujours préféré Brassens, Brel ou Léo Ferré qui, eux, n'eurent droit à aucun hommage national. C'est ma préférence à moi, comme chante un autre de mes préférés.

Mais quoi : le nonagénaire Aznavour dans la cour des Invalides, cela vaut tout de même mieux que le dernier de nos jeunes soldats tués au Mali ou ailleurs. Faites l'Aznamour, pas la guerre.

lundi 24 septembre 2018

Le nom de Zemmour : une insulte à la France ?

1523 --


" Les cons, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît "  (Michel Audiard)


Sur un plateau de télévision, Eric Zemmour a déclaré à l'animatrice Hapsatou Sy que son prénom était " une insulte à la France ".

L'intéressé n'en est pas à sa première énormité, ayant déjà été condamné en justice pour incitation à la haine raciale. Ses propos récents ont en tout cas soulevé une vague d'indignation, en particulier parmi les journalistes du Figaro, qui emploie Zemmour comme chroniqueur.

Eric Zemmour aurait pourtant dû, avant de les tenir, se rappeler qu'il fut une époque, pas très lointaine, où le patronyme de Zemmour était très officiellement considéré comme une insulte à la France. Le porter vous valait d'être mis à l'écart de la communauté des Français, avant de recevoir son ticket d'accès aux chambres à gaz.

Tout de même, qu'un Juif tienne des propos dignes d'un Nazi, cela laisse rêveur. Passe encore s'il réserve à ses proches ses insanités, mais qu'il les profère publiquement dans les médias, sans être aussitôt mis sur la touche avant d'en répondre devant la justice, voilà qui pose problème.

Les propos plus récents de Zemmour sur Pétain et les Juifs, sur Maurice Audin, achèvent de le poser en tenant des positions de la droite la plus réactionnaire, la plus obtuse, la plus simpliste, la plus dédaigneuse de la réalité des faits, la plus nostalgique des choix les moins défendables de gouvernants d'une époque récente. C'est à peu près à quoi se résume l'intérêt du personnage.


On lira avec profit les textes de Guy Sorman, de Tania de Montaigne et de Gérard Noiriel, très éclairants sur le cas Zemmour, dans Le Monde du 30 septembre 2018.

La seule question qui importe  est de savoir quelle proportion de citoyens français se reconnaît dans les opinions de Zemmour. Le danger des connards de son espèce, c'est qu'ils font bloc. On voit ce que ça a donné au plan politique, par exemple dans les présidentielles aux Etats-Unis, et plus récemment au Brésil.

Zemmour m'apparaît comme un spécialiste du bullshit, tel que l'a défini Harry Frankfurt dans l'Art de dire des conneries. Jean-François Marmion, dans Psychologie de la connerie, décrit ainsi le bullshit :

" Le bullshit est un type de discours qui consiste littéralement à dire n'importe quoi, sans se soucier de savoir si c'est vrai ou faux. La forme typique en est le bavardage, mondain ou du café du commerce, mais qu'on rencontre le plus souvent dans le journalisme et la publicité. Le bullshitter est celui qui "dit des conneries", raison pour laquelle le livre de Frankfurt a été traduit par L'Art de dire des conneries. mais pratiquer le bullshit n'est pas faire, ni même dire des choses absurdes ou connes. C'est mépriser systématiquement non seulement les règles du vrai et du faux, mais la valeur du vrai lui-même. Frankfurt insiste sur le fait que le bullshitter n'est pas un menteur, car le menteur respecte la norme du vrai et en a besoin pour accomplir son mensonge. Le bullshitter au contraire n'en a cure. Mais il est tout sauf con, ou producteur de connerie. Il est au contraire intelligent, mais il se fout de la vérité. C'est pourquoi il est plus approprié de désigner le bullshit par le terme de foutaise."

dimanche 16 septembre 2018

Aussaresses = Barbie

1522 --


L'EHPAD que je fréquente régulièrement accueille deux anciens soldats de l'armée française qui, tous deux,  participèrent aux opérations en Algérie. L'un appartenait à un régiment parachutiste qui fut engagé dans la bataille d'Alger. Ont-ils eux-mêmes torturé ? Je n'en sais rien et ils ne se sont pas confiés à moi à ce sujet. Mais, alors que je leur faisais part de mon approbation des récentes déclarations d'Emmanuel Macron, ils ne m'ont pas caché leur hostilité à sa prise de position. L'un d'eux, désireux de justifier l'emploi de la torture, l'a présentée comme une réponse aux atrocités perpétrées contre les soldats et civils français par les rebelles algériens, reprenant ainsi un argument soutenu à l'époque par le colonel Trinquier dans son livre La Guerre moderne : selon lui, ces "terroristes" ou "guerilleros", dissimulés au sein de la population, s'excluaient de la protection des lois de la guerre proclamées par la Convention de Genève, dont la France était signataire. Un tel argument devrait pouvoir être identifié sans difficulté dans les propos tenus, pour se justifier, par les agents de la Gestapo et  autres sbires nazis, militaires notamment, en particulier par ceux qui furent traduits en justice après la guerre.

Si  des acteurs de la torture en Algérie avaient été traduits en justice après 1962 -- sanction à laquelle tous échappèrent en vertu des lois successives d'amnistie, notamment dans l'affaire Audin -- certains d'entre eux auraient certainement eu recours à un argument qu'on retrouve  dans la défense d'un Klaus Barbie ou d'un Adolf Eichmann : j'obéissais aux ordres ; je ne pouvais m'y soustraire sous peine de m'exposer -- ainsi que ma famille -- à de lourdes représailles.

On peut trouver sidérant qu'une dizaine d'années seulement après la chute du nazisme et la révélation des sinistres méthodes utilisées par la Gestapo contre la Résistance, les opposants politiques, les Juifs, les forces armées de la France, Etat démocratique signataire de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme inspirée par notre propre Déclaration des Droits, se soient abaissées à les reprendre, tout en les "perfectionnant". Elles n'avaient d'ailleurs pas attendu le début de la guerre d'Algérie pour les mettre en oeuvre, notamment en Indochine. Dès 1951, dans un article du Nouvel Observateur, Claude Bourdet posait la question : Y a-t-il une Gestapo en Algérie ?

Cette question du reniement par la France des principes fondateurs et fondamentaux de sa démocratie et des responsabilités multiples et complexes des uns et des autres reste largement ouverte, même si beaucoup de recherches et de découvertes ont fait avancer la cause de la vérité. L'ouverture des archives officielles, annoncée par le Président de la République, notamment dans l'affaire Maurice Audin, y contribuera grandement.

Mais sans aucun doute l'avancée essentielle de la déclaration d'Emmanuel Macron, c'est la reconnaissance de la responsabilité de l'Etat français. Si la torture a été systématiquement utilisée en Algérie contre des Algériens et contre des Français, c'est que l'Etat l'a permis, c'est que l'Etat l'a voulu. L'Etat : non une abstraction mais les responsables politiques de l'époque, membres du gouvernement, députés des Assemblées, membres notamment d'un parti socialiste qui, en cette affaire, tourna le dos à ses principes humanistes.

Cependant, ceux qui torturèrent en Algérie ne sauraient s'exonérer de leurs propres responsabilités, en les rejetant sur ceux qui le leur permirent et le leur commandèrent : ils renieraient ainsi leur propre liberté. Ils pouvaient toujours refuser d'exécuter des ordres injustes et humainement monstrueux, même s'ils n'étaient pas protégés, comme le sont nos soldats d'aujourd'hui, par la reconnaissance du droit de refuser d'exécuter des ordres contraires aux conventions internationales existantes. Certains le firent, du reste. Le cas le plus connu est celui du général Pâris de Bollardière, mais il fut loin d'être le seul . Gloire et honneur à lui et à eux.

Le caractère systématique de l'emploi de la torture en Algérie est frappant. Systématique aussi fut son emploi par la Gestapo. Des deux côtés, les arguments pour le justifier sont au fond les mêmes. Il y eut bien, comme le pressentait Claude Bourdet, une Gestapo française en Algérie. Pourtant, un monde semble séparer la démocratie française des années 50/60 et la dictature nazie. Comment deux systèmes apparemment antagonistes ont-ils pu se rejoindre pour exercer contre des êtres humains la pire des violences ? C'est  que l'emploi systématique de la torture en Algérie est lui aussi, parmi d'autres formes de violence, le produit d'un système fondé sur la violence, produit de la  violence et ne subsistant que par la violence : le système colonial. Jusqu'au milieu des années 60, les diverses formes que prend l'Etat français après 1945 sont prises au piège d'une situation qui remonte au milieu du XIXe siècle. C'est en 1848 que le territoire de l'Algérie est divisé en départements français. Aucun régime, aucun gouvernement, jusqu'en 1962, n'a osé remettre en question cette monstruosité. Applaudissons Emmanuel Macron pour avoir déclaré, lors d'une visite en Algérie, que le colonialisme est un crime contre l'humanité. Quand on a volé sa terre à un peuple et qu'on lui dénie tout droit sur elle, on peut s'attendre au pire. Le pire aurait été pour la France le triomphe, sur son sol, d'une tyrannie militaire semblable à ce qu'ont connu divers pays d'Amérique latine.

Il n'y a pas de différence entre un Klaus Barbie et un général Aussaresses. C'est qu'il n'y a pas de différence entre les Résistants français, entre 1940 et 1944, et les patriotes algériens qui combattirent pour la libération de leur terre. Les uns et les autres embrassèrent la même cause et, dans une lutte inégale, eurent recours aux mêmes armes.

Crime contre l'humanité, la torture en Algérie fut le produit de cet autre crime contre l'humanité : la colonisation de l'Algérie.


On lira avec profit sur la question (sans jeu de mots) le remarquable article de l'encyclopédie en ligne Wikipedia, Torture pendant la guerre d'Algérie .


Frédéric GrosDésobéir    ( Albin Michel )

samedi 15 septembre 2018

Totem et ta bague

1521 ---


J'ai suivi, l'autre soir, sur la 5, un reportage sur la localisation de la tombe de Gengis Khan dans un massif montagneux de Mongolie. J'ai appris que les Mongols d'hier et d'aujourd'hui, chez qui les croyances chamaniques et bouddhiques font bon ménage, divinisent et vénèrent des entités naturelles telles que les massifs montagneux ou les forêts. Gengis Khan vénérait une montagne où il était né et où il se réfugiait occasionnellement pour échapper à ses ennemis.

La conviction où stagnent les desservants et les croyants des trois monothéismes, judaïque, chrétien et islamique, d'adhérer à la seule religion vraie m'a toujours laissé rêveur. Car après tout, ils n'ont jamais été en mesure de fournir leurs preuves. Surtout, ils sont convaincus que leur religion est supérieure à toutes les formes de polythéisme.

Dans un petit bouquin publié aux Belles Lettres, Maurizio Bettini a récemment  développé  un éloge du polythéisme très convaincant. Il y montre notamment à quel point le monde païen a pratiqué une vertu à peu près ignorée des monothéistes : la tolérance.

L'autre jour, mon fils et sa compagne sont allés se promener dans une de nos belles forêts, dans la montagne du Haut Var. Ils y ont repéré une agréable clairière et s'y sont installés. Mon fils a repéré un morceau de bois "mort" ( à peu près 50 cm de long ) aux formes séduisantes. Sculpteur sur bois à ses heures, il l'a modifié pour en faire une sorte de statue-totem. Au moment de repartir, au lieu d'emporter son oeuvre, il a préféré l'offrir à la forêt, qui les avait si bien accueillis. Il l'a donc déposée sur le sol, en remerciant la forêt, à haute et intelligible voix. Puis, ayant fait quelques pas au moment de partir, baissant les yeux, il a aperçu quelque chose qui brillait dans l'herbe, à ses pieds. C'était une bague, en or, finement gravée, ornée d'une pierre semi-précieuse.

On peut préférer voir là une simple coïncidence. On peut aussi se dire que la forêt, remerciant à son tour mon fils, lui faisait ce cadeau, en forme d'alliance, qu'il porte à présent au doigt. C'est ce que, pour ma part, je crois.


Maurizio BettiniEloge du polythéisme  ( Les Belles Lettres )

Richard PowersL'Arbre-Monde  (Le Cherche-Midi )




samedi 28 juillet 2018

Oh ! L'eau rime !

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Emmanuel Macron

Est manuel, mac rond ?

Aime à Noël maquereau

Est manuelle, ma queue ronde ?

Emma nue, elle m'a que rond

*

François Hollande

France, oie aux landes

*

Nicolas Sarkozy

Nique, ô las, ça : haricot ? Zizi !

Nigaud las : ça recause. Hi !

*

Jacques Chirac

Jacuzzi raque

Jacques chie. Rrrrrrrac !

*

François Mitterrand

France soit mythe errant !

France, sois mite errante !

*

Valéry Giscard d'Estaing

Va, elle rit : j'hisse quart d'intestin !

Valet Régis, gardez ce teint

Phalle érigé : squale destin !

*

Georges Pompidou

Chaud orage, bombyx doux

Chaud rejeu, pompe itou

*

Général de Gaulle

Gêne et râle : décolle !

Gêné râle de goal

J'en ai ras l'de Gaule

*

Jean-Paul Sartre

Champ, pôle tartre

*

Simone de Beauvoir

Si mon nez était beau ... voire

Six Monet... des beaux ! Voir !

*

Albert Camus

Ale ! Bière ! Came ! Hue !

*

Michel Houellebecq

Miche, elle ? Ou elle bec ?

*

Samuel Beckett

SAMU hèle, B. quête !

ça mue, elle : biquette ?

*

Marguerite Duras

Mare, gué ..., rites durs, ah !

Narguez rites du rat

*

Jean d'Ormesson

J'endors mes sons

*

Chasse ! hue ! Fi ! Gomme ça !

*

Han ! gore ! Hun !


Si c'est rond, c'est point carré

Cicéron c'est Poincaré !

Six cerfs ont sept points carrés

Six cerfs ont sept pots (un carré)

Six cerfs ont sept pots incas à raies


( Posté par : O. Lorim , avatar eugènique des jantés )

mercredi 25 juillet 2018

La différence entre le Président de la République et moi

1519 ---


Quelle est la différence entre le Président de la République et moi ?

Elle est la suivante :

Quand le Président de la République déclare : " Alexandre Benalla n'a jamais été mon amant ", on n'est pas obligé de le croire. On peut même légitimement nourrir un sérieux doute.

Tandis que si je déclare la même chose, on me croit tout de suite.


N.B.  --   On observe que, sur la question, Brigitte observe de Conrart le silence prudent.


( Posté par :  Eugène )


mardi 24 juillet 2018

L'indécence au sommet

1518 ---


Ma femme et moi sommes retraités. Depuis le début de l'année, nos revenus sont amputés de plus de 80 euros chaque mois, au titre de l'augmentation de la CSG. Dans l'intérêt de la communauté nationale, on nous a imposé ce sacrifice.

Sacrifice d'autant plus important pour nous que, depuis le début de l'année, ma femme est hébergée dans un EHPAD. Ce n'est pas donné.

Le sieur Benalla, naguère chauffeur d'un ministre de Hollande qui l'aurait licencié pour faute professionnelle grave, a suivi des formations pour devenir agent de sécurité. En dehors de ses aptitudes à faire le coup de poing, on ne voit pas quelles éminentes qualités justifierait les confortables émoluments dont il a bénéficié jusqu'à une date récente ( peut-être en bénéficie-t-il encore) et qui friseraient (dépasseraient) les 10 000 euros mensuels, ainsi que le privilège d'être hébergé dans un bâtiment dépendant de l'Elysée, sans doute aux frais de la princesse ( la princesse, c'est nous). Sans compter sa promotion au rang de lieutenant-colonel de la gendarmerie.

Selon le Préfet de police de Paris, l'affaire Benalla est le produit d'un copinage malsain. Disons plutôt sordide. Selon d'autres, le sieur Macron ne participerait pas à ce copinage. Rien n'est moins sûr.

Quoi qu'il en soit, de telles pratiques, dignes d'une république bananière, déconsidèrent notre démocratie. Elles sont une insulte à chacun des citoyens de ce pays.

En tout cas, les responsabilités du sieur Macron en cette affaire ne font aucun doute. Au lieux, son cas relève de l'inconscience et de l'incompétence ; au pire, de la complicité.


( Posté par : Eugène )

dimanche 22 juillet 2018

Croisons, croisez : 3/ Baron Empain

1517 ---


C'était dans le quartier de l'Opéra, voici quelques décennies. Je m'apprêtais à traverser un rond-point, empruntant sagement le passage clouté ( ils l'étaient encore, à l'époque ). Et voilà-t-y pas que je suis doublé par un grand escogriffe dégingandé en qui je reconnais illico ... le baron Empain. Quelques mois auparavant, ses ravisseurs l'avaient libéré.

Et là, j'ai commis l'erreur de ma vie. Au lieu de sortir mon flingue de mon petit sac, de braquer le baron, de le conduire dans une cave toute proche et de le séquestrer jusqu'à versement d'une rançon conséquente, je n'ai rien fait. Strictement rien ! J'ai passé mon chemin, et lui le sien.

Certes, je n'avais pas de flingue dans mon petit sac, je n'avais pas loué de cave à proximité, Mais j'aurais pu prévoir !

Ce jour-là, je me baladais dans le quartier en compagnie de ma chère et tendre à qui je faisais visiter la capitale, encore inconnue d'elle, que je croyais. Je venais de la laisser seule pour je ne sais plus quelle raison. Ayant traversé le passage clouté, je m'engage sous des arcades d'une rue de ce quartier très bourge, et voilà-t-y pas que je croise ma chère et tendre, qui fait mine de ne pas me reconnaître. Je me retourne, et voilà-t-y pas que je la vois en train d'aborder un monsieur très bien sur lui, et voilà-t-y pas qu'après un bref con s'il y a bulle, il s'engagent dans une entrée d'hôtel très bourge façon  Lutetia.

Qu'est-ce qu'ils ont pu bien foutre ensemble dans cet hôtel, je me le demande encore. J'avoue que, là encore, j'ai manqué d'esprit d'initiative.

J'ai le sentiment que ce jour-là, ma vie a basculé.


( Posté par : Jeannot-le-Nigaud, avatar eugènique à retardement )






jeudi 19 juillet 2018

Un fragment de mon roman en cours de rédaction

1514 ---


Sur le tard, voici que je me suis :mis en tête d'écrire un roman. Comme j'ai fort peu d'imagination, je me suis directement inspiré des modestes aventures de ma vie ; en somme ce "roman" est une autobiographie déguisée. Seuls les noms sont changés. Ainsi l'épisode dont on va lire un extrait démarque une aventure de mes vingt-cinq ans. Je l'ai retenue parce qu'elle me paraissait au goût du jour et suffisamment divertissante :

" Annie Prat, bien qu'elle n'eût que quinze ans, jouissait d'une grande popularité auprès des garçons. Elle appartenait à la légende de Limoges. Cette légende n'avait pas été forgée de toutes pièces comme il arrive parfois ; dans son cas, la réalité dépassait la fiction. Pleine d'expérience ( elle avait commencé sa carrière amoureuse à douze ans ), il lui suffisait d'une demi-heure pour étancher la soif sexuelle de ses jeunes amis. Elle devait respecter cet horaire afin d'en satisfaire le plus grand nombre possible.
   Derrière l'écran d'argent du cinéma Le Globe, il y avait une grande pièce où étaient rangées les lettres qui servaient pour les titres  de la façade (elles s'éclairaient le soir au néon ), les uniformes des ouvreuses, des serviettes, du savon et différents accessoires. Dans un coin étaient roulés les tapis de la salle et des escaliers qui servaient une saison sur deux. C'était sur cette pile de tapis que la légende d'Annie était née. C'était là qu'elle offrait son corps le plus souvent, encore qu'il lui  arrivât de se contenter d'une voiture en stationnement ou d'un banc dans une avenue déserte.
   On ne pouvait pas dire qu'Annie était jolie, pas plus qu'on ne pouvait dire qu'elle était laide. Elle ressemblait à toutes les écolières de la ville, et si honnête était son comportement quand elle allait à l'école ou en revenait, ses livres sous le bras, avec la même petite jupe et les mêmes souliers plats que ses camarades, qu'une personne non avertie n'aurait japamis pu se douter des orgies nocturnes auxquelles elle se livrait. Il y avait deux êtres en elle. Miss Jekyll, la petite fille sans maquillage, les cheveux sagement tendus par une barrette, et Miss Hyde.
   En dépit de la renommée d'Annie, trois personnes ignoraient tout de sa conduite. Deux étaient naturellement ses parents, des gens fort honorables qui gagnaient difficilement leur vie ; la troisième, du moins jusqu'à un certain vendredi soir, étaitt moi.
   Tous deux, nous fîmes connaissance à la buvette du Globe. Je lui offris un verre de limonade. Elle l'avala d'un trait et me remercia d'un sourire. Je souris en retour. Elle dit : "Voulez-vous vous asseoir à côté de moi ? "
   Nous nous installâmes au troisième rang des fauteuils d'orchestre. Annie appuya son genou sur le mien et commença à se trémousser. Nos mains se joignirent. Au moment où je constatais avec horreur que mes paumes étaient moites, elle me saisit la main droite et la posa sur sa cuisse gauche. Elle se servit de sa main à elle pour juger de mon degré d'excitation. Trouvant que celui-ci n'était pas négligeable, elle demanda à être embrassée. Dans mon émoi, je n'y avais pas pensé. Les lèvres de la fille se collèrent aux miennes, dans un élan vital tellement désespéré que j'eus l'impression de faire du bouche-à-bouche à une personne blessée mortellement dont le coeur bat encore. "

On se doute que j'ai arrangé à ma façon ce souvenir de mes vingt-cinq ans. Je fais manifestement d'Annie le portrait d'une foutue salope, de façon à lui faire porter toute la responsabilité. Dans la scène du cinéma notamment, j'ai inversé les rôles. En réalité, c'est moi qui pris l'initiative, me livrant sur la malheureuse (malheureuse ? tant que ça ?) à d'intolérables attouchements sexuels sur mineure de quinze ans tombant sous le coup de la loi. De toute façon, je m'en fous : il y a prescription (enfin, je crois). Bien sûr, j'ai changé le nom et le prénom de la victime. Hi hi.

Suite de l'épisode ( chapitre III de mon roman ) :


Quelques uns s'en sont sans doute aperçus : j'ai plagié dans mon prétendu roman autobiographique un passage d'un roman célèbre. Mais comme je tiens à m'en assurer, je soumets mes éventuels lecteurs au Quiz suivant :

1/ Quel est le titre du roman que j'ai pompé ?

2/ Qui en est l'auteur ?

Deux carambars à qui trouvera les deux bonnes réponses.


( Posté par Eddy le Plagiste, avatar eugènique littérhâbleur )


mercredi 18 juillet 2018

Rataboum !

Comme tout un chacun, j'accède à internet par l'intermédiaire d'une page d'accueil concoctée par mon fournisseur d'accès, en l'occurrence la maison Orange. J'ai souvent  remarqué la tendance des concepteurs de cette page à multiplier les titres raccrocheurs, dont la niaiserie semble avoir été mesurée à l'aune de la débilité supposée des internautes.

1515 (Marignan) ---


Ce mercredi 18 juillet 2018, le record semble battu. Est-ce l'effet de la victoire des Bleus ? C'est probable. Qu'on en juge :

" Les Bleus à l'Elysée : Laura Flessel tape du poing sur la table "

" Victoire des Bleus : l'énorme coup de gueule de Nicolas Batum "

" Les Bleus ont provoqué des tremblements de terre "

" La parade des Bleus a failli tourner au drame ".

On pourrait croire qu'avec un (progressif) retour au calme, les commentaires vont se calmer aussi. Ce serait négliger qu'il n'y a pas que les Bleus qui foutent la pagaille :

" Coup de tonnerre dans le secteur du prêt-à-porter "

" Dramatique feu d'artifice en Moselle "...


Sans compter : " Johnny bientôt au Panthéon ? ".

Alors là, c'est le méga-choc !


Si les amateurs de sensations fortes n'en ont pas pour leur argent, c'est à désespérer. 

En tout cas, il est clair que, pour les concepteurs de la page d'accueil Orange, la meilleure façon d'accrocher l'intérêt des internautes, c'est que ça pète tous azimuts.


Je rêve d'une page d'accueil façon revue Esprit !  Mais faut pas rêver.


( Posté par : Le Pétophile secoué, avatar eugènique ébahi )

lundi 16 juillet 2018

Vive l'Afrance !

L'Afrance est le titre d'un film d'Alain Gomis sorti en 2001. Il y est question des tribulations d'un étudiant sénégalais, tiraillé entre son pays d'origine et sa patrie d'adoption.

L'Afrance sera peut-être un jour l'orthographe du nom de notre pays. L'orthographe actuelle conserve le souvenir des envahisseurs de jadis. C'était l'époque des "grandes invasions". La composition ethnique de la France s'en trouva considérablement affectée.

Aujourd'hui, le territoire de la France est à nouveau , depuis déjà bien des décennies,  le lieu de changements ethniques majeurs. Les populations  d'origine africaine y sont de mieux en mieux représentées. On peut penser que, dans peu d'années, l'augmentation de leurs effectifs sera de plus en plus spectaculaire, compte tenu des mouvements migratoires en cours, appelés à s'amplifier sous l'effet de facteurs bien connus.

La composition de l'effectif de notre belle équipe de France de football est un indice très parlant, parmi beaucoup d'autres, de ces évolutions. Pour près de la moitié, ses membres sont d'origine africaine ou antillaise. Citoyens français pur sucre, d'ailleurs, étant nés dans la région parisienne, la région toulousaine, la région lyonnaise etc. Le président Obama vient de déclarer : "Tous ces gars ne ressemblent pas, selon moi, à des Gaulois, mais ils sont français, ils sont français". On ne saurait mieux dire.

Un jour lointain peut-être, la France s'appellera l'Afrance. Pourquoi pas. Cela ne me gênera pas, en tout cas, vu que je suis né d'une mère éthiopienne, juive falasha, et d'un père sénégalais.

Ainsi donc, vive l'Afrance, plus que jamais pays de la diversité ethnique, pour le meilleur, comme on vient de le voir à Moscou !


(  Posté par : N'Golo, avatar eugènique Afrançais )




mercredi 11 juillet 2018

Une demi-finale déconcertante

1513 --


Comme beaucoup de téléspectateurs, je me suis laissé tenter par la demi-finale de la Coupe du Monde.

J'avoue avoir été déçu ! Toutes les règles du jeu semblaient avoir été inopinément changées : sur un terrain beaucoup trop grand, deux équipes à l'effectif double de l'effectif réglementaire s'affrontaient. Alors que, normalement, il est interdit de toucher le ballon du pied, mais seulement de la main, les joueurs se l'échangeaient à grands coup de tatane. Le plus étonnant était que les paniers avaient été disposés au ras du sol ; résultat : plus aucun de ces spectaculaires bonds dont les équipes de NBA nous ont abondamment gratifiés dans le passé.

Pour tout dire, toutes ces innovations m'ont paru incongrues. Si encore on avait remplacé onze joueurs par onze joueuses en tutu, on aurait pu monter une chorégraphie qui, sans atteindre les sommités du Bolchoï ( auquel, du reste, on aurait pu emprunter son orchestre ), n'aurait pas laissé d'être distrayante.

J'ai remarqué aussi que le joueur français ( ? ) qui a marqué le panier victorieux était tout noir, comme d'ailleurs plusieurs de ses coéquipiers. " Une épidémie  ? " ai-je demandé à mon ami Jules Faurisson qui regardait le match avec moi. " Tu n'y es pas, m'a-t-il répondu. L'équipe est sponsorisée par Banania.".

Par Banania ? Tout s'explique. Mais est-il bien licite que dans une compétition de ce niveau, une équipe se fasse sponsoriser par une entreprise privée ?

Je m'interroge.

Toutefois, dans l'attente de la finale, crions ensemble très fort : " La Françafrique vaincra ! ".


N.-B.  ---

Renseignements pris, tous les joueurs Noirs de l'équipe sont, bien entendu, d'authentiques Français, nés à Paris, Toulouse, etc. Mon ami Jules Faurisson peut aller déguster son Banania. Foin de la Françafrique, et vive la France !

( Posté par : Blaise de Montutuydit, avatar eugènique sportsman )






vendredi 6 juillet 2018

Claude Lanzmann est mort

1512 ---


Comme le plupart des gens, je pense, je ne connais guère Claude Lanzmann que par Shoah , le film qui le fit connaître du grand public, tout en popularisant par son titre ce terme hébreu qui désigne aujourd'hui couramment l'entreprise d'extermination des Juifs par les Nazis.

Dans ma mémoire, Shoah a subi, cependant, les dommages de bien d'autres oeuvres cinématographiques et littéraires. Il ne m'en reste aujourd'hui que quelques vagues images.

Cependant, l'imprécision du souvenir n'a pas fait disparaître la forte impression que me fit alors ce film. Bien qu'informé depuis longtemps sur la Solution Finale, j'eus le sentiment de découvrir, le jour où je l'ai vu, toute l'ampleur et toute l'horreur humaine de l'entreprise nazie. Sont particulièrement importants, dans le film, à cet égard, les témoignages d'anciennes victimes et d'anciens tortionnaires.

Shoah, me paraît aujourd'hui garder toute son importance, à une époque où resurgissent des formes plus ou moins virulentes d'antisémitisme. Il contribue puissamment à ce travail de mémoire qui s'impose à nous et aux générations qui vont nous suivre.

Pour l'effet révélateur qu'il eut sur moi et qui ne manquera pas de s'exercer dans l'avenir sur bien d'autres, honneur à vous, Claude Lanzmann. et merci.



Dieu est-il antisémite ?

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Lu ce matin l’article d’un blog sur la responsabilité des Juifs dans la mort du Christ. L’auteur envisage quatre appréciations du degré de leur responsabilité, la plus radicale posant que les Juifs portent l’entière responsabilité de la mort de Notre Seigneur Jésus, les Romains n’ayant été que les exécutants. Si l’on retient cette hypothèse, on peut envisager que Dieu le Père, dans son incommensurable et terrrifiante colère, ait jeté sa malédiction sur le peuple Juif dans sa totalité, de génération en génération, jusqu’à la fin des temps. Ainsi, les Juifs d’aujourd’hui, représentants d’un peuple définitivement maudit, continueraient de porter le poids des conséquences du châtiment divin. Dans cette perspective, un Adolf Hitler, un Mohammed Merah, un Amédy Coulibaly peuvent apparaître comme les agents (plus ou mois conscients) de la volonté divine. On peut imaginer qu’ils se croisent aujourd’hui au Paradis, par un effet de la grâce divine. Enfin — last but not least ? — peut se poser la douloureuse et terrifiante question : Dieu est-il antisémite ? J’imagine que ces hypothèses étroitement liées n’ont pas fini d’être agitées par les théologiens dans leurs débats.

Les récentes prises de position du Pépé François sur la responsabilité des Juifs dans la mort de Notre Seigneur Jésus m’ont tout l’air de faire partie de ce genre de propositions lénifiantes délivrées par les autorités à l’intention des masses lectrices assidues de la presse du coeur.

Si Dieu, dans son incommensurable et terrrifiante colère, a voulu la Shoah comme punition des Juifs pour avoir envoyé Son Fiston à la mort, rien n’empêche de porter plainte en justice contre Dieu pour antisémitisme et crime contre l’humanité.

A ceux qui trouveraient cette hypothèse par trop baroque, je ferai observer qu’à l’instar de chacun de mes semblables, je suis en droit de proclamer que Dieu le Père est mon fils.

L’hypothèse d’un Dieu antisémite (1/ de toute éternité 2/ seulement depuis la mort du Christ ) est théologiquement tout aussi admissible qu’une foule d’autres propositions du même tonneau. Il suffit, après tout, d’y croire. Personnellement, je pense que, pour s’être obstiné à faire scier de mille et une façons le peuple juif depuis au moins Moïse (exil en Egypte, à Babylone, contraintes morales burlesques, domination romaine etc. etc.), Dieu est antisémite de toute éternité.

Dieu fait naître Son Fils Juif parmi les Juifs ! Alors là, comme coup de pied en vache, ça dépasse de loin l’exil à Babylone. Imaginons en effet un instant que Dieu ait fait naître le Christ Chinois chez les Chinois : que de problèmes auraient été évités !

Et surtout si Dieu l’avait voulu ! Mais l’antisémitisme de Mengele est d’abord l’antisémitisme de Dieu. Ce Dieu antisémite s’est employé à protéger Son Serviteur jusqu’au bout. Et maintenant le Mengele se pavane sans doute dans Son paradis. Ah, c’est du propre !

Et dans l’hypothèse plausible d’un Dieu antisémite, pendant que Mengele se pavane au paradis (en compagnie d’Adolf Hitler, Reinhardt Heydrich etc.), Louise et ses copines subissent les tortures de l’Enfer. Ah, c’est vraiment du propre ! je suis épouvanté !

Si, selon l’hypothèse de certains théologiens, Dieu est antisémite, il faut s’attendre à ce que Ses fidèles le soient aussi en très grand nombre. Dans ce cas, l’actuelle législation réprimant l’antisémitisme aboutit à mettre hors la loi ce très grand nombre de fervents croyants. On peut alors s’attendre à ce que nombre d’entre eux fassent passer la loi de Dieu avant celle des hommes. C’est d’ailleurs, semble-t-il, ce qui s’est produit dans le cas d’un Mohammed Merah ou d’un Amédy Coulibaly. Persuadés d’accomplir la volonté de Dieu, ils s’attendaient à être reçus au paradis après leur mort, tandis que leurs victimes iraient droit en enfer. Qu’en est-il réellement ? Mystère et Gouledebaum.


( Posté par : le petit théologien débutant, avatar eugènique inquiet )


mardi 3 juillet 2018

Croisons, croisez ... 2/ Régis Debray

Je le revois, prenant place dans ce cinéma du quartier latin, à deux ou  trois rangs devant le mien. Il me reconnaît, m'adresse un salut amical et ... ce fut tout, comme dit Flaubert à la fin de L'Education sentimentale. Il est vrai que nous étions 44 dans cette khâgne, où nous étions tous deux inscrits, lui comme externe, moi comme interne. Tout le monde ne pouvait pas connaître tout le monde ni se lier d'amitié avec tout le monde.

Quelques années plus tard, je me revois, bidasse dans mon camp de Fréjus, prenant connaissance  dans la presse de ses tribulations colombiennes.

J'ai lu récemment son dernier opus, Bilan de faillite . Je ne crierais pas au chef-d'oeuvre. Ce n'est pas que ce qu'il y évoque soit sans intérêt, loin de là, mais son écriture m'y a insupporté. Il y a longtemps que je tolérais mal son goût immodéré pour la formule, l'aphorisme. Mais là, il en abuse. Tout ce clinquant à répétition gâche le propos. A son bilan de faillite, il devrait bien ajouter le choix de cette écriture. Régis Debray n'est pas un écrivain de talent.


Régis DebrayBilan de faillite  (NRF Gallimard)

dimanche 1 juillet 2018

Vel'd'Hiv' et souvenirs d'enfance

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Je me souviens que mon père, ancien policier parisien, pétainiste et antisémite convaincu, nous emmenait chaque année au Vel’ d’Hiv’, le jour anniversaire de la rafle, à laquelle il avait participé avec enthousiasme, « histoire de fêter ça » (c’était son expression). Au bar, où nous trinquions — au champagne (c’était la seule fois de l’année où il nous permettait de boire de l’alcool) –, il pérorait : « N’oubliez jamais, les enfants, que, ce jour-là, votre père a participé à une action authentiquement nationale et sociale, une action pro-française s’il en fut en ces années-là ». Nous l’écoutions, d’autant plus ravis que la séance se terminait par une distribution de cadeaux, des poupées, baptisées « juives » pour la circonstance, que, de retour à la maison, nous lardions rituellement de coups d’aiguilles avant de les entasser dans des sortes de petites baraques en bois peintes de couleurs vives, fabriquées par Papa, et dont le seuil s’ornait d’une pancarte qui disait « chambre à gaz ». Dans la chambre à côté, Papa honorait maman qui, tout en ouvrant largement les cuisses et en lâchant les gaz, chantait à tue-tête : « Maréchal, nous voilà ! « . Il s’agissait de fabriquer un petit frère « authentiquement français » (nous étions déjà douze). J’ai eu une enfance pas piquée des — pas des aiguilles — des hannetons !

Je me souviens aussi que, endoctrinés par mon père, nous fondâmes, mes frères et moi, un groupe d’action baptisé par nous « Vel’ d’Hiv’ / Nique Anne Frank », au sein duquel nous menâmes, dans les décennies 50/80 du siècle dernier, nombre d’actions antisémites, dont certaines se soldèrent bel et bien par des assassinats. Mais bah : il y a prescription. Et puis, comme dit Jean-Paul à la fin des « Mots », j’ai changé…

Je me souviens encore que, les années passant, mon père parvenait de plus en plus difficilement à satisfaire ma mère, même si elle serrait davantage les cuisses. Aussi, toujours fidèle à ses convictions, lui avait-il fabriqué en bois un modèle réduit de Torah, pour s’en servir de godemiché.

Il s’en servait aussi, à l’occasion. A l’intérieur, il avait inséré la totalité du texte microfilmé. Ce qui lui permettait de proclamer : « Ma femme et moi, la Torah, on se la fout au … « 

J'insiste sur le fait qu'il n’existe dans ces fragments de récit aucune trace d’humour, même involontaire. Il s’agit en effet d’authentiques souvenirs d’enfance et de jeunesse, que je me suis efforcé de retracer avec le plus grand souci d’objectivité.

Pendant l’Occupation, nous habitions, mes parents, mes frères et moi, rue Saint Maur. Mon père, policier parisien, et ma mère, employée autochtone des services de la Gestapo, ne cachaient pas leurs farouches opinions pétainistes et antisémites. Après la guerre, ma mère s’est plus d’une fois vantée devant nous d’avoir dénoncé 130 Juifs, dont aucun ne revint. Aujourd’hui, heureuse centenaire pensionnaire d’un EHPAD de la Côte d’Azur, elle se félicite d’avoir pu fêter la mort d’un Juif à chacun de ses anniversaires. Comme l’un de mes frères lui faisait remarquer que le compte n’y était pas et que ça faisait nettement plus d’un Juif par an , « Tu comprends, lui a-t-elle répondu avec un malicieux sourire, je me suis réservé une marge, pour le cas où je deviendrais doyenne de l’Humanité ».
Il est certain que, comme le chantait Maxime Le Forestier, on ne choisit pas ses parents.
Nul plus que moi n’admire le civisme héroïque des policiers parisiens qui protégèrent des Juifs et je ne saurais en minimiser l’efficacité. Mais, hélas, et comme chacun sait, tous ne furent pas de ce bord-là, à commencer par mon père. En retraçant ces authentiques souvenirs d’enfance et de jeunesse, j’ai voulu apporter ma modeste pierre à l’édifice de la vérité historique, toujours en cours de construction. Rien de fictif ni même de microfictif dans mes modestes révélations. Après la guerre, nombre de collègues de mon père, souvent mieux placés que lui dans la hiérarchie, étaient toujours aussi furieusement antisémites que lui et ne s’en cachaient guère. Je peux citer des noms, si vous voulez. N’idéalisons pas ce qui ne doit surtout pas l’être, hélas. Hélas.
Si j’avais voulu écrire une microfiction, elle atteindrait les dimensions de celles de Régis Jauffret. Mais ce n’est, hélas, pas le cas. Je n’ai fait qu’enchaîner d’authentiques souvenirs vécus, me pliant aux lois de la cruelle mémoire. Il n’y a là que vérité nue, plus nue encore que Maman sous l’officier S.S. qui fut, un temps, le rival de Papa. Un Papa consentant, comme le laissa plus tard entendre sa femme ? je n’ose le croire.
Constatons que, question turpitudes de la vie de famille, les premières des « Microfictions 2018 » de Régis Jauffret sont largement aussi gratinées que ma modeste microsaga familiale, totalement vraie, elle, hélas. Hélas. Et, à la différence de mes authentiques souvenirs vécus, l’humour y est, et du meilleur. Noir de noir, bien entendu.


Régis JAUFFRET Microfictions   ( NRF/ Gallimard ) 


Rédigé par  : Josip Goebbels, avatar eugènique très attardé )






lundi 4 juin 2018

Croisons, croisez ... 1/ : Jean-Claude Boulard

Je viens d'avoir 78 ans. Né le 9 mai 1940, le jour de l'entrée en France de l'armée allemande à Sedan, je suis, en somme, l'enfant du malheur. J'ai fait récemment la connaissance d'un ancien militaire né, quant à lui, le jour de la déclaration de guerre : l'enfant du malheur lui aussi. Nous avons fraternisé. Lui et moi faisons partie des quelque 15 % de Français de plus de 75 ans. Puisse-t-il revenir en bonne forme de cet hôpital où le déclin de ses forces l'a récemment conduit. De mon côté, j' ai survécu de huit ans à une maladie "chronique" comme on dit. A nos âges, mieux vaut ne pas trop hasarder de pronostics favorables.

C'est d'une maladie de ce genre qu'est probablement décédé, le 31 mai dernier, Jean-Claude Boulard, le maire du Mans. L'article du Monde parle "des suites d'une longue maladie" : formule consacrée.

Je n'ai pas fait personnellement la connaissance de Jean-Claude Boulard, et je le regrette bien. Mais nous nous sommes sans doute croisés dans les couloirs et les cours du noble lycée Montesquieu du Mans. Il devait être en seconde quand je faisais ma terminale. Plus tard, à Paris, où nous poursuivîmes nos étude, lui au lycée de la place du Panthéon, moi à celui de la rue Saint-Jacques, nous n'étions  pas non plus loin de l'autre. Plus tard, lui à Sciences Po, moi à l'ENS de Saint-Cloud, nous avons bien dû poser nos fesses le même jour à la même heure dans quelque ciné du Quartier Latin ou quelque théâtre parisien. J'ai réussi l'agrégation des lettres l'année qui précéda son entrée à l'ENA (promotion Turgot).

A partir de la fin de mes études, je ne suis plus retourné au Mans. Je n'ai donc pas eu l'occasion de connaître la carrière politique régionale de Jean-Claude Boulard. Je le regrette d'autant plus que j'ai découvert les qualités d'élu et d'homme -- d'homme, donc d'élu -- de >Jean-Claude Boulard, qualités sur lesquelles l'article du Monde insiste avec raison. C'est d'hommes de sa qualité que notre pâys a besoin.

Honneur à sa mémoire.



vendredi 4 mai 2018

Aujourd'hui comme hier : la vraie cause de l'antisémitisme

1506 -


Lu dans  Le Monde  d’ aujourd’hui un ensemble de quatre articles sur la résurgence de l’antisémitisme en France et en Europe. Quel que soit l’intérêt de ces articles, il me semble qu’ils font tous l’impasse sur la cause profonde — unique ? — de l’antisémitisme. On dénonce à juste titre les stéréotypes et préjugés véhiculés par les antisémites. Mais la médiocrité même de ces pseudo-justifications dévoile qu’elles ne sont là que comme alibis, destinés à justifier la multiplicité des actes et propos antisémites, mais surtout à masquer la vraie raison des agressions diverses contre les Juifs. Or, la vraie raison, on la connaît fort bien, au moins depuis Mircea Eliade et René Girard : c’est la pratique du bouc émissaire.

Au cours de l’Histoire, la stratégie du bouc émissaire, stratégie collective, n’a pas concerné que les seuls Juifs. Pour en comprendre l’utilité — à supposer qu’elle soit utile — on relira avec profit les pages que, dans  Léviathan , Thomas Hobbes consacre à ce qu’il appelle « l’état de nature », dont il donne une définition essentiellement politique : l’état de nature, c’est celui où les hommes, en l’absence de tout pouvoir politique organisé, sont contraints de défendre leurs intérêts et leur vie par leurs seuls moyens ; tous ayant les mêmes intérêts, les mêmes désirs, les mêmes craintes, l’état de nature, c’est la guerre permanente de tous contre tous. Pour en sortir, les hommes ont délégué à l’Etat (quelle que forme qu’il prenne) le pouvoir de les défendre par la force, dont il possède le monopole légal.

Cependant, dans les situations de crise où les craintes et les angoisses renaissent avec force, le pouvoir de l’Etat ne suffit pas. C’est là que le recours à la stratégie du bouc émissaire s’avère utile : on va détourner la colère et la violence des foules contre un groupe, désigné comme responsable de tous les maux.

Avec les Juifs, l’Europe chrétienne s’est découvert, il y a quelque deux mille ans, un bouc émissaire d’une remarquable efficacité, compte tenu des données idéologiques. Le jour où les justifications religieuses ont commencé à battre de l’aile, on en a trouvé d’autres. Ce qui me paraît sûr, en tout cas, c’est que les Juifs restent le bouc émissaire de l’Europe et du monde musulman, sans que jamais ni les responsables politiques ni les intellectuels (même les plus hostiles à l’antisémitisme) n’osent l’avouer.

Montrer que les arguments des antisémites ne valent pas un clou est évidemment nécessaire. Mais dénoncer l’archaïque politique du bouc émissaire ne l’est pas moins. Archaïque et inconsciente — ce qui la rend d’autant plus redoutable.

Je suis de ceux qui trouvent que, dans le rôle du bouc émissaire de nos sociétés, les Juifs ont assez donné. Mais si on les exonère de cette fonction sociale inavouable, ou bien on renonce consciemment à l’inefficace et hypocrite politique du bouc émissaire -- ce qui suppose un considérable effort pour en identifier les formes actuelles et analyser les causes réelles des situations actuelles d'impuissance -- ou on remplace les Juifs dans ce rôle historique : devra-t-on, dans ce cas, organiser un turn-over ? Certains se disent qu’après tout, ce ne serait que justice.

dimanche 29 avril 2018

L'espace-mouvement

1505 -


De l’autre côté de la baie vitrée qui me fait face, les feuillages s’inclinent doucement dans le vent, s’abaissent, se redressent, miroitant çà et là au gré de la lumière ; si je regarde à gauche, dans la grande salle d'à-côté, les mêmes se font voir sous un autre angle, plus sombres mais plus imposants, en reflet sur le jeu complexe des vitrages intérieurs qui découpent l'espace, démultiplient les images,   me découvrant aussi, tantôt la croupe de Patricia, tantôt le profil adorable de Martine. La symphonie des conversations, mêlées de chansons de rires et et de cris, atteint un pic puis retombe, pour s’élancer encore. Je suis le mouvement de ses beaux yeux à elle, attentifs à tout. Je devine ce qu'elle regarde, comme, hier, le reflet dans le toit blanc du sol de la terrasse où  furetait un chat blanc, presque le sosie du sien qu'elle n'a plus revu que photographié ; mais peut-être était-ce lui, venu nous faire la grâce de se montrer. Je suis mêlé à tout ce mouvement, emporté par tous ces mouvements, partie prenante de tout ce que je perçois. Je pense à la joie tragique célébrée par Clément Rosset. Je me dis qu’il fallait être culotté comme le jeune homme de vingt ans qu’il était alors pour parfumer de tragique une joie d’exister qui, à cet âge, en général, se fout bien du tragique. C’est plutôt là un sentiment de vieillard. Mais peut-être Rosset, même à cet âge, avait-il expérimenté des situations qui vous font vivre tragiquement votre joie de vivre. La philosophie d’un homme est toujours fonction de sa situation, comme eût dit Jean-Paul. Moi, tout à ma joie de l’instant, sans aucune préoccupation du passé ni de l’avenir, emporté par le mouvement du monde, je suis loin de tout sentiment du tragique. A la faveur d’un changement d’orientation d’un des vitrages intérieurs, le profil de Martine se dessine maintenant sur la croupe de Christiane, sur un fond de feuillages agités par le vent, se détachant eux-mêmes sur le fond verdoyant des collines. Les nuages viennent masquer le soleil. Quelques gouttes viennent toquer sur le toit léger de la véranda. Vive le changement dans le mouvement, plus émouvant que le mélo qui fait pleurer Margot !

mercredi 25 avril 2018

Eloge de l'hypocrisie

1504


Je viens d’achever la lecture d’un ouvrage que je recommande,  Eloge de l’hypocrisie ,     d’Olivier Babeau. Ouvrage d’un grand intérêt, même si les démonstrations ne sont pas toujours suffisamment approfondies, surtout dans la seconde partie. La principale vertu de l’hypocrisie, selon l’auteur,    est de mettre de l’huile dans les rouages de la vie sociale, de façon à la rendre supportable, et même possible.  Un exemple simple en est la politesse puérile et honnête :     « Comment allez-vous, cher ami »  peut  masquer  utilement    un moins amène  «  T’as toujours ta tronche de crétin, pauvre gond  ».     Cette forme d’hypocrisie  nécessaire touche tous les aspects de la vie sociale (économiques, politiques, religieux etc.). Elle permet   de   tourner ce qu’ont d’abusivement contraignant les règles officiellement en vigueur, les détails de la législation ,   de façon à rendre à la vie sa souplesse et son inventivité nécessaires.     Nous connaissons tous les ravages du politiquement, idéologiquement, moralement correct.

Je suispartisan d’un assouplissement des interdits, d’une levée des inhibitions, indispensables pour savoir ce que pensent réellement les gens.  Tous les aspects de la vie sont concernés.

Une arme favorite de l’hypocrisie vertueuse, c est évidemment l’arsenal  des  figures   de style, métaphore, litote, antiphrase (vide supra). Un exemple simple : si je dis « Macron est un fils de femme honorable », il est aisé de décrypter ma véritable pensée. Un effet secondaire positif de cette manipulation des figures du discours est qu’il suscite la rage impuissante des gens que vous visez. Kssss Kssss…

Le  contraire de cette hypocrisie vertueuse et socialement bienfaisante,  c’est l’ hypocrisie  qui ne se prend pas pour ce qu’elle est.  L’hypocrisie de Tartuffe, en somme. 

Tartuffe, en effet, ne se reconnaît pas pour un hypocrite. Il est persuadé, au contraire, que son droit est le bon.     Selon Olivier Babeau, les ravages historiques de cette hypocrisie tartuffesque ont été gigantesques : C’est en effet, entre autres exemples, l’hypocrisie de Staline et de ses acolytes. Notre auteur est persuadé qu’elle est en train de resurgir en force dans nos sociétés.    Sous la forme, par exemple , de   la résurgence d’un ordre moral  "nouveau   " (  si pouveau que ça ?  ),          à la suite de l’affaire Weinstein,            avec les milices « féministes » du genre #metoo et #balancetonporc.

Cultivons l’hypocrisie du premier type. Haro sur la seconde !


Olivier BabeauEloge de l'hypocrisie    ( les éditions du Cerf )

dimanche 1 avril 2018

La blague à Pépé moisi(e) du jour

1503 -


A matin, au petit dej, Pépé a l'oeil allumé des mauvais jours. Comme je déguste mon caoua, il me dit :

" Ce qui me choque dans l’horrible assassinat de la mère Knoll, c’est que les assassins aient brûlé le corps dans l’appartement, au risque de foutre le feu à tout l’immeuble. Alors que découper le corps dans la cuisine à l’aide d’un couteau électrique, entasser les morceaux dans un sac poubelle, le déposer dans le container affecté à cet usage, aurait été déjà plus conforme aux exigences de salubrité et de sécurité publiques. Et puisque l’on parle de cuisine, organiser une plancha sur le pouce entre amis aurait été dans l’ordre des choses possible. Mon Dieu, quand j’y pense… Mais on ne doit pas trop attendre de ces jeunes écervelés, tout juste capables d’accompagner d’un « Ali Babar » de pacotille leurs horreurs antisémites. "

Et le voilà qui barbote dans son bol sans attendre ma réponse.

In petto, je me dis que la santé mentale de Pépé ne s'arrange pas. C'est sans doute ce qu'il appelle de l'humiaour. Magdane soi-même n'eût pas osé.

mardi 27 mars 2018

Les larâneries de Catherine Lara

1502 -


Sur RTL le samedi 24 mars dernier, Catherine Lara a évoqué les conditions de séjour des résidents des EPHAD. Elle qualifie tout uniment ces établissements de "mouroirs". Elle  pointe l'indifférence du personnel aux conditions de vie des personnes âgées et dénonce la mauvaise qualité de la nourriture "qui est l'horreur". Selon elle, on entasse dans les EHPAD nos anciens "où on les laisse tomber carrément".

Si l'article de la page d'accueil Orange de mon ordinateur n'a pas déformé ses propos, Catherine Lara commet la bourde trop fréquente de généraliser des cas particuliers. Si certains EPHAD ne sont guère en effet que d'indignes mouroirs, c'est bien loin d'être le cas de tous. Je puis en témoigner, moi qui puis observer quotidiennement ce qui se passe dans un de ces établissements où quelqu'un qui m'est très proche et très cher a été admis. Le dévouement, la gentillesse du personnel (certes en sous-effectif), la qualité des soins, de la nourriture, des multiples activités d'animation, suscitent mon admiration. Il ne s'agit pourtant pas d'un établissement privé aux tarifs prohibitifs.

Catherine Lara n'a fait que reprendre, en le simplifiant jusqu'à la caricature, le discours actuellement dominant sur le sujet. Elle devrait pourtant se dire que, si sa mère est morte à 102 ans, la qualité des soins qu'on lui a dispensés doit bien y être pour quelque chose.

Quel que soit le sujet, ne cédons pas à la tentation de reprendre sans réfléchir le discours moralement, politiquement, idéologiquement correct et à la mode.

dimanche 25 mars 2018

La blague à Pépé du jour

1501 -


Mr et Mrs Megraath, honorable coupe de Londoniens ( si, si, en dépit de certaines apparences Megraath est un patronyme typiquement anglo-saxon ) ont un fils et une fille : comment qu'ils s'appellent ?

-- ???????

-- Mike et Kate.  Mike et Kate Megraath !


N.B. -

On aura soin de prononcer correctement Megraath : Meuhgraath

Israël et le nazisme : qui est le modèle de qui ? L'opinion de Nathanaël

1500 -


Mon ami Nathanaël, un Israélien, admirateur de Zeev Sternhell, dont l'opinion sur la question, publiée récemment par Le Monde, a fait quelque bruit, se demande si, des fois, Israël n'aurait pas fourni un exemple et une justification aux nazis. Selon lui, l'affaire porte sur trois points :

1/ la supériorité ethnique

Les nazis présentaient le peuple allemand comme un peuple supérieur, au nom d'arguments raciaux. La Bible, elle aussi, présente le peuple d'Israël comme un peuple supérieur,  non pour des raisons raciales, mais parce qu'il est le peuple élu par Dieu. Cette supériorité paraît de nature à justifier certaines pratiques.

2/ l'espace vital

Les nazis exigent que le peuple allemand dispose de l'espace vital nécessaire à son développement. Cela justifie l'annexion de territoires extérieurs, comme celui de la Pologne. Dans la Bible, Dieu désigne à Israël la Palestine comme sa terre, son espace vital qu'il s'agit de reconquérir sur les peuples qui l'occupent. Selon Nathanaël, les dirigeants actuels d'Israël, dans leur politique d'annexion déguisée de la Palestine, ne feraient que reprendre cette revendication d'espace vital.

3/ l'extermination

Que faire des indésirables ? On connaît la solution nazie. D'après la Bible, Israël a recouru plus d'une fois à une solution semblable : c'est la pratique de l'anathème. Dieu (représenté par ses prêtres) frappe d'anathème les peuples indésirables. En conséquence, on les extermine, enfants, femmes et vieillards compris. D'après Nathanaël, les nazis n'auraient fait que retourner contre les Juifs une pratique que ceux-ci auraient inventée.


Nathanaël se défend de soutenir là des opinions antisémites. Selon lui, le peuple Juif aurait été chaque fois abusé par des dirigeants pervers et criminels. Netanyahou et sa bande ne seraient que les plus récents d'une longue série.


Je fais remarquer qu'à ce compte, on ne compte plus les peuples qui se sont comportés de la même manière. Ces revendications et ces pratiques paraissent aussi vieilles que l'humanité, aussi anciennes en tout cas que le néolithique, à en croire Claude Lévi-Strauss qui, dans Tristes tropiques, nous dit que les Nambikwara qualifient leus voisins d 'oeufs de pou, tout juste bons à être exterminés.


( Posté par : Johnny l'Oeuf Debout , avatar eugènique (ré)élu )

mercredi 14 mars 2018

Consentement : un mot inapproprié ?

1500 -


En matière de sexualité, le consentement ne cesse d'être invoqué. Mais la notion de consentement a surtout un sens juridique ; elle est fort éloignée de la réalité des rapports sexuels, autrement compliquée. Ainsi, l'âge de la majorité sexuelle sera bientôt fixé à 15 ans. Avant 15 ans révolus, on sera considéré, légalement parlant, comme incapable de donner son consentement. Dans la réalité, c'est souvent bien autre chose et plus d'une adolescente, plus d'un adolescent se rira sans doute de cette barrière si facile à enjamber.

Dans la réalité, le consentement ou le non-consentement sont presque toujours très difficiles à prouver. C'est presque toujours la parole d'un des partenaires contre celle de l'autre. Mais il faut bien ce pauvre concept du consentement ou du non-consentement pour qu'un juge d'instruction tente d'éclairer tant d'affaires de harcèlement sexuel ou de viol.

La vie amoureuse devrait exclure comme dépourvue de sens la question du consentement. Quand l'attirance et le désir sont partagés, elle ne se pose même pas ! Quelle tristesse qu'une vie conjugale où l'épouse serait seulement "consentante"... Cela  existe pourtant. Peut-on être à la fois frigide et consentante ?

Ainsi la vie amoureuse ne saurait s'affranchir des aléas du quotidien, où la question du consentement se pose en effet. Le désir n'est pas toujours au  rendez-vous, et si l'un des partenaires dit "non" (c'est souvent la femme), eh bien c'est non. Barrière non transgressable, non transgressée quand l'amour est partagé. No trespass.

Je pense avec Aragon que la femme est l'avenir de l'homme. Mais dans le domaine de la sexualité,  cet avenir ne se réalisera que lorsque les hommes -- tous les hommes -- auront compris qu'il ne saurait y avoir de relation sexuelle et amoureuse que fondée sur le désir partagé. Imposer par la force, l'intimidation, la ruse, une relation sexuelle à une femme est abject et expose en effet celui qui le fait aux rigueurs de la loi.

Dans ma saga familiale, la figure d'un de mes arrières grands-pères a toujours suscité mon incrédule hilarité. Il paraît que le soir, au moment du coucher, il se dressait devant son épouse, commençait de se déboutonner et annonçait l'imminence du moment d'expédier les affaires courantes par cette phrase rituelle : " Femme, la Nature commande."

Dans un tel scénario, l'épouse était forcément consentante. Consentante par défaut, comme on dit dans le langage informatique.

Scène à laquelle mon imagination se plaît à opposer le duo farcesque d'un sosie nain de Jerry Lewis et de sa monumentale épouse-virago :

-- Dis-donc, ma Mimine, j'irions ben tirer un coup...
-- Tais-toué et mange ta soupe.

Notons tout de même que mon arrière-papy, probable "libre-penseur" n'invoquait plus la Bible, mais la Nature. Les Lumières avaient réussi à percer jusque dans ce coin reculé du Maine, sans toutefois ébranler les piliers du patriarcat. C'est sans doute comme ça que ma grand-mère maternelle a fait dix enfants. Cela se passait dans la Sarthe, pas en Turquie.

dimanche 4 mars 2018

La guerre des sexes ou Tartuffe 2018

On le sait, la guerre des sexes dure depuis les origines de l'humanité. Tendre guerre parfois, sans doute. Façon d'obtenir de l'autre camp quelques menues concessions. Cela n'empêchera pas la guerre de continuer, sans doute jusqu'à l'extinction du genre humain.

Dans une guerre, tant que la victoire d'un des camps ou  la négociation n'y ont pas mis fin, la désertion, la trahison, sont des crimes passibles de la peine capitale.

Dans la guerre des sexes, j'ai  depuis toujours choisi mon camp. Je suis  un homme. Je suis donc attaché au maintien des avantages, de la supériorité, de la domination du camp masculin. Les revendications des femmes me laissent indifférent ou hostile. Ce sont leurs problèmes, ce ne sont pas les miens. Je ne me suis d'ailleurs jamais intéressé aux femmes qu'en tant qu'objets sexuels, autant dire de proies. J'y ai trouvé largement mon compte, et compte bien profiter encore longtemps de ma situation de mâle dominant.

Toutefois, depuis quelques temps, il faut bien l'avouer, claironner le droit des mâles à dominer les femmes n'a pas bonne presse. L'affaire Weinstein nous aura fait beaucoup de torts. L'ennemi s'est  engouffré dans la brèche. Ainsi, l'attaquer de front n'est pas la stratégie adéquate. Quand on voit beaucoup (beaucoup trop) d'hommes embrasser -- sincèrement ou pas --la cause de l'autre camp, on se dit qu'il convient de mettre -- verbalement du moins -- une bonne dose d'eau dans son vin. On s'attachera donc à proclamer sa sympathie pour la cause des femmes, sa solidarité dans leurs combats. On continuera à n'en  penser pas moins (in petto). Façon habile de préparer la contre-attaque.

Je suis donc devenu un officieux ami des femmes et un soutien de leurs revendications, de façon aussi insincère qu'opportuniste. Cela ne m'est pas difficile, car j'ai toujours été un enthousiaste de la tactique décrite par Molière  dans un passage célèbre de Dom Juan,  que j'ai très légèrement modifié aux endroits stratégiques, histoire de mettre les poings sur les zizis :

"
 Sganarelle -- Quoi ? vous ne croyez rien du tout, et vous voulez cependant vous ériger en homme de bien ?

Dom Juan -- Et pourquoi non ? il y en a tant d'autres comme moi qui se mêlent de ce métier et qui se servent du même masque pour abuser le monde.

Sganarelle -- Ah, quel homme ! quel homme !

Dom Juan -- Il n'y a plus de honte maintenant à cela. L'Hypocrisie est un vice à la mode, et tous les vices à la mode passent pour vertus ; le personnage d'homme de bien est le meilleur de tous les personnages qu'on puisse jouer aujourd'hui, et la profession d'hypocrite a de merveilleux avantages. C'est un art de qui l'imposture est toujours respectée, et quoi qu'on la découvre, on n'ose rien dire contre elle. Tous les autres vices des hommes sont exposés à la censure, et chacun a la liberté de les attaquer hautement ; mais l'Hypocrisie est un vice privilégié, qui de sa main ferme la bouche à tout le monde, et jouit en repos d'une impunité souveraine. On lie  à force de grimaces une société avec tous les gens du parti ; qui en choque un se les jette tous sur les bras, et ceux que l'on sait même agir de bonne foi là-dessus, et que chacun connaît pour être véritablement touchés ; ceux-là, dis-je, sont toujours les dupes des autres, ils donnent hautement dans le panneau des grimaciers, et appuient aveuglément les singes de leurs actions. Combien crois-tu que j'en connaisse, qui par ce stratagème ont rhabillé adroitement les désordres de leur jeunesse, qui se sont fait un bouclier du manteau de la cause des Femmes, et, sous cet habit respecté, ont la permission d'être les plus méchants hommes du monde ? on a beau savoir leurs intrigues, et les connaître pour ce qu'ils sont, ils ne laissent pas pour cela d'être en crédit parmi les gens, et quelque baissement de tête, un soupir mortifié, et deux roulements d'yeux rajustent dans le monde tout ce qu'ils peuvent faire. C'est sous cet abri favorable que je veux me sauver et mettre en sûreté mes affaires. Je ne quitterai point mes douces habitudes, mais j'aurai soin de me cacher, et me divertirai à petit bruit. Que si je viens à être découvert, je verrai sans me remuer prendre mes intérêts à toute la cabale, et je serai défendu par elle, envers et contre tous. Enfin, c'est là le vrai moyen de faire impunément tout ce que je voudrai. Je m'érigerai en censeur des actions d'autrui, jugerai mal de tout le monde, et n'aurai bonne opinion que de moi. Dès qu'une fois on m'aura choqué tant soit peu, je ne pardonnerai jamais, et garderai tout doucement une haine irréconciliable. Je ferai le vengeur des intérêts des Femmes, et sous ce prétexte commode je pousserai mes ennemis, je les accuserai de harcèlement sexuel et de viol, et saurai déchaîner contre eux les zélées indiscrètes de #balance ton porc, qui sans connaissance de cause crieront en public contre eux, qui les accableront d'injures et les damneront hautement de leur autorité privée. C'est ainsi qu'il faut profiter des faiblesses des hommes et qu'un sage esprit s'accommode des vices de son siècle . "

Quant à moi, on n'aura pas de peine à deviner ce que sont " mes douces habitudes " en matière de femmes et qu'à l'instar de Dom Juan je continuerai de me divertir à petit bruit. Il est vrai que, dès mon adolescence, le plan-cul de Tartuffe a toujours eu ma préférence.

Ciao les nénettes et à la revoyure. On va voir ce qu'on va voir !

En tout cas, dieu que les classiques sont d'actualité par nos temps troublés !



Additum  --

Je m'avise soudain que, depuis quelques longues années, je vis dans un environnement majoritairement composé de femmes, la plupart jeunes et jolies. Leurs sourires, leur gentillesse, leur sollicitude, leur compétence m'ont aidé à vivre. Que dis-je, elles ont contribué à me sauver la vie, et plutôt deux fois qu'une... Quelle harmonie dans la diversité, quels émerveillements renouvelés, quelle estime et quelle admiration, quelle fascination pour tout dire sont les miennes...  Aïe aïe aïe ! Serais-je un féministe sincère sans le savoir, le contraire de celui que je fais mine d'être ? Tartuffe, au secours !


( Posté par : Johannès Truffaldino, avatar eugènique faucheton )

lundi 26 février 2018

Vive Laeticia !

1498 -


Dans l'affaire du testament de Johnny, je constate que la Laura et le David l'ont dans le tutu, bien à fond et sans vaseline. Ils n'ont pas l'air d'en jouir : tous les goûts sont dans la nature.

Quant à moi, j'en rigole comme un bossu : tout le monde n'a pas le même sens du comique.

En attendant l'hypothétique conclusion de ce misérable feuilleton, gardons en mémoire le proverbe charentais : c'est à la fin de la foire qu'on ramasse les bouses.

Je parie sur Laeticia. Vive elle ! S'il s'avère qu'elle a savamment niqué la gueule à ces deux pleurnichards, même pas cap de reconnaître sportivement leur défaite, je l'en admire et  l'aime davantage ! J'en aurais fait autant ! Rien qu'à voir la tronche qu'ils font et que font leurs supporters (ah ! le Mitchell, ah le Dutronc, ah le Debout, ah la BB !), elle doit drôlement se marrer. De toute façon, à elle le magot, raison suffisante pour soutenir sa cause. Vae victis !

                                                                              *

Entendu ce matin, sur BFMTV, que la guerre fratricide des clans Halliday "alimente les médias" de leurs infos et points de vue contradictoires. Certes, mais quel empressement des médias à se ruer à la soupe ! Même mon chat ne se jette pas avec autant d'avidité sur son bol de croquette. Quant à " l'opinion publique ", avec quel bonheur elle lape n'importe quel brouet ! Plus c'est con, plus ça lui plaît.

Méprisons les "people". Méprisons les médias empressées à servir au populo la merde qu'on l'a dressé à prendre pour de la nourriture. Méprisons l'immonde "opinion publique".

                                                                           
                                                                             *

BFMTV m'a tout l'air du média grand public dont le fond de commerce fait ses choux gras de  l'actualité la plus insignifiante et la plus vulgaire. mais ce n'est pas le seul. Même des hebdos ayant pignon sur rue, comme l'Express ou l'Observateur ont consacré des pages à la success story de la succession de Johnny. Il faut croire que, s'il en est ainsi, c'est qu'au moins (au moins !) 80% des Français sont à peu près incapables de s'intéresser à autre chose qu'à ce genre de feuilleton débile, qu'il s'agisse des déboires financiers du premier people venu, du dernier tueur en série en voie d'identification ou de l'encore inédit scandale de cul. Le citoyen lambda semble pris dans une spirale de trumpisation galopante. Déchéance collective.