mercredi 21 novembre 2018

La fin des manuscrits d'écrivains ?

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J'ai appris que la BNF avait acheté récemment une série de manuscrits d'écrivains célèbres, dont celui de Zazie dans le métro. Je doute que la cote de tous ces manuscrits réunis approche celle d'un dinosaure récemment exhumé des sables d'un désert des U.S.A., qui a largement dépassé le million d'euros en salle des ventes. Peut-être celle d'une des vertèbres de la bestiole ?

Pourtant le manuscrit d'écrivain fera bientôt figure de dinosaure d'un autre âge et la hausse de sa cote devrait suivre celle de sa rareté. La fin du XIXe siècle en aura sans doute sonné le glas. Quel écriveron se soucie aujourd'hui de coucher ses pensées au bic sur papier hygiénique non dentelé ? Prend-il seulement la peine de noter la succession des variantes du work in progress ? C'est peu probable. Nous n'aurons plus droit qu'à la version définitive. Ce sera triste car les variantes sont les seules traces de la maturation d'une oeuvre dans le cervelas de son producteur.

A moins que des écrivants, dédaigneux de droits d'auteur qui, de toute façon, resteront fort inférieurs aux revenus non déclarés d'un PDG de multinationale expert dans l'art de frauder le fisc, ne proposent sur la toile ces variantes successives aux intervenautes qu'ils autoriseront  peut-être même à proposer leurs propres variantes. On verrait là naître un genre littéraire nouveau.

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