jeudi 31 janvier 2019

Michel Legrand en prend pour son grade

Sur ma page d'accueil d'Orange, à la rubrique People, je lis :

" En larmes, Macha Méril raconte la fin de Michel Legrad "

Il est certain que l'intéressé occupait dans le monde de la musique un grade élevé.

Et puis, Legrad, c'est tout de même mieux que Legras.

mardi 29 janvier 2019

Encore un coup de Macron !

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Non content d'avoir autorisé les CRS à balancer sur les gilets jaunes des trucs qui font mal, Macron a fait passer, depuis l'Egypte où il fait du tourisme, la consigne aux médias audio-visuels de faire tourner en boucle la photo du dénommé Jérôme Rodrigues après qu'il se soit reçu dans la tronche un vague éclat de grenade. Le résultat ne s'est pas fait attendre : les réseaux sociaux ont immédiatement été inondés de commentaires hilares et hilarants sur le thème : mon dieu qu'il est moche !

C'est vrai qu'avant, il était pas beau, mais après percussion il est vraiment atroce. Perso, j'en rigole depuis trois jours




Résultat de recherche d'images pour "jérôme rodrigues"
Avant

Après

Mon Dieu, qu'il est moche ! A rire ou à pleurer, selon. Perso, en voyant ça, je rigole comme un bossu. Mais je conçois qu'on pousse des cris d'horreur. En tout cas, en incitant les médias à diffuser en boucle des images de ce genre, Macron joue sur du velours. On imagine en effet sans peine la conclusion du citoyen lambda : c'est ça un gilet jaune ? Ben dis donc...

A croire qu'il s'agit de faux concoctés par les services de l'Elysée pour discréditer le mouvement.

mercredi 23 janvier 2019

La complainte de l'électeur ou élections piège à cons

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Le plus con
De tous les connards du monde,
C'est celui
Que j'ai élu avec vous ;
J'ai élu
Bien des connards à la ronde
Mais aucun
N'est plus con que celui-là ...

Tout fier de moi, j'avais décidé d'intituler ma chanson la Chanson de Macron mais je me suis avisé -- ce n'était pas bien difficile -- qu'on pouvait repérer en pagaille dans la classe politique des cons infiniment plus cons que Macron (sans compter leur incompétence, leur propension à la corruption, leur  tentation de faire longuement carrière dans la branche, leur mépris du peuple -- des femmes en particulier etc).

Que pourrait-on bien faire, me suis-je demandé, pour porter remède à des dispositions constitutionnelles qui nous ont conduits à la crise où nous pataugeons tous actuellement , gouvernants et gouvernés ?

Mais au fait, qui sont les principaux responsables ?

Eh bien, nous. Nous tous, électeurs de la base qui, depuis des générations, nous sommes contentés de participer à la vie publique en allant déposer dans l'urne, tous les sept ou cinq ans, un bulletin au nom de celui (beaucoup plus rarement de celle) que nous considérons comme le (la) meilleur(e) des candidat(e)s en compétition ; ou tout au moins de qui nous considérons comme particulièrement proche de nos opinions -- donc le meilleur. Ensuite, nous nous laissons guider , généralement de façon assez docile, par nos guides désignés. Cette option s'accorde à notre paresse naturelle, notre souci de notre confort et notre  sentiment de n'y connaître à peu près rien.

Ainsi contribuons-nous, tous autant que nous sommes, à perpétuer un système rien moins que démocratique. En effet, ces gens que nous avons élus pour affronter les difficultés de l'heure et prendre les décisions à notre place, nous les avons choisis parce que nous les considérions comme les plus aptes à y  parvenir, en somme comme les meilleurs.

Les meilleurs : en grec ancien, cela se dit : aristoï. D'où : aristocratie, aristocratique. Notre prétendue démocratie est en réalité un système aristocratique, et cela depuis la Révolution de 1789. Au coeur de ce système, les élections qui portent aux postes de responsabilités et de décisions une minorité de citoyens supposés plus éclairés et plus efficients -- plus intègres aussi -- que l'immense majorité de leurs concitoyens.

Or il existe un autre système -- autrement démocratique -- qui permet, en principe, à tous les citoyens de participer à la gestion des affaires publiques et aux prises de décisions, à tous les niveaux et dans tous les secteurs. A plusieurs reprises au long de l'histoire politique des communautés humaines, ce système a été utilisé, souvent avec succès : c'est celui du tirage au sort .

Au Ve siècle avant notre ère, à Athènes, tout le système fonctionne selon ce principe : les membres de l'Assemblée du peuple sont tirés au sort, de même que les magistrats chargés de gérer les affaires (les finances par exemple) ou que les juges. Il sera choisi plus tard par d'autres communautés, comme dans l'Italie de la Renaissance, à Florence en particulier.

Dès les débuts de notre Révolution, en revanche, ce système fut écarté, à l'instigation des principaux acteurs (Robespierre en particulier), qui mirent en avant leur souci de réserver le pouvoir à une minorité d'élus censés être les meilleurs à tous égards et arguèrent que le mode de désignation au tirage au sort, qui avait pu se montrer efficace dans le cadre de petites structures, était inapplicable à l'échelle de vastes communautés comme la nation française. Voire.

Ainsi, depuis la Révolution, le tirage au sort est exclu de notre vie politique, à l'exception d'un seul cas, sur lequel il convient de s'arrêter. Il s'agit de la désignation des jurés aux procès d'assises. Ils sont en effet tirés au sort dans l'immense masse des citoyens, à quelques cas d'exclusion près. On pourrait craindre de nombreux dégâts engendrés par l'inexpérience de nombre de ces jurés tirés au sort. Il n'en est rien car ils sont aidés dans leur réflexion et dans leurs débats par des professionnels compétents, juges, juristes, experts.

On peut imaginer qu'un tel système pourrait fort bien être élargi à l'ensemble de nos institutions politiques, tant au niveau de la gestion d'une petite commune rurale qu'à celui d'une Assemblée Nationale. Comme les jurés de nos jurys d'assises, les citoyens -- de préférence volontaires -- désignés par tirage au sort, bénéficieraient des éclaircissements fournis par des experts compétents -- fonctionnaires des administrations communales ou nationales etc.

Pourquoi ne pas tester en grandeur réelle un tel système ? Un référendum d'initiative citoyenne pourrait en décider. On en imagine un autre, à la fin du premier exercice, qui poserait la question suivante :
" Êtes-vous satisfaits du nouveau régime ou préférez-vous le retour au régime antérieur ? ". La réponse pourrait-être surprenante.


Je me suis largement inspiré des développements consacrés à la question par David Van Reybrouck dans son essai : Contre les élections  (éditions Babel ) .

mercredi 16 janvier 2019

Il faut s'amuser pour vivre et non pas vivre pour s'amuser.

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L'autre nuit, en proie à une de ces crises de pessimisme dont, par les temps qui courent, je suis affecté de façon récurrente, je me suis dit que le plus efficace remède à ce genre d'état était de s'amuser tout le temps. " Faut rigoler, faut rigoler / Avant qu'le ciel nous tombe sur la tête..." chantait Henri Salvador et, avant lui, un autre chanteur nous conseillait : " Amusez-vous, foutez-vous d'tout / La vie après tout est si cou-ourteuh ".  Mais il s'agit de savoir ce qu'on appelle amusement, en se rappelant que celui des uns n'est pas celui des autres.

Pour ma part, je considère que, tant que je suis vivant, je suis  sans cesse en contact , de mille et une manières, avec ce monde dans lequel je suis immergé. Je n'adhère pas au fameux "Je pense, donc je suis" de Descartes, ne serait-ce que parce que les moments de ma vie où je ne pense pas sont nombreux, ce qui ne m'empêche pas d'exister. Avoir conscience du monde et de soi, ce n'est pas "penser". Est-ce qu'un petit enfant de six mois "pense" ? Je suis, puisque j'ai à chaque instant conscience, par l'intermédiaire de mes sens, de ma présence vivante au monde ; de ma co-présence, devrais-je dire. Et une vie d'homme ne suffit pas pour épuiser la connaissance des innombrables modalités de cette co-présence. Connaissance du monde = co-naissance au monde, pour reprendre une trouvaille de Claudel, sans reprendre ses prolongements religieux.

S'amuser, ce n'est donc pas seulement s'adonner à une des activités habituellement répertoriées comme amusements. S'amuser, c'est, à chaque instant, être au monde consciemment, de la manière la plus intense possible. Cette nuit-là , je me disais que franchir un pas, par exemple pour monter ou descendre un escalier, pouvait m'offrir à chaque instant -- à chaque pas -- une suite d'expériences du monde inédites, curieuses, intéressantes parce qu'elles ne cessent d'ouvrir ma conscience sur des réalités sans cesse nouvelles. Si on considère que, s'amuser, en vérité c'est cela, alors la vie devient prodigieusement amusante et digne d'être vécue. La saveur, l'intérêt, la vérité de toutes les formes possibles -- au premier chef les plus simples, les plus "élémentaires", les plus immédiates -- de notre co-présence au monde valent d'être passionnément explorés. Et bien entendu, pour guider mes explorations, l'expérience accumulée par mes semblables me sera d'une merveilleuse utilité. Il me semble que voir les choses comme cela, ma relation au monde comme cela, c'est avoir trouvé une réponse valable au problème que Camus considérait comme le seul sérieux : celui du suicide.

L'amusement tel que je le conçois ici, ce n'est pas autre chose, me dira-t-on, que ce divertissement que Pascal considérait comme le multiforme et universel remède à notre peur de la mort, la seule façon de s'y soustraire réellement étant, selon lui, la foi en Dieu. Mais puisque je considère que Dieu n'existe pas, sous aucune des formes que les religions lui prêtent, alors la seule réalité qui mérite d'être explorée et connue, c'est ce monde, cette Nature où je suis plongé, dont je fais partie, aux lois de laquelle, comme tout être vivant, je suis soumis.

mardi 15 janvier 2019

J'aime pas les jaunes !

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J'ai suivi aux infos la visite de Macron aux maires de l'Eure. A l'occasion, des manifestants gilets jaunes se sont ramassé leur ration de gaz lacrymogène. Cela devient rituel. Depuis à peu près trois mois, les gilets jaunes s'obstinent à se faire péter la gueule à coups de gaz lacrymo, de tirs de flash-ball etc. C'est incontestablement distrayant, en tout cas pour quelqu'un comme moi qui considère ces braves gens comme un ramassis d'indécrottables abrutis. Je me régale de voir des vidéos où l'on voit des gilets jaunes se faire matraquer, rouer de coups, virer manu militari de leurs ronds-points. C'est un spectacle dont je ne me lasse pas et que je m'efforce de ne pas rater chaque fois qu'il nous est resservi. Merci à France Info, à BFM TV et autres médias pour leurs intéressants et gouleyants reportages.

 La seule chose que je regrette, c'est que la police n'ait pas tiré à balles réelles sur ces enfoirés, histoire de rendre les résultats plus probants et le spectacle plus hilarant. Comme on l'a vu récemment à Bordeaux où un gilet jaune s'est fait très proprement défoncer au flash-ball, on se rapproche  de cette solution, mais ce n'est pas encore tout-à-fait ça, même si cette bordille bordelaise croupit dans un coma prometteur. En somme, pourvu que ça dure et pourvu que ça progresse, que je me dis. S'ils se font déquiller, c'est, après tout, leur problème, à ces gens ; ce n'est en aucun cas le mien. Qu'ils continuent encore un bon moment de faire leur crise, qu'on rigole tout notre saoul.

Le grand débat national est lancé ; excellente occasion pour les gens comme moi,  c'est-à-dire pour l'immense majorité des citoyens, d'ajouter leur pertinent grain de sel. Après tout, les gilets jaunes ne représentent qu'eux-mêmes, c'est-à-dire une toute petite minorité des citoyens de ce pays (bien moins d'un électeur sur cent). En attendant, chers CRS, chers gardes mobiles, faites-nous plaisir : continuez de leur foutre sur la gueule, à ces racailles jaunasses, que je ne considère ni comme mes concitoyens ni comme mes compatriotes. Vous nous offrez-là gratuitement un divertissement dont les gens comme moi ne sauraient se lasser.

J'en profite pour clamer mon complet désaccord avec la récente directive de la direction de la police concernant l'usage du flash-ball. Dans la gueule exclusivement, le tir de flash-ball  (voir plus haut) !

( Posté par : Gillette Johnny , avatar eugènique rock-pop )


Eugène communique : D'où qu'il sort encore, çui-là ? J'en ai marre que le premier agité venu pirate un blog de si haute qualité. Je condamne sans réserve ces propos racistes !

mardi 8 janvier 2019

La cagnotte

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L’idée leur vint en même temps : indignés des persécutions dont Big Bang Maboul, le boxeur de flics, faisait l’objet de la part de Macaron et de ses sbires, Gilet John, Gilet Johnni et Gilette Johnnette décidèrent de créer une cagnotte de soutien au héros de la subversion, dernier en date. Dès les premiers jours, les résultats dépassèrent leurs plus folles espérances . Les sommes recueillies dépassèrent largement le million d’euros. La khonnerie ambiante étant ce qu’elle est, on ne voyait pas pourquoi on s’arrêterait là, mais les trois compères étaient de l’espèce des modestes. Ils n’avaient rien d’un Carlos Goshn ni d’une Chantal Jouanno.
 » Qu’ils sont cons, ces gilets jaunes, surtout les vieux retraités qui, apparemment, sont ceux qui ont donné le plus. Ils ne se sont pas doutés un instant que leur fric allait servir à un autre usage que celui auquel ils le destinaient. », remarqua Gilet John. « Bien fait pour leur gueule », ricana Gilet Johnni. « Je connais des banques, au Luxembourg, qui feront fructifier notre avoir. En attendant, si on se payait des vacances ? A la neige ? en Suisse ? Zermatt, par exemple.  »  » En voilà une idée qu’elle est bonne, s’exclamèrent les deux autres.

Et d’ouvrir une boutanche de champe, à la santé des cocus.

lundi 7 janvier 2019

Gilets jaunes et djihadistes, même combat ?

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Souvenons-nous : il y a quatre ans, en plein Paris, des terroristes islamistes assassinaient des journalistes, des policiers, des Juifs. Aujourd'hui, des gilets jaunes ou des individus se réclamant de ce mouvement s'en prennent physiquement et verbalement, avec la plus grande violence, menaces de mort à l'appui, à des journalistes, à des policiers, à des Juifs. Ceux qui se livrent à ces agressions s'excluent de la communauté nationale. Il faut les réprimer sans pitié. Les gilets jaunes pacifiques dont on veut croire qu'ils sont la grande majorité doivent prendre conscience de l'image que ces salopards donnent de leur mouvement et des dérives gravissimes auxquelles ils l'exposent.

Quoi qu'il en soit, dès le début du mouvement, les gilets jaunes, en entravant la libre circulation des personnes et des biens, se sont installés dans l'illégalité. Donc dans la violence, puisque toute illégalité est un acte de violence faite à la loi et aux droits des citoyens. L'illégalité engendre l'illégalité, la violence engendre la violence, comme les multiples dérapages survenus depuis ces premiers actes illégaux l'ont démontré. Quelles sont les responsabilités du gouvernement et, d'abord, du chef de l'Etat dans la dégradation d'une situation dont le pays aura du mal à sortir ? Elles sont lourdes. Il y a la lenteur des prises de décisions de nature à y mettre un terme au plus tôt. Il y a, en amont, des choix politiques erronés qui ont alimenté la colère. Dans un entretien publié par Le Monde, l'essayiste Raphaël Glucksmann confie avoir renoncé à poursuivre ses études à  Sciences Po quand il a constaté, en observant le comportement de ses condisciples, à quel point les élites françaises sont incapables de se mettre à la place des citoyens "ordinaires". Le plus remarquable exemple de cette paralysie, c'est bien Monsieur Macron !

mercredi 2 janvier 2019

L'anthropiquentrope

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Vu hier soir à la télé L'étrange histoire de Benjamin Button . Ce film qui, à sa sortie, fut couvert d'oscars est une aimable fantaisie mais n'a rien d'une oeuvre de science-fiction. Il y aurait fallu plus de rigueur et d'inventivité. Pour le héros, la flèche du temps s'est partiellement inversée. Il naît avec toutes les apparences d'un petit vieillard cacochyme au bord de la mort. Son père, horrifié, abandonne ce nourrisson monstrueux. Benjamin Button va ensuite "remonter le temps" en passant à l'envers par toutes les étapes du développement physique. Cependant, il est  seul à vivre cette destinée parmi des gens qui, tous, suivent le cours "normal" d'une existence. Le temps "historique" ne s'est pas non plus inversé : né en 1918, Benjamin Button va connaître à  sa "maturité" la seconde guerre mondiale ; il meurt en  1997, au moment où se déchaîne l'ouragan Katrina  .

Les étapes de la formation, de l'éducation et de l'expérience humaine du héros se suivent dans le même ordre que pour les humains ordinaires. Seule son apparence et ses moyens physiques évoluent en sens inverse, puisque sur ce plan seul, il rajeunit au lieu de vieillir. Ses rapports avec les autres ne sont pas non plus différents des leurs : il va vivre des amitiés, des amours tout-à-fait semblables. Il va accumuler de l'expérience et des souvenirs, de la même façon qu'eux.

Là où les choses se gâtent, c'est à la fin du film, lorsque, se rapprochant peu à peu physiquement de l'état de bébé, son état mental va se dégrader fortement, d'une façon tout-à-fait semblable à ce  que vivent les vieillards : troubles graves de la mémoire, etc... Or, logiquement, ce ne devrait pas être le cas puisqu'à sa naissance un bébé jouit des ressources qui vont lui permettre de progresser -- sauf  maladie ou accident -- tout au long de sa période de croissance.

Il semble donc y avoir là, de la part du metteur en scène et de ses scénaristes (qui s'inspirent d'une nouvelle de Scott Fitzgerald que je n'ai pas lue) une contradiction, une incohérence. Si la succession des états physiques du personnage est cohérente, celle de ses états psychiques suit un parcours inverse : né vieillard dans son corps mais bébé dans sa tête, il meurt bébé dans son corps mais vieillard dans sa tête. On ne voit pas bien les raisons de ce contraste. Invoquer une usure  provoquée par l'accumulation de l'expérience vécue n'est pas pertinent, puisque celle-ci use autant le corps que l'esprit. Ou faudrait-il  invoquer des lois valables pour l'esprit mais non pour le corps, comme si nos facultés psychiques n'étaient pas étroitement liées à nos facultés physiques et de même nature ?

Une oeuvre de science-fiction un tant soit peu rigoureuse aurait traité ce cas pas si étrange que cela d'une façon autrement dérangeante. Tant qu'à inverser la flèche du temps, autant en tirer en tirer des conséquences un peu plus cohérentes.

Ce dont metteur en scène et scénaristes ont manqué, c'est, me semble-t-il, d'une réflexion un peu approfondie sur les lois qui régissent la condition humaine. Comme tout être vivant, un humain vivant est un système thermodynamique ouvert soumis à la règle de l'entropie. L'entropie, c'est la désorganisation  croissante, au fil du temps, des constituants du système, en l'occurrence ici le corps humain, dans ses composantes aussi bien psychiques qu physiques. La vieillesse et la mort consacrent le triomphe de l'entropie, qui en est la cause. La petite enfance, c'est au contraire la période où l'entropie est minimale. Pour être cohérents, les réalisateurs du film auraient donc dû s'abstenir de mettre dans le corps d'un bébé affecté d'une entropie minimale un psychisme de vieillard affecté d'une entropie maximale. De la naissance à la mort, nous sommes tous soumis à la loi de l'entropie. On sait que le cristallin commence à se dégrader dès l'âge de 25 ans. En inversant complètement la loi de l'entropie, les réalisateurs du film nous auraient fait assister à une destinée plutôt réjouissante, puisque, parti de l'état de déréliction psychique aussi bien que physique d'un vieillard, Benjamin Button aurait régulièrement progressé vers le dynamisme et l'optimisme que connaissent les enfants, pour connaître enfin l'émerveillement du bébé découvrant la vie. Cela aurait impliqué une perte progressive des souvenirs, ce qui aurait supposé que tout se déroule à l'envers, événements et vie des autres personnages, comme l'avaient d'ailleurs suggéré, au début du film, quelques images de soldats de la Grande Guerre accomplissant au pas de course un assaut à rebrousse-poil.

Seulement, s'ils avaient décidé d'inverser de façon cohérente la loi de l'entropie, comment les concepteurs du film auraient-ils dû s'y prendre pour faire "mourir" leur semi-bébé à la fin du film ? C'est là qu'on se serait retrouvé dans une ambiance de science-fiction pas piquée des hannetons ! Pour être logique et complètement cohérent, il aurait fallu que Benjamin Button rejoigne finalement cette autre "mort" antérieure à la rencontre d'un spermatozoïde et d'un ovule. Je crois que, pour faire voir ces ultimes étapes, les ressources du dessin animé auraient été nécessaires !

L' "enfance" de Benjamin Buton se déroule dans une maison de retraite, parmi d'authentiques vieillards affectés de diverses infirmités . Quel pensionnaire d'un EHPAD n'a pas souhaité rajeunir et remonter ainsi le temps ? Quel homme n'a pas supplié Dieu de permette qu'elle retrouve, sinon sa jeunesse physique, du moins les facultés qui lui permettraient de recouvrer un minimum d'autonomie ? Vivre à nouveau avec elle, comme avant. Dieu, si tu existes, fais-le pour elle, au moins pour elle, sinon pour moi. Si tu existes ... Hypothèse peu compatible avec le second principe de la thermodynamique.


Posté par : L'anthropiquentrope, avatar eugénique thermodynamisé )