samedi 28 juillet 2018

Oh ! L'eau rime !

1520 ---


Emmanuel Macron

Est manuel, mac rond ?

Aime à Noël maquereau

Est manuelle, ma queue ronde ?

Emma nue, elle m'a que rond

*

François Hollande

France, oie aux landes

*

Nicolas Sarkozy

Nique, ô las, ça : haricot ? Zizi !

Nigaud las : ça recause. Hi !

*

Jacques Chirac

Jacuzzi raque

Jacques chie. Rrrrrrrac !

*

François Mitterrand

France soit mythe errant !

France, sois mite errante !

*

Valéry Giscard d'Estaing

Va, elle rit : j'hisse quart d'intestin !

Valet Régis, gardez ce teint

Phalle érigé : squale destin !

*

Georges Pompidou

Chaud orage, bombyx doux

Chaud rejeu, pompe itou

*

Général de Gaulle

Gêne et râle : décolle !

Gêné râle de goal

J'en ai ras l'de Gaule

*

Jean-Paul Sartre

Champ, pôle tartre

*

Simone de Beauvoir

Si mon nez était beau ... voire

Six Monet... des beaux ! Voir !

*

Albert Camus

Ale ! Bière ! Came ! Hue !

*

Michel Houellebecq

Miche, elle ? Ou elle bec ?

*

Samuel Beckett

SAMU hèle, B. quête !

ça mue, elle : biquette ?

*

Marguerite Duras

Mare, gué ..., rites durs, ah !

Narguez rites du rat

*

Jean d'Ormesson

J'endors mes sons

*

Chasse ! hue ! Fi ! Gomme ça !

*

Han ! gore ! Hun !


Si c'est rond, c'est point carré

Cicéron c'est Poincaré !

Six cerfs ont sept points carrés

Six cerfs ont sept pots (un carré)

Six cerfs ont sept pots incas à raies


( Posté par : O. Lorim , avatar eugènique des jantés )

mercredi 25 juillet 2018

La différence entre le Président de la République et moi

1519 ---


Quelle est la différence entre le Président de la République et moi ?

Elle est la suivante :

Quand le Président de la République déclare : " Alexandre Benalla n'a jamais été mon amant ", on n'est pas obligé de le croire. On peut même légitimement nourrir un sérieux doute.

Tandis que si je déclare la même chose, on me croit tout de suite.


N.B.  --   On observe que, sur la question, Brigitte observe de Conrart le silence prudent.


( Posté par :  Eugène )


mardi 24 juillet 2018

L'indécence au sommet

1518 ---


Ma femme et moi sommes retraités. Depuis le début de l'année, nos revenus sont amputés de plus de 80 euros chaque mois, au titre de l'augmentation de la CSG. Dans l'intérêt de la communauté nationale, on nous a imposé ce sacrifice.

Sacrifice d'autant plus important pour nous que, depuis le début de l'année, ma femme est hébergée dans un EHPAD. Ce n'est pas donné.

Le sieur Benalla, naguère chauffeur d'un ministre de Hollande qui l'aurait licencié pour faute professionnelle grave, a suivi des formations pour devenir agent de sécurité. En dehors de ses aptitudes à faire le coup de poing, on ne voit pas quelles éminentes qualités justifierait les confortables émoluments dont il a bénéficié jusqu'à une date récente ( peut-être en bénéficie-t-il encore) et qui friseraient (dépasseraient) les 10 000 euros mensuels, ainsi que le privilège d'être hébergé dans un bâtiment dépendant de l'Elysée, sans doute aux frais de la princesse ( la princesse, c'est nous). Sans compter sa promotion au rang de lieutenant-colonel de la gendarmerie.

Selon le Préfet de police de Paris, l'affaire Benalla est le produit d'un copinage malsain. Disons plutôt sordide. Selon d'autres, le sieur Macron ne participerait pas à ce copinage. Rien n'est moins sûr.

Quoi qu'il en soit, de telles pratiques, dignes d'une république bananière, déconsidèrent notre démocratie. Elles sont une insulte à chacun des citoyens de ce pays.

En tout cas, les responsabilités du sieur Macron en cette affaire ne font aucun doute. Au lieux, son cas relève de l'inconscience et de l'incompétence ; au pire, de la complicité.


( Posté par : Eugène )

dimanche 22 juillet 2018

Croisons, croisez : 3/ Baron Empain

1517 ---


C'était dans le quartier de l'Opéra, voici quelques décennies. Je m'apprêtais à traverser un rond-point, empruntant sagement le passage clouté ( ils l'étaient encore, à l'époque ). Et voilà-t-y pas que je suis doublé par un grand escogriffe dégingandé en qui je reconnais illico ... le baron Empain. Quelques mois auparavant, ses ravisseurs l'avaient libéré.

Et là, j'ai commis l'erreur de ma vie. Au lieu de sortir mon flingue de mon petit sac, de braquer le baron, de le conduire dans une cave toute proche et de le séquestrer jusqu'à versement d'une rançon conséquente, je n'ai rien fait. Strictement rien ! J'ai passé mon chemin, et lui le sien.

Certes, je n'avais pas de flingue dans mon petit sac, je n'avais pas loué de cave à proximité, Mais j'aurais pu prévoir !

Ce jour-là, je me baladais dans le quartier en compagnie de ma chère et tendre à qui je faisais visiter la capitale, encore inconnue d'elle, que je croyais. Je venais de la laisser seule pour je ne sais plus quelle raison. Ayant traversé le passage clouté, je m'engage sous des arcades d'une rue de ce quartier très bourge, et voilà-t-y pas que je croise ma chère et tendre, qui fait mine de ne pas me reconnaître. Je me retourne, et voilà-t-y pas que je la vois en train d'aborder un monsieur très bien sur lui, et voilà-t-y pas qu'après un bref con s'il y a bulle, il s'engagent dans une entrée d'hôtel très bourge façon  Lutetia.

Qu'est-ce qu'ils ont pu bien foutre ensemble dans cet hôtel, je me le demande encore. J'avoue que, là encore, j'ai manqué d'esprit d'initiative.

J'ai le sentiment que ce jour-là, ma vie a basculé.


( Posté par : Jeannot-le-Nigaud, avatar eugènique à retardement )






jeudi 19 juillet 2018

Un fragment de mon roman en cours de rédaction

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Sur le tard, voici que je me suis :mis en tête d'écrire un roman. Comme j'ai fort peu d'imagination, je me suis directement inspiré des modestes aventures de ma vie ; en somme ce "roman" est une autobiographie déguisée. Seuls les noms sont changés. Ainsi l'épisode dont on va lire un extrait démarque une aventure de mes vingt-cinq ans. Je l'ai retenue parce qu'elle me paraissait au goût du jour et suffisamment divertissante :

" Annie Prat, bien qu'elle n'eût que quinze ans, jouissait d'une grande popularité auprès des garçons. Elle appartenait à la légende de Limoges. Cette légende n'avait pas été forgée de toutes pièces comme il arrive parfois ; dans son cas, la réalité dépassait la fiction. Pleine d'expérience ( elle avait commencé sa carrière amoureuse à douze ans ), il lui suffisait d'une demi-heure pour étancher la soif sexuelle de ses jeunes amis. Elle devait respecter cet horaire afin d'en satisfaire le plus grand nombre possible.
   Derrière l'écran d'argent du cinéma Le Globe, il y avait une grande pièce où étaient rangées les lettres qui servaient pour les titres  de la façade (elles s'éclairaient le soir au néon ), les uniformes des ouvreuses, des serviettes, du savon et différents accessoires. Dans un coin étaient roulés les tapis de la salle et des escaliers qui servaient une saison sur deux. C'était sur cette pile de tapis que la légende d'Annie était née. C'était là qu'elle offrait son corps le plus souvent, encore qu'il lui  arrivât de se contenter d'une voiture en stationnement ou d'un banc dans une avenue déserte.
   On ne pouvait pas dire qu'Annie était jolie, pas plus qu'on ne pouvait dire qu'elle était laide. Elle ressemblait à toutes les écolières de la ville, et si honnête était son comportement quand elle allait à l'école ou en revenait, ses livres sous le bras, avec la même petite jupe et les mêmes souliers plats que ses camarades, qu'une personne non avertie n'aurait japamis pu se douter des orgies nocturnes auxquelles elle se livrait. Il y avait deux êtres en elle. Miss Jekyll, la petite fille sans maquillage, les cheveux sagement tendus par une barrette, et Miss Hyde.
   En dépit de la renommée d'Annie, trois personnes ignoraient tout de sa conduite. Deux étaient naturellement ses parents, des gens fort honorables qui gagnaient difficilement leur vie ; la troisième, du moins jusqu'à un certain vendredi soir, étaitt moi.
   Tous deux, nous fîmes connaissance à la buvette du Globe. Je lui offris un verre de limonade. Elle l'avala d'un trait et me remercia d'un sourire. Je souris en retour. Elle dit : "Voulez-vous vous asseoir à côté de moi ? "
   Nous nous installâmes au troisième rang des fauteuils d'orchestre. Annie appuya son genou sur le mien et commença à se trémousser. Nos mains se joignirent. Au moment où je constatais avec horreur que mes paumes étaient moites, elle me saisit la main droite et la posa sur sa cuisse gauche. Elle se servit de sa main à elle pour juger de mon degré d'excitation. Trouvant que celui-ci n'était pas négligeable, elle demanda à être embrassée. Dans mon émoi, je n'y avais pas pensé. Les lèvres de la fille se collèrent aux miennes, dans un élan vital tellement désespéré que j'eus l'impression de faire du bouche-à-bouche à une personne blessée mortellement dont le coeur bat encore. "

On se doute que j'ai arrangé à ma façon ce souvenir de mes vingt-cinq ans. Je fais manifestement d'Annie le portrait d'une foutue salope, de façon à lui faire porter toute la responsabilité. Dans la scène du cinéma notamment, j'ai inversé les rôles. En réalité, c'est moi qui pris l'initiative, me livrant sur la malheureuse (malheureuse ? tant que ça ?) à d'intolérables attouchements sexuels sur mineure de quinze ans tombant sous le coup de la loi. De toute façon, je m'en fous : il y a prescription (enfin, je crois). Bien sûr, j'ai changé le nom et le prénom de la victime. Hi hi.

Suite de l'épisode ( chapitre III de mon roman ) :


Quelques uns s'en sont sans doute aperçus : j'ai plagié dans mon prétendu roman autobiographique un passage d'un roman célèbre. Mais comme je tiens à m'en assurer, je soumets mes éventuels lecteurs au Quiz suivant :

1/ Quel est le titre du roman que j'ai pompé ?

2/ Qui en est l'auteur ?

Deux carambars à qui trouvera les deux bonnes réponses.


( Posté par Eddy le Plagiste, avatar eugènique littérhâbleur )


mercredi 18 juillet 2018

Rataboum !

Comme tout un chacun, j'accède à internet par l'intermédiaire d'une page d'accueil concoctée par mon fournisseur d'accès, en l'occurrence la maison Orange. J'ai souvent  remarqué la tendance des concepteurs de cette page à multiplier les titres raccrocheurs, dont la niaiserie semble avoir été mesurée à l'aune de la débilité supposée des internautes.

1515 (Marignan) ---


Ce mercredi 18 juillet 2018, le record semble battu. Est-ce l'effet de la victoire des Bleus ? C'est probable. Qu'on en juge :

" Les Bleus à l'Elysée : Laura Flessel tape du poing sur la table "

" Victoire des Bleus : l'énorme coup de gueule de Nicolas Batum "

" Les Bleus ont provoqué des tremblements de terre "

" La parade des Bleus a failli tourner au drame ".

On pourrait croire qu'avec un (progressif) retour au calme, les commentaires vont se calmer aussi. Ce serait négliger qu'il n'y a pas que les Bleus qui foutent la pagaille :

" Coup de tonnerre dans le secteur du prêt-à-porter "

" Dramatique feu d'artifice en Moselle "...


Sans compter : " Johnny bientôt au Panthéon ? ".

Alors là, c'est le méga-choc !


Si les amateurs de sensations fortes n'en ont pas pour leur argent, c'est à désespérer. 

En tout cas, il est clair que, pour les concepteurs de la page d'accueil Orange, la meilleure façon d'accrocher l'intérêt des internautes, c'est que ça pète tous azimuts.


Je rêve d'une page d'accueil façon revue Esprit !  Mais faut pas rêver.


( Posté par : Le Pétophile secoué, avatar eugènique ébahi )

lundi 16 juillet 2018

Vive l'Afrance !

L'Afrance est le titre d'un film d'Alain Gomis sorti en 2001. Il y est question des tribulations d'un étudiant sénégalais, tiraillé entre son pays d'origine et sa patrie d'adoption.

L'Afrance sera peut-être un jour l'orthographe du nom de notre pays. L'orthographe actuelle conserve le souvenir des envahisseurs de jadis. C'était l'époque des "grandes invasions". La composition ethnique de la France s'en trouva considérablement affectée.

Aujourd'hui, le territoire de la France est à nouveau , depuis déjà bien des décennies,  le lieu de changements ethniques majeurs. Les populations  d'origine africaine y sont de mieux en mieux représentées. On peut penser que, dans peu d'années, l'augmentation de leurs effectifs sera de plus en plus spectaculaire, compte tenu des mouvements migratoires en cours, appelés à s'amplifier sous l'effet de facteurs bien connus.

La composition de l'effectif de notre belle équipe de France de football est un indice très parlant, parmi beaucoup d'autres, de ces évolutions. Pour près de la moitié, ses membres sont d'origine africaine ou antillaise. Citoyens français pur sucre, d'ailleurs, étant nés dans la région parisienne, la région toulousaine, la région lyonnaise etc. Le président Obama vient de déclarer : "Tous ces gars ne ressemblent pas, selon moi, à des Gaulois, mais ils sont français, ils sont français". On ne saurait mieux dire.

Un jour lointain peut-être, la France s'appellera l'Afrance. Pourquoi pas. Cela ne me gênera pas, en tout cas, vu que je suis né d'une mère éthiopienne, juive falasha, et d'un père sénégalais.

Ainsi donc, vive l'Afrance, plus que jamais pays de la diversité ethnique, pour le meilleur, comme on vient de le voir à Moscou !


(  Posté par : N'Golo, avatar eugènique Afrançais )




mercredi 11 juillet 2018

Une demi-finale déconcertante

1513 --


Comme beaucoup de téléspectateurs, je me suis laissé tenter par la demi-finale de la Coupe du Monde.

J'avoue avoir été déçu ! Toutes les règles du jeu semblaient avoir été inopinément changées : sur un terrain beaucoup trop grand, deux équipes à l'effectif double de l'effectif réglementaire s'affrontaient. Alors que, normalement, il est interdit de toucher le ballon du pied, mais seulement de la main, les joueurs se l'échangeaient à grands coup de tatane. Le plus étonnant était que les paniers avaient été disposés au ras du sol ; résultat : plus aucun de ces spectaculaires bonds dont les équipes de NBA nous ont abondamment gratifiés dans le passé.

Pour tout dire, toutes ces innovations m'ont paru incongrues. Si encore on avait remplacé onze joueurs par onze joueuses en tutu, on aurait pu monter une chorégraphie qui, sans atteindre les sommités du Bolchoï ( auquel, du reste, on aurait pu emprunter son orchestre ), n'aurait pas laissé d'être distrayante.

J'ai remarqué aussi que le joueur français ( ? ) qui a marqué le panier victorieux était tout noir, comme d'ailleurs plusieurs de ses coéquipiers. " Une épidémie  ? " ai-je demandé à mon ami Jules Faurisson qui regardait le match avec moi. " Tu n'y es pas, m'a-t-il répondu. L'équipe est sponsorisée par Banania.".

Par Banania ? Tout s'explique. Mais est-il bien licite que dans une compétition de ce niveau, une équipe se fasse sponsoriser par une entreprise privée ?

Je m'interroge.

Toutefois, dans l'attente de la finale, crions ensemble très fort : " La Françafrique vaincra ! ".


N.-B.  ---

Renseignements pris, tous les joueurs Noirs de l'équipe sont, bien entendu, d'authentiques Français, nés à Paris, Toulouse, etc. Mon ami Jules Faurisson peut aller déguster son Banania. Foin de la Françafrique, et vive la France !

( Posté par : Blaise de Montutuydit, avatar eugènique sportsman )






vendredi 6 juillet 2018

Claude Lanzmann est mort

1512 ---


Comme le plupart des gens, je pense, je ne connais guère Claude Lanzmann que par Shoah , le film qui le fit connaître du grand public, tout en popularisant par son titre ce terme hébreu qui désigne aujourd'hui couramment l'entreprise d'extermination des Juifs par les Nazis.

Dans ma mémoire, Shoah a subi, cependant, les dommages de bien d'autres oeuvres cinématographiques et littéraires. Il ne m'en reste aujourd'hui que quelques vagues images.

Cependant, l'imprécision du souvenir n'a pas fait disparaître la forte impression que me fit alors ce film. Bien qu'informé depuis longtemps sur la Solution Finale, j'eus le sentiment de découvrir, le jour où je l'ai vu, toute l'ampleur et toute l'horreur humaine de l'entreprise nazie. Sont particulièrement importants, dans le film, à cet égard, les témoignages d'anciennes victimes et d'anciens tortionnaires.

Shoah, me paraît aujourd'hui garder toute son importance, à une époque où resurgissent des formes plus ou moins virulentes d'antisémitisme. Il contribue puissamment à ce travail de mémoire qui s'impose à nous et aux générations qui vont nous suivre.

Pour l'effet révélateur qu'il eut sur moi et qui ne manquera pas de s'exercer dans l'avenir sur bien d'autres, honneur à vous, Claude Lanzmann. et merci.



Dieu est-il antisémite ?

1511 ---


Lu ce matin l’article d’un blog sur la responsabilité des Juifs dans la mort du Christ. L’auteur envisage quatre appréciations du degré de leur responsabilité, la plus radicale posant que les Juifs portent l’entière responsabilité de la mort de Notre Seigneur Jésus, les Romains n’ayant été que les exécutants. Si l’on retient cette hypothèse, on peut envisager que Dieu le Père, dans son incommensurable et terrrifiante colère, ait jeté sa malédiction sur le peuple Juif dans sa totalité, de génération en génération, jusqu’à la fin des temps. Ainsi, les Juifs d’aujourd’hui, représentants d’un peuple définitivement maudit, continueraient de porter le poids des conséquences du châtiment divin. Dans cette perspective, un Adolf Hitler, un Mohammed Merah, un Amédy Coulibaly peuvent apparaître comme les agents (plus ou mois conscients) de la volonté divine. On peut imaginer qu’ils se croisent aujourd’hui au Paradis, par un effet de la grâce divine. Enfin — last but not least ? — peut se poser la douloureuse et terrifiante question : Dieu est-il antisémite ? J’imagine que ces hypothèses étroitement liées n’ont pas fini d’être agitées par les théologiens dans leurs débats.

Les récentes prises de position du Pépé François sur la responsabilité des Juifs dans la mort de Notre Seigneur Jésus m’ont tout l’air de faire partie de ce genre de propositions lénifiantes délivrées par les autorités à l’intention des masses lectrices assidues de la presse du coeur.

Si Dieu, dans son incommensurable et terrrifiante colère, a voulu la Shoah comme punition des Juifs pour avoir envoyé Son Fiston à la mort, rien n’empêche de porter plainte en justice contre Dieu pour antisémitisme et crime contre l’humanité.

A ceux qui trouveraient cette hypothèse par trop baroque, je ferai observer qu’à l’instar de chacun de mes semblables, je suis en droit de proclamer que Dieu le Père est mon fils.

L’hypothèse d’un Dieu antisémite (1/ de toute éternité 2/ seulement depuis la mort du Christ ) est théologiquement tout aussi admissible qu’une foule d’autres propositions du même tonneau. Il suffit, après tout, d’y croire. Personnellement, je pense que, pour s’être obstiné à faire scier de mille et une façons le peuple juif depuis au moins Moïse (exil en Egypte, à Babylone, contraintes morales burlesques, domination romaine etc. etc.), Dieu est antisémite de toute éternité.

Dieu fait naître Son Fils Juif parmi les Juifs ! Alors là, comme coup de pied en vache, ça dépasse de loin l’exil à Babylone. Imaginons en effet un instant que Dieu ait fait naître le Christ Chinois chez les Chinois : que de problèmes auraient été évités !

Et surtout si Dieu l’avait voulu ! Mais l’antisémitisme de Mengele est d’abord l’antisémitisme de Dieu. Ce Dieu antisémite s’est employé à protéger Son Serviteur jusqu’au bout. Et maintenant le Mengele se pavane sans doute dans Son paradis. Ah, c’est du propre !

Et dans l’hypothèse plausible d’un Dieu antisémite, pendant que Mengele se pavane au paradis (en compagnie d’Adolf Hitler, Reinhardt Heydrich etc.), Louise et ses copines subissent les tortures de l’Enfer. Ah, c’est vraiment du propre ! je suis épouvanté !

Si, selon l’hypothèse de certains théologiens, Dieu est antisémite, il faut s’attendre à ce que Ses fidèles le soient aussi en très grand nombre. Dans ce cas, l’actuelle législation réprimant l’antisémitisme aboutit à mettre hors la loi ce très grand nombre de fervents croyants. On peut alors s’attendre à ce que nombre d’entre eux fassent passer la loi de Dieu avant celle des hommes. C’est d’ailleurs, semble-t-il, ce qui s’est produit dans le cas d’un Mohammed Merah ou d’un Amédy Coulibaly. Persuadés d’accomplir la volonté de Dieu, ils s’attendaient à être reçus au paradis après leur mort, tandis que leurs victimes iraient droit en enfer. Qu’en est-il réellement ? Mystère et Gouledebaum.


( Posté par : le petit théologien débutant, avatar eugènique inquiet )


mardi 3 juillet 2018

Croisons, croisez ... 2/ Régis Debray

Je le revois, prenant place dans ce cinéma du quartier latin, à deux ou  trois rangs devant le mien. Il me reconnaît, m'adresse un salut amical et ... ce fut tout, comme dit Flaubert à la fin de L'Education sentimentale. Il est vrai que nous étions 44 dans cette khâgne, où nous étions tous deux inscrits, lui comme externe, moi comme interne. Tout le monde ne pouvait pas connaître tout le monde ni se lier d'amitié avec tout le monde.

Quelques années plus tard, je me revois, bidasse dans mon camp de Fréjus, prenant connaissance  dans la presse de ses tribulations colombiennes.

J'ai lu récemment son dernier opus, Bilan de faillite . Je ne crierais pas au chef-d'oeuvre. Ce n'est pas que ce qu'il y évoque soit sans intérêt, loin de là, mais son écriture m'y a insupporté. Il y a longtemps que je tolérais mal son goût immodéré pour la formule, l'aphorisme. Mais là, il en abuse. Tout ce clinquant à répétition gâche le propos. A son bilan de faillite, il devrait bien ajouter le choix de cette écriture. Régis Debray n'est pas un écrivain de talent.


Régis DebrayBilan de faillite  (NRF Gallimard)

dimanche 1 juillet 2018

Vel'd'Hiv' et souvenirs d'enfance

1509 ---


Je me souviens que mon père, ancien policier parisien, pétainiste et antisémite convaincu, nous emmenait chaque année au Vel’ d’Hiv’, le jour anniversaire de la rafle, à laquelle il avait participé avec enthousiasme, « histoire de fêter ça » (c’était son expression). Au bar, où nous trinquions — au champagne (c’était la seule fois de l’année où il nous permettait de boire de l’alcool) –, il pérorait : « N’oubliez jamais, les enfants, que, ce jour-là, votre père a participé à une action authentiquement nationale et sociale, une action pro-française s’il en fut en ces années-là ». Nous l’écoutions, d’autant plus ravis que la séance se terminait par une distribution de cadeaux, des poupées, baptisées « juives » pour la circonstance, que, de retour à la maison, nous lardions rituellement de coups d’aiguilles avant de les entasser dans des sortes de petites baraques en bois peintes de couleurs vives, fabriquées par Papa, et dont le seuil s’ornait d’une pancarte qui disait « chambre à gaz ». Dans la chambre à côté, Papa honorait maman qui, tout en ouvrant largement les cuisses et en lâchant les gaz, chantait à tue-tête : « Maréchal, nous voilà ! « . Il s’agissait de fabriquer un petit frère « authentiquement français » (nous étions déjà douze). J’ai eu une enfance pas piquée des — pas des aiguilles — des hannetons !

Je me souviens aussi que, endoctrinés par mon père, nous fondâmes, mes frères et moi, un groupe d’action baptisé par nous « Vel’ d’Hiv’ / Nique Anne Frank », au sein duquel nous menâmes, dans les décennies 50/80 du siècle dernier, nombre d’actions antisémites, dont certaines se soldèrent bel et bien par des assassinats. Mais bah : il y a prescription. Et puis, comme dit Jean-Paul à la fin des « Mots », j’ai changé…

Je me souviens encore que, les années passant, mon père parvenait de plus en plus difficilement à satisfaire ma mère, même si elle serrait davantage les cuisses. Aussi, toujours fidèle à ses convictions, lui avait-il fabriqué en bois un modèle réduit de Torah, pour s’en servir de godemiché.

Il s’en servait aussi, à l’occasion. A l’intérieur, il avait inséré la totalité du texte microfilmé. Ce qui lui permettait de proclamer : « Ma femme et moi, la Torah, on se la fout au … « 

J'insiste sur le fait qu'il n’existe dans ces fragments de récit aucune trace d’humour, même involontaire. Il s’agit en effet d’authentiques souvenirs d’enfance et de jeunesse, que je me suis efforcé de retracer avec le plus grand souci d’objectivité.

Pendant l’Occupation, nous habitions, mes parents, mes frères et moi, rue Saint Maur. Mon père, policier parisien, et ma mère, employée autochtone des services de la Gestapo, ne cachaient pas leurs farouches opinions pétainistes et antisémites. Après la guerre, ma mère s’est plus d’une fois vantée devant nous d’avoir dénoncé 130 Juifs, dont aucun ne revint. Aujourd’hui, heureuse centenaire pensionnaire d’un EHPAD de la Côte d’Azur, elle se félicite d’avoir pu fêter la mort d’un Juif à chacun de ses anniversaires. Comme l’un de mes frères lui faisait remarquer que le compte n’y était pas et que ça faisait nettement plus d’un Juif par an , « Tu comprends, lui a-t-elle répondu avec un malicieux sourire, je me suis réservé une marge, pour le cas où je deviendrais doyenne de l’Humanité ».
Il est certain que, comme le chantait Maxime Le Forestier, on ne choisit pas ses parents.
Nul plus que moi n’admire le civisme héroïque des policiers parisiens qui protégèrent des Juifs et je ne saurais en minimiser l’efficacité. Mais, hélas, et comme chacun sait, tous ne furent pas de ce bord-là, à commencer par mon père. En retraçant ces authentiques souvenirs d’enfance et de jeunesse, j’ai voulu apporter ma modeste pierre à l’édifice de la vérité historique, toujours en cours de construction. Rien de fictif ni même de microfictif dans mes modestes révélations. Après la guerre, nombre de collègues de mon père, souvent mieux placés que lui dans la hiérarchie, étaient toujours aussi furieusement antisémites que lui et ne s’en cachaient guère. Je peux citer des noms, si vous voulez. N’idéalisons pas ce qui ne doit surtout pas l’être, hélas. Hélas.
Si j’avais voulu écrire une microfiction, elle atteindrait les dimensions de celles de Régis Jauffret. Mais ce n’est, hélas, pas le cas. Je n’ai fait qu’enchaîner d’authentiques souvenirs vécus, me pliant aux lois de la cruelle mémoire. Il n’y a là que vérité nue, plus nue encore que Maman sous l’officier S.S. qui fut, un temps, le rival de Papa. Un Papa consentant, comme le laissa plus tard entendre sa femme ? je n’ose le croire.
Constatons que, question turpitudes de la vie de famille, les premières des « Microfictions 2018 » de Régis Jauffret sont largement aussi gratinées que ma modeste microsaga familiale, totalement vraie, elle, hélas. Hélas. Et, à la différence de mes authentiques souvenirs vécus, l’humour y est, et du meilleur. Noir de noir, bien entendu.


Régis JAUFFRET Microfictions   ( NRF/ Gallimard ) 


Rédigé par  : Josip Goebbels, avatar eugènique très attardé )